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Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Angers bombardée par les libérateurs.

Publié le mercredi 16 avril 2014 10:03 - Mis à jour le mercredi 23 avril 2014 18:11

Angers, ville bombardée lors de la libération

 

Angers est occupée depuis le 19 juin 1940 par environ 6000 Allemands. Elle est la capitale de l'Ouest et son autorité s'étend sur 17 départements.

Suite au débarquement du 6 juin 1944, l'armée américaine dirigée par le général Patton progresse vers la Bretagne et arrive en Anjou au début d'août 1944.

Pourtant, la ville n'a pas attendu le début août pour connaître à plusieurs reprises des bombardements dévastateurs.

En 1944, Angers fut bombardée par les Alliés. Pourquoi ces bombardements ?

La ville d'Angers constitue une cible stratégique car c'est tout d'abord la capitale du Grand Ouest. Les objectifs de ces bombardements sont essentiellement la base aérienne d'Avrillé et les gares St Laud, Maitre-École et St Serge car les Alliés voulent neutraliser les voies de communication.

 

Les trois anciennes gares d'Angers.

La gare Saint Laud avant les bombardements (photo ADML)

Carte simplifiée montrant l'emplacement des trois gares angevines.

La gare Saint Serge (photo ADML)

Photo actuelle du quai de la gare Maître-Ecole.

 

 

Les bombardements alliés, américains et anglais, se faisaient à n'importe qu'elle heure, ils pouvaient se faire de nuit comme de jour. Durant les trois mois qui suivirent le premier bombardement dont nous allons vous parler ensuite, les alertes à la bombe retentissaient en permanence.

Le premier (mais aussi le plus dévastateur) bombardement lancé par les Alliés lors de la libération fut un bombardement anglais lors de la nuit de la Pentecôte, du 28 au 29 mai 1944. Il débuta à 23h50 et dura 40 minutes. 135 avions déversent 500 tonnes de bombes sur le centre-ville et plus particulièrement sur le quartier de la gare.

Il y eut beaucoup de dégâts matériels, à commencer par la Gare St Laud qui fut détruite par des bombes incendiaires lancées en piqué afin que ce soit plus précis. Le quartier St Laud fut détruit entièrement. La Caserne de gendarmerie place Freppel, l'ancienne école Chevrollier place de l'Académie et la caserne de pompiers rue Jules-Dauban (près de la gare) furent détruites également. Le Quartier Joseph, la rue des Arènes ainsi que le pensionnat de la Sagesse à moins de 100 mètres de la Cathédrale furent bombardés. Le bilan humain et matériel de cette nuit du 28-29 mai fut fixé le 5 juin 1944, il y eut : 234 morts, environ 220 blessés, 300 habitations détruites entièrement, 500 partiellement et 6819 sinistrés.

 

 

  

 

La gare Saint Laud après les bombardements (photo ADML)                  Passerelle et voies ferrées après le bombardement de la gare Saint Laud (photo ADML)

 

 

La caserne des pompiers après le bombardement.

 

Deux autres bombardements importants eurent lieu par la suite. Le premier eut lieu le 17 juin 1944 et il avait pour objectif l'aérodrome d'Avrillé. Cependant à cause d'une erreur d'un avion, les rues St Lazare et Lyonnaise qui se situaient à 3km furent touchéees également. Le bilan humain et matériel fut de 60 morts, 91 blessés et 499 sinistrés.

Le deuxième eut lieu un mois après. Ce bombardement américain avait pour objectif la Gare St Serge mais le quai de Félix-Faure fut détruit également. Il fit 10 morts et 10 blessés. Il faut également noter que les bombardements touchèrent des communes avoisinantes comme Bouchemaine où la voie de chemin de fer enjambe la Maine.

 

Les quatre raids du 29 mai, 8 juin, 17 juin, 17 juillet firent au total autant de morts que de blessés soit environ 360. Ils firent également 7000 sinistrés sur 90000 habitants. 461 maisons furent détruites du 28 mai au 10 août 1944, 852 devinrent inhabitables et 865 furent endommagées.

La ville dut subir également les bombardements terrestres de l'armée américaine au moment de la libération (voir ci-dessous). Toutefois, grâce aux renseignements fournis par la Résistance, ces frappes étaient beaucoup mieux ciblées.

 

Après les violents bombardements qu'a subis Angers une importante reconstruction était nécessaire. On a d'abord commencé par reconstruire les ponts, les routes, réparer les câbles électriques. Ces bombardement ont notamment touchés la gare Saint-Laud ainsi que les quartiers aux alentours. Effectivement le corps central et une aile du bâtiment voyageurs ont été totalement détruits.

