En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Tous les articles (24)
  • Témoigner.

    Publié le mercredi 16 avril 2014 08:56 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 17:45

    LES TEMOINS

     

    «Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence»

    Elie Wiesel

     

    Si aujourd'hui le fait de témoigner est possible c'est parce que des gens ont survécu à la déportation malgré l'horreur qu'ils subissaient. Ils peuvent donc raconter leur histoire afin que tout le monde sache, que tout le monde comprenne, et que tout le monde se souvienne pour ne pas reproduire les même erreurs. Mais témoigner n'est pas forcément simple, et cela soulève plusieurs questions.

     

        Elie Wiesel, déporté en 1944 (source : Echofondation).

     

    Témoigner ? Se taire ?

    A la suite de la guerre, un choix pour les déportés survivants se pose : témoigner ou se taire ? Certains voudront tout dire, tout de suite. Ils voudront que tout le monde sache, que tout le monde comprenne l'horreur qu'ils avaient vécue. Certains encore attendront, préféreront se remettre de leur calvaire et témoigneront plus tard, pour avoir un point de vue plus objectif ou simplement par nécessité de ne plus penser à cette période. D'autres enfin ne témoigneront jamais. Témoigner ou pas, les raisons sont multiples et propres à chacun. Pour ceux qui racontent, les témoignages peuvent les aider à vivre avec, à défaut d'oublier. Mettre des mots sur leur histoire peut les soulager d'une part, car ainsi leur vécu restera dans les esprits. En effet ces témoins veulent qu'on se souvienne pour éviter que l'humanité ne réitère les mêmes erreurs ou simplement pour rappeler celles qu'elle a déjà commises. Ils veulent dénoncer. C'est pour cette raison que certains témoignent, année après année, comme par exemple Henri Borlant, et racontent leur histoire. Mais chaque personne est différente et parfois, pour certains, témoigner est impensable cela leur rappellerait trop de souvenirs douloureux. Ils veulent simplement oublier, commencer une nouvelle vie, et faire «table-rase» du passé. Mais certains ne témoignent pas également par peur d'être incompris, parce qu'ils sentent que les gens n'ont pas envie de les écouter, ou par peur que l'horreur qu'ils ont vécue ne soit minimisée.

    Il y a donc différentes façons de se libérer de la guerre et de la déportation, mais même dans le cas où les témoins racontent, on peut se demander si témoigner suffit.

    A côté des témoins que tout le monde connaît de par leurs engagements politiques ou littéraires, comme Elie Wiesel, toujours vivant, Primo Levi, Robert Antelme... il existe aussi des témoins plus «anonymes», dont on parle beaucoup moins et qui ont eux aussi vécu l'horreur, comme M. et Mme Bergoffen (voir interview en fin d'exposé).

     

    Témoigner suffit-il ?

    Il y a ainsi une catégorie précise de personnes, celles qui témoignent mais pour qui cela ne suffit pas. En effet, ils restent premièrement marqués psychologiquement. Ils ont effectivement connu une violence morale : l'humiliation, les menaces, les insultes... Ils ont aussi côtoyé la mort, le manque d'hygiène, de nourriture, de sommeil... Ils étaient tous choqués, ils ne comprenaient pas comment un être humain pouvait faire ça à un autre être humain. Peut-on encore parler d'humanité ? Aucun d'entre eux ne pourra donc oublier, mais pour certains, ce poids est trop lourd à supporter. Certains ne dorment plus la nuit, d'autres ne supportent plus certains bruits, comme par exemple Clément Quentin qui ne supporte plus la plupart des sonneries (celles-ci lui rappelant les alarmes du camp). Et ces personnes reviennent aussi marquées physiquement : malades, à cause du manque d'hygiène, de l'affaiblissement extrême de leur corps. Même manger est parfois impossible pour eux à leur retour. Par exemple Robert Antelme a mis des mois à pouvoir se nourrir normalement, et témoigner à ce moment-là n'aurait donc rien changé à son état. De plus, ils sont marqués sur leur corps avec leur tatouage, qui leur rappelle tous les jours l'horreur qu'ils ont vécue et à quel point ils étaient considérés comme des bêtes, de simples matricules. Difficile donc d'oublier, même après avoir raconté leur histoire. Ils sont marqués dans leur corps et dans leur cœur, et même si témoigner peut soulager, dans certains cas cela ne suffit pas, comme par exemple, Primo Levi qui n'a pas pu reprendre une vie normale, même après son témoignage écrit Si c'est un homme (publié en 1947). Sa souffrance morale était trop importante et il a choisi de mettre fin à ses jours, le 11 avril 1987. Même si le cas de Primo Levi est le plus connu, nombreux ont réagi ainsi. D'une certaine façon, leur vie s'est sont donc arrêtée lors de leur déportation. On peut donc se demander si le témoignage suffit, mais on ne peut répondre à cette question, car faire une généralité est impossible. Chacun suivant son histoire et son parcours, sera capable ou non de supporter le poids de sa souffrance, en témoignant, ou pas.

