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Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Cracovie, Ville occupée, ville libérée

Publié le vendredi 4 avril 2014 16:04 - Mis à jour le mardi 22 avril 2014 22:41

 

Cracovie, ville occupée, ville libérée

Le 1er septembre 1939. Cette date marque l'invasion de la Pologne par l'armée allemande aidée de la Slovaquie. C'est le début d'une guerre tragiquement meurtrière : la Seconde Guerre mondiale. Après cette invasion, aussi nommée Campagne de Pologne, les allemands occuperont le pays jusqu'en 1945.

Notre étude porte sur la ville polonaise de Cracovie. C'est la deuxième plus grande ville du pays et elle fût sa capitale jusqu'à la fin du XVIème siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale elle devient la capitale du Gouvernement général dont le gouverneur est Hans Frank. Des camps de concentration puis d'extermination sont aménagés dans les environs de la ville. Parmi eux Auschwitz-Birkeneau ou Plaszow.

On en vient à se demander comment s'est déroulé la conquête de ce territoire ainsi que l'occupation allemande dans une telle ville. Un autre groupe présente le sort des juifs à Cracovie; nous nous sommes interrogés sur les persécutions qu'ont connu les autres polonais ? Après presque 6 ans d'occupation et de guerre, de quelles manières le territoire a t-il été libéré ?

Afin de répondre à ces questionnements, nous expliquerons rapidement la conquête de la Pologne et de Cracovie, puis nous étudierons l'occupation allemande dans la ville. Pour finir nous verrons les divers mouvement de résistance présents et la libération du territoire.

 

 

 

I- Une conquête rapide par les nazis, du pays et de la ville sans défense

La conquête du pays

Le 1er septembre 1939, l'armée allemande nazie envahit la Pologne sans déclaration de guerre formelle et publique. Hitler fait croire à une revanche contre des provocations des troupes po1onaises, c'est une fausse excuse pour attaquer. Les Polonais valent les Allemands au niveau de l'infanterie (39 divisions contre 40 pour les allemands) cependant les Polonais n'ont que 11 brigades de cavaleries et 900 chars ce qui est nettement inférieur à ce dont dispose l'impressionnante armée allemande. De plus les Polonais vont être dépassés de toute part par la supériorité technologique de l'armée allemande mais aussi, parce qu'ils  n'ont aucune aide aérienne de la France ou du RU. La conquête de la Pologne a mis fin à la seconde république polonaise.

L'armée allemande envahit la Pologne (ici Varsovie)

La conquête de la ville

La conquête de Cracovie s'est faite 2 à 3 semaines après la début de l' invasion par les allemands. Les allemands s'installent et font de la Cracovie une ville allemande. Ils soumettent la population à leurs règles, leurs drapeaux. Les civils n'ont pas tout de suite la force et les moyens de répliquer militairement

A partir de là, l'occupation nazie durera un peu moins de 6 ans.

Les allemands dressent le drapeau nazi sur le château et les édifices de Cracovie

@Library of Congress

 

En 1939 la place centrale est nommée « Adolf Hitlez Platz », aujourd'hui place du marché. (A gauche célébration de la place)

 

II – Une occupation allemande avec des restrictions et des persécutions au sein de la ville

Les nazis occupent la ville dès 1939. Au delà du fait qu'ils exterminent et traquent les juifs, cette occupation est également très dure du côté des autres civils.

Les allemands vivent chez les cracoviens, il n'hésitent pas consommer leurs vivres et les dépouiller, affaiblissant ainsi grandement la population.

Malgré le fait qu'ils se considèrent supérieurs, les occupants fréquentent les mêmes rues, les mêmes magasins...

Un soldat allemand qui achète un journal à un petit polonais

Seulement les intellectuels à Cracovie refuse de collaborer avec l'occupant et les nazis suspectent les professeurs de vouloir encourager la révolte de leurs élèves. C'est pourquoi à leur tour, ils subissent des persécutions :

Tous les établissements scolaires sont fermés, hormis les écoles primaires. Les nazis considèrent qu'il est plus facile de conquérir un pays si ses habitants sont incultes et donc sans défense.

