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Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

70 ans plus tard, Angers se souvient

Publié le samedi 29 mars 2014 14:15 - Mis à jour le mardi 29 avril 2014 13:58

Comment avons-nous entretenu la Mémoire à Angers ?

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  Des milliers de personnes y passent chaque jour, mais savent-ils qu'il y a maintenant 70 ans, la gare d'Angers fut une plaque tournante de départ pour les camps de concentration et d’extermination.

 

Angers et le Maine et Loire comptaient de nombreux résistants dont plus de  1000  seront déportés. Dans cette capitale provinciale pour les Allemands, ils tentaient de résister et de faire face à la répression nazie.

Les autorités ont tout d’abord principalement rendu hommages aux résistants et aux déportés politiques puis quelques années plus tard aux juifs et aux Justes de France « Ceux qui ont aidé et refusé de se plier à la fatalité de la  volonté exterminatrice de l’idéologie nazie » (Simone Veil) .

Au  Grand Séminaire le 20 juillet 1942, des juifs du grand Ouest, 430 femmes et 394 hommes, sont internés avant d’être déportés à destination du camp d’Auschwitz. De ce «convoi N° 8» seulement 14 hommes ont survécu.

Aujourd’hui les descendants de ces résistants ou déportés veulent continuer à marquer dans  Angers leur Mémoire, pour que l’on n’oublie jamais ce qu’il leur ait arrivé mais aussi en signe d’avertissement.

 

I-Une  des capitales provinciales pour l'armée Allemande et une capitale régionale pour le gouvernement de Vichy :

A) Angers une « ville allemande »

@Archives Départementales du Maine et Loire

Angers est une capitale régionale pour le gouvernement de Vichy et une capitale provinciale ayant autorité sur  17 départements pour l'armée allemande ; 6000 occupants Allemands se sont installés à Angers durant l'occupation avec les services de l'armée, de la justice militaire, de la gestapo,...Angers était aussi une capitale régionale pour le gouvernement de Vichy.

 

 

La politique antisémite  est illustrée par le grand séminaire d'Angers, qui servait d'antichambre de la déportation des juifs durant l'occupation allemande. Le 20 juillet 1942, Angers est la seule ville de province d’où est parti un convoi direct pour Auschwitz.

En effet le quai du Maroc de la gare Saint Laud d'Angers est l'endroit d'où partit le convoi n°8 le 20 juillet 1942 avec 842 déportés en direction d'Auschwitz. Seuls 20 survivront dont un qui déclarera « Au cours du voyage, tassés les uns contre les autres, nous avons terriblement souffert de la soif et nous nous vîmes obligés de sacrifier un coin du wagon, pour les nécessités que l'on devine. »

 B) Joachim du Bellay, un lieu marqué par la répression nazie

La directrice Marie Talet ainsi que ses collègues Lucienne Simier, Marthe Mourbel, Magdeleine James et Jeanne Letourneau et Anne Marie Baudin travaillaient toutes les 6 au collège de jeunes filles de Joachim du Bellay à Angers. Elles étaient soupçonnées par les allemands d'être des résistantes, d’aider de jeunes filles juives, de distribuer des tracts pour la résistance et d'avoir un «esprit antiallemand».

Les allemands viendront les arrêter dans leur collège durant la période du 5 février 1943 jusqu’au 13 mars de cette même année. Elles sont toutes les 6 déportés vers le camp de concentration pour femmes, Ravensbrück.

Seulement 3 d'entre elles survivront aux camps: Jeanne Letourneau,  Magdeleine James et Lucienne Simier.

II- Des lieux de mémoires pour ne pas oublier :

A)   Dès l’après-guerre des plaques et monuments en mémoire des déportés résistants...

Au fur et à mesure des années des plaques en signe de mémoire voient leur apparition dans les rues et sur les monuments dans tout Angers. Dans un premier temps ce seront des monuments principalement en l'honneur des résistants ou des  déportés politiques. Cela commence dans le centre même d'Angers par le Boulevard de la Résistance et de la Déportation.

Cette plaque est à la mémoire des milliers de prisonniers du Maine-et-Loire, principalement résistants, incarcérés, torturés, comme le prouve les traces de sang trouvées lors de la libération, et morts à la  maison d'arrêt du Pré-Pigeon. Elle fut apposée en 1946.

Monument 1948.

Lycée Du Bellay.

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Plaque en l'honneur des enseignantes déportées en 1943 pour résistance et des élèves juifs déportés.

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En 1948, un monument est érigé dans le cloître du lycée Du Bellay en souvenir des enseignants morts en déportations. On peut y lire: «Que leur vie soit un exemple et leur mort un enseignement.»
Jeanne Letourneau étant professeur de dessins, elle dessina 2 représentations de ce qui se passait dans les camps. On peut retrouver ces dessins aux Archives d'Angers ainsi que ses témoignages écrits sur l'arrivée au camp. Lucienne Simier publia 2 ans au bagne de Ravensbruck en 1992.
En l'honneur de Marie Talet, l'avenue où l'on peut trouver le lycée Joachim du Bellay porte aujourd'hui son nom. Depuis 1986, une école angevine porte le nom de l'ancienne directrice.