     

    Primo Levi, déporté à Auschwitz du 22 février 1944 au 27 janvier 1945.

    Robert Antelme, déporté à Buchenwald puis Dachau, du 1er juin 1944 à avril 1945

    Source : Wikipédia Source : Babelio

     

    Quelle valeur accorder aux témoignages ?

    Aujourd'hui on témoigne donc encore 70 après, pour raconter, expliquer et informer sur les horreurs de la guerre et sur ce qu'ont vécu les déportés et leur famille. On s'inspire de leurs témoignages pour étudier la vie dans les camps, les arrestations, les déportations... Pourtant ces témoins ne sont pas des historiens, leur mémoire n'est pas forcément non plus infaillible, on peut donc se poser la question de la valeur historique qu'ont ces témoignages. En effet, les déportés ont pu oublier, peuvent se tromper sur certains faits, et peuvent également souhaiter oublier certaines choses, consciemment ou pas, car certains n'arrivent pas à avancer en se rappelant, ressasser les souvenirs les consument intérieurement. Cela rend donc leurs témoignages, historiquement parlant, moins fiables. On peut donc se demander si on peut baser toutes nos connaissances actuelles seulement sur ces témoignages. Effectivement, les témoins ayant vécu l'horreur ne sont pas forcément objectifs et racontent leur histoire selon leur vision des choses, sans prendre de recul et sans avoir une vision globale de cette guerre. Cependant on ne peut pas nier que leurs récits et leurs précisions enrichissent notre savoir et nous éclairent sur certains points.

    « Lorsque nous intervenons dans les écoles, nous n'apportons pas un témoignage historique, n'étant pas historiens et n'ayant qu'une approche partielle de l'histoire, mais nous apportons une image vivante de ce que nous avons connu, nous témoignons pour le futur, nous témoignons pour le respect et la dignité de tous les hommes quelles que soient leur origine, leur culture et leur croyance religieuse. La mémoire n'est pas le passé comme il s'inscrit dans les pierres ou s'écrit dans les livres, cela c'est le souvenir, il est mort, figé dans le passé comme sont les tombes ou les monuments aux morts. La mémoire, c'est autre chose, elle est vivante, elle est l'avenir en marche, elle est le devenir. Si le passé appartient à ceux qui l'ont vécu, la mémoire ne peut être confisquée par tel ou tel groupe humain, aussi légitime que cela puisse paraître, car elle est universelle et appartient à tous les hommes »

    Témoignage de Sam BRAUN, président du cercle mémoire et vigilance

     

    Une répétition ?

    On peut également se demander si ces témoignages ont tous la même pertinence. En effet, même si les personnes diffèrent, les histoires sont relativement similaires et il y a une répétition des faits et de certaines informations que l'on nous donne. Pourtant chaque personne est différente, chaque témoin a sa vision des choses, son propre vécu. Malgré leur nombre incalculable, les témoignages oraux et écrits sont tous différents. Ils peuvent être pessimistes, garder une certaine touche d'espoir... Tous ces témoignages racontent donc la même Histoire, mais divergent par leurs histoires.

     

    Les autres sont-ils prêts à écouter les témoins ?

    Certains déportés qui ont survécu veulent raconter l'horreur qu'ils ont vécue juste après la fin de la guerre, afin que tout le monde comprenne et se rende compte. Simplement nombreux sont ceux qui soit refusent d'admettre, soit ne pensent pas qu'un tel calvaire soit possible. Pour le premier cas, parfois c'est par honte. En effet, non seulement ils n'ont rien fait, mais en plus ils ont fermé les yeux. Tout le monde savait ce qu'étaient des camps de concentration et d'extermination, et ce qui s'y passait, mais tout le monde prétendait le contraire. Aussi quand les déportés racontent, ils refusent de les croire car ils refusent d'admettre qu'ils ont laissé cela se produire. Dans le second cas, ils pensent que les déportés exagèrent. En effet il est difficile d'imaginer ce que quelqu'un a vécu si on ne l'a pas vécu soi-même. Ils pensent que ceux qui ont survécu exagèrent et que d'une certaine façon ils «se plaignent» rendant plus horrible leur situation qu'elle ne l'est. Il peut effectivement être difficile de se dire qu'une telle inhumanité s'est produite sous leurs yeux. Peut-on, en effet, imaginer l'inimaginable ? C'est pour cela que les autres ne sont pas forcément prêts à écouter les témoins. De plus, le gouvernement lui-même ne voulait pas entendre les déportés, ni admettre ce qui c'était passé. Dans une France à reconstruire, notamment politiquement, on préfère mettre l'accent sur l'action de la résistance et on ne souhaite pas revenir sur ce qui s'était passé pendant la guerre (ce qui permet d'éluder les responsabilités de l'État français durant cette période). Il faudra attendre 1996 pour que le président Jacques Chirac admette le rôle de l'État français dans la déportation des Juifs.