La bibliothèque municipale est interdite aux civils et devient un lieu de prestige réservé aux allemands.

Des allemands devant le nouveau bâtiment de la bibliothèque Jagellonne, rebaptisée Staatsbibliothek (Bibliothèque d'Etat) par les Allemands. Ouvertures réalisées en avril 1941

 

Une histoire qui témoigne de la brutalité de l'occupant

Nous sommes en 1939 des enseignants tentent de résister à l'occupation en continuant d'exercer leurs fonctions. Mais le 6 novembre 1939, le SS Bruno Muller ordonne au recteur de l'Université publique Jagellonne, de convoquer l'ensemble du personnel enseignant pour une soit-disant réunion sur de nouvelles dispositions éducatives. A midi des professeurs sont présents dans la salle 56 du collegium Novum, dont 144 enseignants de lUniversité Jagellonne.

Au total 183 personnes sont déportées vers les camps de concentration de Sachsenhausen et de Dachau.

Dans un bref discours SS-Sturmbannführer Bruno Müller dit: Seigneurs, je vous appelle pour vous dire que l'Université de Cracovie a toujours été un foyer de sentiment anti-allemand  [...] Par conséquent, vous serez arrêtés et envoyés au camp.

Le 8 février 1940, suite à la demande et sous la pression internationale, 101 de ces professeurs sont libérés.

Hélas, certains n'ont pas survécu au court séjour dans le camp, tel que l'ancien recteur et doyen de l'université Stanislaw Estreicher. Au final 22 moururent.

Cet événement marque le début de la Sonderaktion Krakau, vaste opération nazie durant la Seconde Guerre mondiale, contre les milieux intellectuels polonais.

L'arrestation des professeurs de l'Université Jagellonne peinte par M. Wątorski, vers 1955. (Collection du Musée de l'Université Jagellonne)

La salle 56, qui porte le nom ózef Szujski, et où les enseignants de l'université furent arrêtés

 

III- Une libération militaire mais aussi civile grâce aux diverses formes de résistance

Une résistance à plusieurs niveaux

Devant cette occupation difficile et ce massacre des juifs, la population polonaise de Cracovie décide de réagir, de se révolter ouvertement ou part des actions clandestines.

Une résistance intellectuelle

Une éducation clandestine se met en place, on peut parler du professeur de langue Mieczyslaw Malecki qui étudia la philologie et les études romanes à l'université Jagellonne. Il était responsable du plus gros de l'enseignement clandestin dans la ville.

En 1942, plusieurs professeurs et rescapés des camps forment un réseau clandestin contre l'occupant nazi : tajne szkolnictwo ou tajne komplety. Parmi eux, Tadeusz Estreicher, frère de l'ancien recteur Stanislaw Estreicher.

 

Une résistance religieuse

Jean-Paull II (1902-2005), de son vrai nom Karol Józef Wojtyła , est lui aussi l’emblème d'une résistance religieuse. Il passa son enfance à Cracovie et étudia la philologie. Il joua dans un groupe de théâtre antinazi et intégra en 1942 le séminaire clandestin de Mgr Sapieha, archevêque de Cracovie. organisé à partir de 1942.Karol Józef Wojtyła deviendra plus tard évêque de Cracovie puis en 1978 pape de l’Église catholique.

Karol Wojtyła, jeune prêtre avec ses étudiants à Cracovie (1950)

D'autres polonais ont tenté d'aider les juifs enfermés dans le ghetto de Cracovie, par exemple en leur faisant parvenir de la nourriture. Tadeusz Pankiewicz, qui tenait la pharmacie tout près du ghetto, a ainsi sauvé des dizaines d'enfants juifs en les cachant dans sa boutique.

On peut également citer Oscar Schindler qui sauva plus de 1100 juifs en les faisant travailler dans ses fabriques d'émail et de munition.