 

Le pont de Bouchemaine, en reconstruction (1946).

La reconstruction va débuter en 1953 sur le même emplacement et va se poursuivre jusqu'à la réouverture de la gare en 1953. Lors de cette reconstruction on a transformé ce bâtiment en bâtiment plus moderne en utilisant du béton armé, du verre et on a aussi rajouté une polychromie décorative à l'intérieur du hall. Cependant, les deux autres gares ne seront pas reconstruites.

La gare Saint Laud reconstruite.

Malgré la reconstruction, quelques traces sont restées de ces bombardements jusque dans les années 1970 comme une inscription sinistre sur une maison située à l’angle des rues Toussaint et Rangeard : « Détruit par les libérateurs ».

 

Interview de Marie-Antoinette Legal.

Née le 12 janvier 1920, Antoinette Legal (en photo ci-dessous) a vingt-quatre ans au moment des bombardements que subit Angers lors de la Pentecôte 1944. Elle a accepté de répondre à nos questions.

-Où habitiez vous à l'époque ?

J'habitais 22 chemin des noyers l'autre coté de la voie ferrée. (photos ci-dessus)

-Quand les bombardements ont-ils eu lieu ?

Les bombardement ont débuté dans la nuit.

-Quels furent les dégâts ?

La maison a été soufflée c'est à dire les cloisons ont été détruites et après je suis allée me réfugier chez une amie avec ma fille.

-Comment avez vous été alertés ?

Une sirène nous prévenait au début et une autre à la fin de l’alerte. (comme la sirène des pompiers)

Quand les avions approchaient on entendait leurs ronflements.

Il y avait des oiseaux morts dans les arbres qui avaient été soufflés par les bombes.

Je me souviens avoir passé toute une nuit dans une cave avec ma petite fille de 3ans qui avait peur.

- Avez vous vécu cela, à l'époque, comme une libération ?

On savait que c'était les Alliés qui bombardaient, tout le monde se réjouissait

-Avez vous eu peur ?

Oui sachant que je devais m'occuper de ma fille de 3 ans j'avais surtout peur pour elle.

-Quelle fut votre réaction lors de la libération ?

C'était des moments de joie. Les Américains passaient sur leurs chars, les gens les fêtaient mais il y avait des absents. Mon mari était prisonnier dans un camps de travail en Tchécoslovaquie.

-Les Angevins ont-ils fait preuve de solidarité durant les bombardements ?

Oui certains nous accueillaient dans les caves au moment des bombardements et il y avait du marché noir avec un  ravitaillement dans les campagnes (le petit Anjou permettait cela, c'est un petit train qui ramenait la nourriture)

 

Conclusion

Le 10 août 1944 la ville d'Angers est libérée. C’est une grande joie pour la population locale . Les Américains défilent dans les rues d’Angers sur des chars et fêtent leur victoire. Cependant, les cicatrices des bombardements sont nettement visibles dans le paysage. On peut toutefois affirmer que la ville a évité le pire grâce à l'action de la Résistance. En effet, Angers a évité d’autres bombardements grâce aux jeunes résistants angevins qui ont guidé les Alliés vers le pont de Pruniers. Cela permit aux troupes américaines de franchir la Maine plus aisément que prévu et permit surtout d'éviter les bombardements massifs initialement prévus par le commandement allié. La joie procurée par la libération est donc contrebalancée par les traces laissées par les bombardements qui on fait beaucoup de dégâts matériels et humains. Il y a eu en effet 418 morts, 369 blessés, puis environ 1000 maisons détruites et au total 7952 sinistrés. Les civils ont beaucoup souffert et ont eu très peur.

 

Bibliographie

Sites internet :

http://www.archives49.fr/histoire-de-lanjou/pages-choisies/1944-lanjou-libere/

Archives départemental du Maine et Loire

http://www.angers.fr/de-projets-en-projets/decouvrir-angers/histoire-d-angers/chroniques-historiques/pour-s-informer/aout-1944-angers-est-liberee/index.html

Directeur de la publication : Frédéric Béatse, maire d’Angers

 

Livres :

-Angers ne sera pas détruit !, Frédéric DESTREMAU

-Alezy : Le lieutenant-colonel Jean Eynaud de Fa et la libération d'Angers, Bertrand COGENDEAU

- Michel LEMESLE, Angers sous l'occupation, Ouest France, Rennes, 1981

 

Témoignage :

- Interview de Mme Marie-Antoinette Legal, réalisée le 26 février 2014

 

Article réalisé Par Romane BATARDIERE, Hugo BERHLE, Laura BERTHELOT, 1ère ESL.

article suivant sur " La libération d'Angers par l'armée américaine"

SOMMAIRE
 

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