    On peut néanmoins dire que les générations actuelles sont, elles, plus aptes à écouter les témoins. Elles sont même parfois dans la demande du témoignage. Ceci est peut être dû au fait que nous sommes des générations qui n'ont pas connu cette période atroce et donc peut-être avons nous moins de culpabilité. N'étant pas présents lors de cette guerre il aurait été impossible pour nous de faire quoi que ce soit pour l'empêcher. Aujourd'hui, nous ne faisons qu'apprendre, à travers nos cours d'Histoire, des livres ou encore des films et les témoignages d'anciens déportés qui ont survécu apportent une autre vision de cette partie de l'Histoire, un côté plus réaliste.

    Actuellement, au vu du grand nombre de témoins qui ont publié des livres, donné des conférences, et qui participent activement pour continuer à raconter, on peut en conclure que maintenant, les autres sont prêts à écouter.

     

    Pourquoi continuer à témoigner 70 ans après ?

    On peut se poser la question, pourquoi les témoins racontent-ils encore et encore leur histoire ? La raconter une fois suffirait-il ? En la racontant la première fois, on peut penser que certains faisaient cela pour se soulager. Aujourd'hui, nous dirions plus qu'ils font cela pour transmettre. Transmettre l'horreur dont l'humanité a été capable, et dont elle pourrait être capable à nouveau. En somme, ils veulent éviter que cela ne se reproduise, et la seule manière d'empêcher cela est de continuer à raconter. Au plus de personnes possible, pour que tout le monde sache, et pour que tout le monde fasse en sorte que cela n'arrive plus. Évidemment, on pourrait croire que pour cela il y a les livres, les films, Internet... Cependant cela n'a pas la même signification lorsque quelqu'un vous dit de vive voix ce qu'on lui a fait subir. Personne ne peut rester indifférent à cela, et vous êtes obligés, dans cette situation, de vous en rendre compte. De plus, nous arrivons à un moment où il y a de moins en moins de témoins et où il devient difficile pour ces témoins de se souvenir de tout sans confusion ou trou de mémoire. Les témoins vieillissent, alors il est important qu'ils témoignent tant qu'ils le peuvent encore. Continuer de témoigner 70 ans après, est une manière d'assurer un monde de paix, le plus possible.

    « Vous qui vivez en toute quiétude
    Bien au chaud dans vos maisons,
    Vous qui trouvez le soir en rentrant
    La table mise et des visages amis,
    Considérez si c'est un homme
    Que celui qui peine dans la boue,
    Qui ne connaît pas de repos,
    Qui se bat pour un quignon de pain,
    Qui meurt pour un oui ou pour un non.
    Considérez si c'est une femme
    Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
    Et jusqu'à la force de se souvenir,
    Les yeux vides et le sein froid
    Comme une grenouille en hiver.
    N'oubliez pas que cela fut,
    Non, ne l'oubliez pas :
    Gravez ces mots dans votre cœur,
    Pensez-y chez vous, dans la rue,
    En vous couchant, en vous levant ;
    Répétez-les à vos enfants,
    Ou que votre maison s'écroule,
    Que la maladie vous accable,
    Que vos enfants se détournent de vous. »

    -Primo Levi

     

    Quand il n'y aura plus de témoins ?

    Le problème est que nous arrivons à une période où les témoins sont de plus en plus âgés. Bientôt il n'y en aura plus. C'est pour cela qu'il est important qu'ils continuent de témoigner, tant qu'ils le peuvent encore, afin qu'ils transmettent des informations sur ce qui leur est arrivé, que les générations actuelles pourront retransmettre à leur tour. Cela n'aura pas la même ampleur, bien sûr, et nous ne pourrons pas non plus raconter leur histoire dans les moindres détails, mais cela permettra tout de même que les gens n'oublient pas. Qu'on se souvienne, année après année, de ce qui s'est passé. C'est aussi à ce moment-là que les écrits interviennent: «verba volant, scripta manent» disait Horace, «Les paroles s'envolent, mais les écrits restent». Ils seront la certitude que personne n'oubliera.

     

    Interview d'Henri Borlant, déporté à Auschwitz, en 1942, à l'âge de 16 ans :

    Henri Borlant et des élèves de 1ère ESa et ESL au Mémorial de la Shoah le 07 janvier 2014

    (photographie L. Cochennec)

     

     

    Le contenu de cette page nécessite Adobe Flash Player. Obtenir le lecteur Adobe Flash

     

    Vidéo d'Henri Borlant au Mémorial de la Shoah à Paris devant 71 élèves du lycée le 07 janvier 2014

    Source : Babelio

     

    - Pourquoi est il nécessaire de témoigner ?

    « Il faut faire savoir que ce qui a eu lieu peut se reproduire, que la Shoah n'a pas vacciné le monde et que depuis la fin de la guerre il y a eu d'autres génocides, d'autres crimes de masse, au Cambodge, au Rwanda etc. Les nazis et leurs alliés, les collabos, ont tout fait pour effacer les traces de leurs crimes. Ils ont transformé des millions d'innocents en fumée et en cendre. Ils ont plaidé non coupables au procès de Nuremberg. Dans un pays de droit, les citoyens qui ont assisté à un crime ont le devoir d'en témoigner. »

     

    - Pourquoi continuer 70 ans après ?