 

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Monsieur le préfet , cérémonie de Belle-Beille

   ( photographies M.Cochennec).

Par la suite ce fut à Belle-Beille qu’a été créée une stèle commémorative. Elle rend hommage aux 45 hommes fusillés sur place et aux déportés. C’est le 22 septembre 1952 que la première commémoration eu lieu.

 

A Angers, on peut également trouver le boulevard Victor Chatenay en l'honneur de ce résistant qui fut le créateur du premier réseau de résistance Angevin « Honneur et Patrie ». Il était notamment en contact avec Charles De Gaulle et les services de renseignements anglais. Il devient maire d'Angers en 1947 jusqu'en 1959. A sa mort en 1985 on donna son nom à une avenue de la ville, non loin de sa propriété de La Romanerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a quelques années en 2004, une plaque commémorative est apposée le 29 rue St Julien, l'ancienne demeure de Maurice Tardat qui fut le fondateur d'un  groupe de résistants du réseau CND Castille durant la Seconde Guerre Mondiale. Il meurt au camp de concentration de Buchenwald le 23 mai 1944. Une avenue a également hérité de son nom en son souvenir.

 

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Photographies M.Cochennec

L'Education Nationale a aussi érigé une plaque commémorative pour ses personnels, dans les locaux de l'ancienne école normale,  rue Dacier  à Angers .

Plus récemment le 18 juin 2013 Angers rend hommage à Stéphane Hessel, qui a milité toute sa vie pour les droits de l’homme et la tolérance. La ville a décidé de donner son nom à une allée du quartier Desjardins, une allée qui se trouve à un carrefour de l’histoire, face à une autre voie également dévoilée ce 18 juin: l’allée des Forces Françaises Libres, dans lesquelles Stéphane Hessel, comme de nombreux jeunes Français, s’était engagé.

 

Pour regrouper toutes ces commémorations, un dictionnaire des rues d'Angers a été rédigé à partir de l'ouvrage de Jacques Saillot où sont énumérés les noms de rues, places concernant la mémoire des déportés d'Angers. Il y en a exactement 131. Les personnages nationaux ou internationaux n'y apparaissent pas car seules les personnalités locales résistantes ou déportés sont citées.

Lien vers le panneau biographique sur Etienne Poitevin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson.

Lien vers le panneau biographique sur Clément Quentin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Jacques Chupin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Odette Blanchet-Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

B)… puis par la suite en mémoire des Juifs
 

 Ce n’est que bien des années après la seconde guerre mondiale  que la mémoire en l’honneur des juifs persécutés ou déportés fut reconnue dans sa spécificité dans la ville d’Angers.

Grand séminaire d'Angers

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(Photographies L.Cochennec)

Henri Borlant

à la cérémonie de juillet 2012

50 ans après la déportation des juifs du grand séminaire d’Angers, une plaque commémorative en l'honneur des déportés y fut apposée. La présence d'Henri Borlant est à noter en ce moment, cet homme né d’une famille juive, parisien d'origine qui trouva refuge dans le Maine et Loire en 1939, et  fut déporté par le convoi n°8 dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Il  en revint rescapé 3 ans plus tard.

 

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Chaque année depuis 2002, date de l'apposition de la plaque, une cérémonie a lieu dans le hall de la gare tous les 20 juillet, date du départ du fameux convoi.

 

Nous pouvons aussi inclure en tant que mémoire des juifs, la villa Suzanne aux Ponts-de-Cé. Elle devient en 1942, un lieu d’hébergement provisoire pour les enfants juifs après l’arrestation de leurs parents. Malgré les promesses qui   faitent aux  familles d’accueil ces enfants  subirent le même sort que leurs parents. Ils furent déportés à Auschwitz. Une plaque commémorative est posé sur le monument aux morts des Ponts-de-Cé.

Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur la famille Moscovici réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

 Pour conclure, nous pourrons dire que certains lieux d'Angers, malgré le temps qui passe, portent encore en eux le souvenir de violences, de souffrances, d'héroïsme. Garder la mémoire de leur passé, de celles et ceux qui ont survécu, y sont morts, c'est non seulement faire œuvre de respect mais aussi de vigilance!

Au total, 93 rues portent le nom de personnalités angevines de la Seconde Guerre mondiale.

Sources principales :

-Livre : "Angers se souvient"  Mairie d'Angers

- Archives Départementales du Maine et Loire 

 

Auteurs : Lily Breton, Lilian Tertrin, Léa Patureau. 1ère ESa. Avril 2014.

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