    Parce que le travail de mémoire n'a pas été fait dès la fin de la guerre, ni pendant les décennies qui ont suivi. Il a fallu attendre le mois de juillet 1996 pour que le président Jacques Chirac reconnaisse la responsabilité de l'état français dans le génocide des juifs de France. Il faut se rappeler que la première étude sur la collaboration de la France avec l'Allemagne nazie date de 1978. C'est l’œuvre d'un historien américain nommé Robert Paxton.

    - Témoigner vous a -t-il soulagé ?

    Je ne témoigne pas pour me soulager. Je témoigne par devoir, parce que je ne me reconnais pas le droit de me taire. C'est un devoir citoyen de dénoncer les crimes dont nous avons été les témoins. Le soulagement cela a été de retrouver la liberté, la fin de l'esclavage, le fait d'avoir survécu. Le témoignage c'est un effort, un travail, une activité qui demande du temps de la concentration, qui use, qui fatigue.

    Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Bergson

    Rencontre avec Léo Bergoffen, ancien déporté et sa femme Odette Bergoffen, ancienne résistante :

    Odette et Léo Bergoffen,1946 (source photo : Arch. fam.)

    •  

    «Nous avons mis longtemps avant de témoigner. Peut-être 20 ou 30 ans. Avant cela, nous tenions un commerce et personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Léo, nous a dit Odette Bergoffen. En 1992, un ancien déporté est venu nous rendre visite, le docteur Hafner, et nous a dit qu'il allait témoigner au grand séminaire d'Angers, rue Barra. C'est à partir de ce moment là, grâce au docteur Hafner, que nous avons commencé à raconter. Avant, juste après la guerre, nous pensions que les gens ne voudraient pas y croire, c'était tellement impensable..

    Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur Odette Blanchet-Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    _____________________________

    Lien vers le panneau biographique sur la famille Moscovici réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur Etienne Poitevin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson.

    Lien vers le panneau biographique sur Clément Quentin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur Jacques Chupin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Travail réalisé par HUGON Lorana, AUGEREAU Sarah, BALOSETTI David, élèves de 1ère ESL

     

    Bibliographie :

    - Si c'est un homme de Primo Levi

    - L'espèce humaine de Robert Antelme

    - Wikipédia

    SOMMAIRE

  • Le bouleversant destin d'une famille juive à Saint Lambert du Lattay pendant la seconde guerre mondiale.

    Publié le mardi 18 mars 2014 15:55 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 10:53

    Le bouleversant destin d'une famille juive à Saint Lambert du Lattay pendant la seconde guerre mondiale.

     

    Dans cet article, vous allez découvrir le destin d'une famille juive parisienne, la famille Borlant, obligée de quitter la capitale en 1939 suite à la déclaration de guerre. Ils sont dirigés vers l'Anjou et plus particulièrement à Saint Lambert du Lattay. Là une solidarité va se mettre en place pour aider  cette famille. Malgré cela quatre des membres de la famille seront déportés vers le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz en juillet 1942. Le souvenir des trois déportés morts en déportation reste aujourd'hui gravé pour toujours à Saint Lambert du Lattay sur la plaque du monument aux morts du cimetière.

    A) D'un quartier populaire parisien à la douceur rurale de l'Anjou

    Août 1939: la mairie du 13ème arrondissement de Paris décide de l'évacuation des familles issues des milieux populaires vers la province, pour cause de guerre imminente. Pour le 13ème arrondissement c'est le Maine et Loire qui est choisi. En août 1939 Mme Borlant (alors enceinte) et six de ses enfants partent donc en train pour Angers. Arrivés sur place les autorités veulent les séparer mais Mme Borlant s'y oppose fermement. La famille est alors conduite à Saint Lambert du Lattay, un petit village de 2122 habitants au cœur de l'Anjou. C'est 9 rue du pont Barré, dans un local appartenant à Mme Saudreau, que Mme Borlant et sa famille seront logés de 1939 à 1940 (voir photo ci-dessous).

    Dès leur arrivée, une solidarité s'installe. Mme Borlant, enceinte, accouche dans la nuit de leur arrivée. Les habitants apportent donc leur soutien et des vivres pour aider cette dernière et ses enfants. La famille s'intègre très vite, les enfants sont scolarisés à l'école catholique du village et baptisés. Ils pratiquent de nombreuses activités dans ce village ; l'adaptation de la vie à la campagne n'est pas difficile. L'été ils participent aux vendanges. En juin 1940: M. Borlant et un de ses enfants, resté avec lui à Paris, rejoignent Saint Lambert. En juillet 1942, alors que la répression juive s’intensifie, Denise, Bernard, Henri et Mme Borlant sont arrêtés (personnes entre 16 et 50 ans). Après quelques jours Mme Borlant revient à Saint Lambert et son mari est emmené à sa place.Tous les quatre sont alors internés au grand séminaire d'Angers puis rejoignent directement le camp d'Auschwitz par le convoi n°8, avec à son bord 827 passagers.

    • Henri Borlant. Cérémonie commémorative au grand séminaire. juillet 2012

    B) La solidarité mise en place dans le village pour aider une famille juive

    Pendant que la persécution et les arrestations se multiplient  partout en Europe, une solidarité s'installe à Saint Lambert de Lattay pour aider et protéger la famille. Tout d'abord, M. Baudet, un gendarme prévient Mme Borlant que les Allemands vont venir les chercher et que par conséquent, il faut fuir au plus vite. Ensuite M. Français, le maire du village et Mme Aubry, secrétaire de la mairie, leur fournissent de faux papiers. M. Barthélémy, un épicier ainsi que Mme Béliard, une guérisseuse, donnent

    leurs économies et quelques vivres. Pour finir Jacques Blanchard, un négociant en vin va les aider à s'enfuir, le 20 novembre 1943. Avec sa camionnette, il les conduit, en cachette, à Champtocé sur Loire où ils vivront clandestinement  avant de retourner à Paris.

    • Rapport de gendarmerie sur la fuite de la famille Borlant@Archives Départementales du Maine et Loire

    C) Saint Lambert du Lattay, un lieu de mémoire

    Aujourd'hui le souvenir de cette famille est encore présent à Saint Lambert du Lattay. En effet une plaque commémorative située dans le cimetière du village est dédiée aux trois membres de la famille, déportés et gazés durant la seconde guerre mondiale (Denise, Bernard et Aaron Borlant). Sur cette plaque figurent aussi les noms des soldats tués durant les deux guerres mondiales. Cela nous montre que cette famille était considérée comme des habitants à part entière du village.

     

    • Photo avec Henri Borlant. @" il faudra raconter" frères Cling.2005.

    Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    sources:

    http://www.saintlambertdulattay.fr/internet/index.php

    Autobiographie de Henri Borlant "Merci d'avoir survécu".Edition du Seuil.2011.

    DVD "Témoins de la nuit"du conseil général du Maine et Loire

    Site des Archives Départementales du Maine et Loire

    Google Maps

    Auteurs :

    Couraud Marina, Delamotte Clarisse et Gilbert Samuel 1ère ESa. Avril 2014.

    article suivant  "le grand séminaire d'Angers"

    SOMMAIRE

  • Un lieu d'histoire et de mémoire : le quai du Maroc à Angers.

    Publié le mardi 22 avril 2014 11:47 - Mis à jour le dimanche 18 mai 2014 17:34

    .Le quai du Maroc.

     

     

    Le Quai du Maroc de nos jours, photo prise par Quentin Thibault,

    sur la passerelle traversant la gare St Laud.

     

    Lors de la seconde guerre mondiale, Angers est la capitale du grand ouest.

    Elle participe activement à la déportation des juifs, issus de l'Ouest de la France.Ainsi, le convoi n°8 parti du Quai du Maroc (en photo ci-dessus), en est l'exemple le plus marquant.

                               

                                  Emplacement du Quai du Maroc, Google Map

     

     

    Aujourd'hui, même si il n'y a pas d'indication précise sur l'emplacement du Quai du Maroc, on peut supposer qu'il se situe en face des bâtiment du Génie, derrière la caserne Eblé. En revanche, il n'est pas accessible au public. Toutefois, nous pouvons l'apercevoir en montant en haut du parking de la gare Saint Laud. C'est un lieu stratégique, car il se situe à quelques pas de la gare d'Angers. On peut y regrouper beaucoup de monde en toute discrétion. C'est pour cette raison, qu'il fut choisi comme lieu d'embarquement des déportés rassemblés à Angers de crainte qu'un départ depuis la gare ne suscite des troubles.

     

    Le Quai du Maroc, comme son nom l'indique, est une sorte de "station",  sur un axe ferroviaire. L'opération d'embarquement en vue de la déportation a eu lieu le 20 Juillet 1942. Ce jour là, 824 personnes, juifs et résistants politiques, venus de l'ensemble de la région du Pays-de-la-Loire, sont regroupés sur ce quai par les autorités allemandes pour être envoyés directement vers le camp d'Auschwitz en Pologne. Ils partent à 20h30 entassés dans des «wagons à bestiaux». Il est le 8ème convoi de déportation de juifs en France d'où son appellation: convoi N°8 : 824 personnes de tous les âges. 366 personnes âgées de 34 à 47 ans, 239 personnes âgées de 15 à 24 ans, 1 fillette de 13 ans ainsi que 3 nonagénaires.

     

    Les déportés viennent de plusieurs ville de l'ouest de la France, dont Le Mans, Saumur, Nantes, Poitiers, Rennes, Niort ou Laval. Angers fut donc très impliquée dans la déportation.Des femmes, hommes, vieux ou jeunes, ne comprennent guère ce qui se passe.

    Beaucoup d'étrangers ne comprennent pas la langue, et sont vite mis dans des "wagonsà bestiaux", comme des bêtes, avec peu d'espace, et ne peuvent garder ni leur sac, ni leur valise. Ils ignorent ce qui s'en suivra, et pensent qu'ils sont destinés à servir de main d’œuvre dans le Reich.Ils vont y passer 3 jours et 3 nuits, dans l'angoisse totale, sans manger et comme seul repère, une lucarne qui donne sur le ciel. 

    L'arrivée à Auschwitz-Birkenau est un choc terrible pour les populations : les hurlements des SS, les coups, les prisonniers en costumes rayés, les fours crématoires qui crachent leur fumée noire... les allemands leur crient dessus, ils ne comprennent rien de ce qui se passe. Les déportés, incapables de travailler, seront tués dans les instants suivant leur arrivée à Auschwitz. Les autres seront séparés, hommes et femmes, et incarcérés dans Auschwitz, le plus grand camp de concentration et d'extermination du troisième Reich.

    D'après nos sources, 20 personnes seulement (18 hommes et 2 femmes) reviennent saines et sauves.

     

                                                                           

    La gare, le Quai du Maroc : des lieux d'histoire.

    cliquer sur la photographie pour l'agrandir

     

    Le 10 août 1944, Angers est enfin libérée, une ville qui étouffait sous la domination des Allemands. Le drapeau nazi est remplacé par le  drapeau tricolore et laisse en mémoire une époque sombre d'Angers. Les plaques commémoratives apposées à la gare témoignent aujourd'hui de ce qu'il s y est passé. De plus, les associations départementales issues de la résistance et de la déportation rendent hommage aux déportés d'Angers : des commémorations ont lieu à la gare.

    cliquer sur la photographie pour l'agrandir

    Le grand séminaire d'Angers, aujourd'hui rebaptisé centre Saint-Jean, a installé lui aussi une plaque commémorative devant son établissement. D'ailleurs, une cérémonie a eu lieu le 20 juillet 2012 pour le 70ème anniversaire du convoi No 8.

     

    cliquer sur la photographie pour l'agrandir

    Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen et ses parents réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Auteurs :MOUSSA Mohamed, KEFI Yassine, THIBAULT Quentin, 1ère ESL (avril 2014).

    Article suivant sur  "la nouvelle synagogue, lieu de Mémoire ( 1ère ESa)"

    SOMMAIRE

     

  • La synagogue d'Angers, lieu de mémoire de la Shoah ( 1ère ESL).

    Publié le mardi 22 avril 2014 11:44 - Mis à jour le dimanche 18 mai 2014 17:33

    La synagogue, lieu de mémoire

     

    Photo de la synagogue d'Angers (photo prise par Mr. Cochennec)

    Photo de la synagogue d'Angers prise par M. Cochennec
     

    Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, les Juifs, considérés comme la race inférieure par l’idéologie nazie, vont être victimes d’un génocide sans précédent. La persécution à leur encontre ne cesse de prendre de l’ampleur et dès 1942, suite à la conférence de Wannsee, les déportations massives commencent. En Anjou, deux grandes rafles sont connues, celles de juillet et octobre 1942. Environ 70 ans après, nous allons nous intéresser à la façon de commémorer ce crime contre l’humanité, à la manière dont la religion juive intègre la Shoah, et en particulier le rôle de la synagogue dans ce devoir de mémoire.
     

    De la synagogue angevine aux plaques commémoratives.

    Située près du grenier Saint Jean, la synagogue d’Angers (voir photo ci-dessus) a vu le jour il y a un an. Inaugurée le 7 avril 2013, cette dernière est à l’origine l’église Saint Laurent, qui sur sa fin servait de lieu de stockage des produits d’entretien de la ville d’Angers. La ville a alors décidé de réhabiliter l’église pour la mettre à disposition de l’Association Culturelle et Cultuelle Israélite de Maine et Loire afin édifier la première synagogue dans sa ville.

    Sept décennies après les faits, la Shoah marque toujours les esprits. Plusieurs plaques commémoratives ont été placées à Angers pour ne jamais oublier ce crime, et par ailleurs, pour ne jamais oublier que la ville d’Angers fut, elle-même, le lieu de la déportation des juifs d’Anjou.


     


    Photo de la stèle prise par Matisse Niobé

    Photo de la stèle prise par Monsieur Cochennec

    (cliquer sur la photographie pour l'agrandir)

    Ci-dessus, se trouve la stèle commémorative de la synagogue d’Angers. Y sont inscrits les noms de 320 juifs angevins déportés (seuls ceux qui ont accepté d'y figurer).

    Cette stèle marque «l’un des premiers pas» dans la commémoration. Il est important de se souvenir «Une seule chose est pire qu’Auschwitz, c’est si le monde oublie que cela que cela a existé.» dit Henry Appel, survivant de l’Holocauste.

    Il a fallu attendre 1996 pour que la collaboration française soit officiellment reconnue par le président de l’époque, Jacques Chirac. Il reconnaît alors la participation de l'état français à la déportation des populations juives. La première stèle commémorative de la déportation vers les camps de la mort n'est édifiée que 20 ans après les faits, en 1965 sur les lieux du camp d’internement de Beaune la Rolande. En Anjou, ce n’est que dans les années 2000 que les premières stèles sont érigées. Une se trouve au Grand Séminaire rue Barra et une autre à la gare Saint Laud, au quai du Maroc.

    Photo de la plaque du Grand séminaire .Cliquer sur la photographie pour l'agrandir.

    (photo prise par M.Cochennec)

     

    De YOM HA SHOAH au comité de YAD VASHEM.

    Le 12 avril 1951, le Parlement israëlien a proclamé la date hébraïque du 27 nissane pour commémorer la Shoah. Cette date solennise à la fois le soulèvement du Ghetto de Varsovie et la Shoah, où six millions de juifs ont péri.

    Cette date a été choisie puisqu’elle se situe entre l’anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie et le Yom Hazikarone, le jour du souvenir, qui précède l’anniversaire de la création de l’Etat d’Israël.

    Cette cérémonie commence la veille du 27 nissan et se termine la veille du 28 nissan. Ce qui correspond au début du mois d’avril ou celui du mois de mai selon les années dans le calendrier hébraïque.

    Ce jour là, s’élève à l’unisson une prière appellée Kaddich de toutes les synagogues du monde, pour «ceux qui sont partis sans prière».

    Il existe plusieurs façons de commémorer le YOM HASHOAH. A la maison, on allume une veilleuse et il faut la laisser brûler pendant toute la durée du YOM HASHOAH. A la synagogue, six grandes bougies sont allumées en souvenir des six millions de juifs victimes du génocide.

    Cette année, Yom Ha Shoah se déroulera le 28 avril, comme l’an passé.


    A cette cérémonie du YOM HASHOAH s’ajoute un institut commémoratif créé 1953 par une loi du parlement israélien visant à commémorer le génocide. «Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Vashem)qui ne sera pas effacé.» Yad Vashem assure la mémoire des «Martyrs» et rend hommage aux «Héros» qui ont lutté contre le projet nazi, en leur remettant le titre de «Juste parmi les Nations».

    Le comité israélien fait reposer son action sur trois domaines : la commémoration, la documentation, et l’éducation. L’institut Yad Vashem s’étend sur dix-huit hectares et est situé sur le Mont du souvenir à Jérusalem. Le site abrite un espace muséologique, les Archives, l’Ecole Internationale pour l’enseignement de la Shoah, une bibliothèque et le centre International de la recherche sur la Shoah.

    C’est depuis 1963 que Yad Vashem rend hommage aux «Justes parmi les Nations». N’est pas «Juste parmi les Nations» qui le souhaite. On octroie la distinction en répondant à trois critères de base. Il faut tout d’abord avoir apporté son aide dans une situationrecherché une quelconque récompense en contrepartie. où les Juifs étaient menacés de mort, il faut être conscient du risque qui a été encouru et ne pas avoir

    Sur le site de Yad Vashem, un arbre est planté pour chaque nom répertorié.

    Photo aérienne du site de YAD VASHEM (source: journal Alliance)
     

    Aujourd’hui, la mémoire de la Shoah reste une question importante, dans l’esprit de beaucoup de personnes. Comment la commémorer ? Certains supports ; livres, films, photos sont-ils plus éloquents que d’autres? Depuis la prise de conscience générale de ce que la Shoah fut, chacun cherche la façon la plus digne de rendre hommage aux six millions de juifs qui ont péri au cours du génocide ou encore avertir, prévenir pour ne pas reproduire les erreurs du passé. A travers la religion, des projets voient le jour, cependant d’autres s’intéressent à ce devoir de mémoire, tel que l’éducation. Mais ce que recherchent aujourd’hui les représentants de la commémoration de la Shoah, c’est toujours aller plus loin, toujours faire plus pour ne jamais oublier.

    Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Lien vers le panneau biographique sur la famille Moscovici réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

    Un article réalisé par JOUADE Maëva MOREAU, Alexy et NIOBE Matisse, élèves de 1ère ESL.

    Article suivant "70 ans après, Angers se souvient"

    SOMMAIRE

  • Le sort des juifs de l'arrondissement d'Angers

    Publié le dimanche 23 mars 2014 15:05 - Mis à jour le dimanche 18 mai 2014 17:24

     

    En juin 1940, les  allemands entrent dans la ville d'Angers puis avec le gouvernement de Vichy commencent à stigmatiser la petite communauté de juifs, à les exclure de la société. En effet, dès le 27 Septembre 1940, des affichettes jaunes portant la mention « entreprise juive » font leur apparition sur certaines devantures. Le 30 Octobre 1940, les juifs sont recensés par la préfecture dans un petit cahier à spirale. D'autres moyens suivront, comme en juin 1942 l'obligation de porter une étoile jaune sur la poitrine, excluant de plus en plus les juifs du reste de la population . En  Juillet 1942 commencent  les rafles et les débuts de déportation via Drancy ou directement vers Auschwitz.

     

    I . Les juifs de l'arrondissement d' Angers avant 1940 : une petite communauté

     

    Présentation générale.

    Les juifs de l'arrondissement d' Angers avant 1940 représentent une infime part de la population, environ 200 personnes. La majorité sont des réfugiés parisiens ou d'Alsace-Lorraine. Une partie de ces personnes  sont nés en Europe de l'Est ou ont des parents   originaires d'Europe de l'Est.

    Une partie de ces juifs tenaient des commerces, de textile principalement :

    • 2 commerces juifs place du Ralliement

    • 2 commerces juifs rue Chaperonnière

    • 2 commerces juifs rue Baudrière

    • et d'autres commerces rue Saint-Aubin, rue Plantagenet et rue des Lices

    Place du Ralliement 1937-1938

     

     

    II.Une communauté stigmatisée et en  partie anéantie

     

    A) Les mesures mises en place pour exclure cette communauté

    Le 27 septembre 1940, obligation de la mention « entreprise juive », avec une affichette jaune sur tous les commerces juifs qui concernent pour la plupart l'habillement et le textile.

    De 1940 à 1942, le Régime de Vichy et les nazis essaient de stigmatiser les juifs, de les exclure de la société. En Octobre 1940, le Maine-et-Loire recense pour la première fois les juifs du département. Pour l'arrondissement d'Angers, le recensement fait état de 223 noms répartis en 97 familles dans un cahier à spirale de 48 pages :

     

     

    • @Archives Départementales du Maine et Loire

     

    En juin 1942, le port de l'étoile jaune est obligatoire pour les juifs de plus de 06 ans comme l'indique " le petit Courrier" :

    "Le petit courrier" @Archives Départementales du Maine et Loire

    Un avis du 8 juillet 1942 interdit l'accès à de nombreux installations et manifestations publiques aux juifs.

    "Le petit courrier" @Archives Départementales du Maine et Loire

    B) Une déportation massive partant d'Angers ; l'exemple des familles Josephowitz et  Bergoffen.

    Plusieurs rafles se succèderont , en Juillet 1942, 9 Octobre 1942, en Janvier 1943; les dernières rafles se sont déroulées en Mars 1944. La moitié des déportés de 1942 à 1944 sont Français. Environ la moitié des juifs de l'arrondissement d'Angers seront déportés ( 62% des juifs étrangers et 45 % des juifs français).

    Famille Josephowitz : 

    • Ana (Polonaise) : la mère, arrêtée en Juin 1942, relâchée puis à nouveau arrêtée et enfin déportée en novembre 1942.

     

    • Laïb (Polonais) : le père, déporté à Auschwitz le 20 Juillet 1942 à l’âge de 37 ans, par le convoi n°8 (l’un des tous premiers partant de France.)

     

    • Maurice (Français) : le fils, âgé de 8 ans et déporté le 6 Novembre 1942 par le convoi n°42.

     

    • Henriette (Française) : la fille, seulement âgée d’un an et demi, déportée avec mère et frère le 6 Novembre 1942.Elle fut la plus jeune déportée du Maine et Loire.

    Famille Bergoffen :

    • Jacob (Tchécoslovaque) : âgé de 50 ans et résident à Angers

    •  Tilly (polonaise) : sa femme

    • Léo Bergoffen. Issu d’une famille juive austro-hongroise. Né le 30 Octobre 1922 à Berlin. Il est obligé de défiler devant Hitler en 1933 puis se réfugie à Angers avec sa famille. Comprenant par la suite le danger, il fuit seul en zone libre en juin 1942, ne pouvant pas emmener ses parents avec lui.Ci dessous, le rapport de la gendarmerie suite à sa fuite :

    • @Archives Départementales du Maine et Loire

    • Réfugié dans la zone " libre", le 26 Août 1942, un prétendu « contrôle d’identité » conduit à son arrestation par la police française qui le remettra aux allemands de la zone occupée en tant que juif étranger. Interné à  Drancy puis déporté à Auschwitz, il fut obligé de travaillé pour le compte des nazis et survécut malgré les conditions extrêmes de vie. Son numéro de tatouage était le 810 909. Il est libéré par les soviétiques le 11 Mai 1945. Affaibli par les travaux, il est hospitalisé en Allemagne, va à Prague où il rencontre un officier responsable de la mission militaire. Il retourne à Angers et apprend la déportation de ses parents. Lors d’une conférence, il rencontre Odette Blanchet, sa future femme.

     

    L'arrondissement d'Angers aura connu, durant la 2ième Guerre Mondiale, la déportation d'environ  la moitié de sa petite communauté juive. Une infime minorité  sont, comme Henri Borlant, revenus vivants des camps (d'autres  comme Léo Bergoffen ont fui hors du département  avant d'être arrêtés puis déportés). Angers aura donc été proportionnellement un lieu important de la déportation qui a concerné plus de 75 000 juifs vivant en France ( 25% de cette communauté).

    Source principale :

    Archives Départementales du Maine et Loire

    "L'éradication tranquille, le destin des juifs en Anjou 1940-1944" d'Alain Jacobzone . Editeur Ivan Davy.

    Auteurs :

    TOUZET Manon, MOSSET Sébastien, REIFFERS Samuel 1ère ESa

    Article suivant sur " Le village de St lambert du Lattay"

    SOMMAIRE

     

     

Trier par
Catégories
Aucune catégorie définie
Auteurs
Aucun auteur