L'une des usines de Schindler

Des organisations de résistances ouvrières et militaires plus grosses et avec plus de moyens se mettent en place :

Par exemple l'armée populaire liée au parti ouvrier polonais qui était un parti politique fondé en janvier 1942 par des communistes polonais.

La plus importante est l'armée clandestine polonaise. Créé le 13 novembre 1939 sous le nom de « Union de la lutte armée », ou Z.W.Z par le général Sikorski. Dès le début de l'année 1940, elle compte déjà 100 points de résistances dans toute la Pologne. En 1942 cette union est remplacée par l'A.K. ou « Armia Krajowa », (Armée de l'intérieur). L'armée d'occupation allemande a estimé cette A.K. à plus de 100.000 combattants.

Une pendaison de résistants

La libération du territoire et l'après-guerre

La libération de la Pologne commence peu de temps après la Libération de la  France par l'armée anglo-américaine en juin1944. Fin août l'Armée rouge  débute ses opérations sur le territoire polonais.

L'Armée de l'intérieur prend le contrôle de Varsovie ce même mois suite au soulèvement de la ville, mais en octobre l'armée allemande reconquiert la ville et la rase après avoir évacué la population.

Finalement l'armée bolchevique qui progresse difficilement, notamment à cause de la météo (brouillard qui rend difficile la marche et surtout la visibilité de l'ennemi), parvient à récupérer Varsovie en ruine le 17 janvier 1945. A partir de ce moment la libération du territoire est rapide, Cracovie est libérée le 18 janvier ; contrairement à Varsovie, il se trouve que c'est une des rares villes qui a été autant préservée des bombardements et des destructions massives de la seconde guerre. Aujourd'hui cela fait d'elle un site historique extraordinaire.Seulement elle aura beaucoup souffert de la perte de nombreux habitants : juifs et intellectuels en particulier.

Les derniers occupants allemands sont chassés du pays en mars.

Soldats soviets à Cracovie en janvier 1945

Un nouveau gouvernement

Le 23 juillet 1944, un Comité de libération nationale polonais (PKWN : Polski Komitet Wyzwolenia Narodowego en polonais) se met en place sous le contrôle des soviétiques . Cette organisation dominée par les communistes du Parti ouvrier polonais, fait office de gouvernement provisoire jusqu'à décembre 1944. Le PKWN veut former un gouvernement légitime, lutter contre le nazisme, nationaliser les industries ou encore installer le pouvoir à Lublin.

Le comité fut rejoint par le Gouvernement polonais en exil dont le chef était Stanislaw Mikolajczyk.

Le 31 décembre 1944, le PKWN est dissous et est remplacé par le Gouvernement provisoire de la République de Pologne, dont le premier ministre est Edward Osobka-Morawski.

Les Occidentaux refusent de reconnaître ce gouvernement car ils estiment qu’il y a un problème de représentativité. Les gouvernements polonais de Londres et de Lublin se réconcilient et en juin 1945, une alliance entre les puissances forme un gouvernement polonais d'unité nationale. Le mois suivant, ce gouvernement est officiellement reconnu par les puissances britannique et américaine.Au début de l'année 1945, à la conférence de Yalta, les dirigeants obtiennent des Soviétiques l'assurance de la mise en place «d'élections libres et sans contraintes ».

Même si Staline ne souhaite pas dissoudre le gouvernement de Lublin ni instaurer de réelles élections libres, il réaménagera l'équipe de Lublin en y ajoutant quelques membres polonais.

Lieux de mémoire et hommages à Cracovie

En hommage à la population juive présente dans le ghetto de Cracovie, sa liquidation, aux déportations et aux fusillades sur le plac Zgody (place de la Concorde, aujourd'hui place des Héros du ghetto), un moment commémoratif a été construit sur cette place. Des chaises métalliques vides à échelle humaine ont été placées et cette œuvre a été inaugurée officiellement en décembre 2005. Ce monument représente les rues du ghetto après sa liquidation avec les biens et les meubles abandonnés.

Place des Héros du ghetto

En hommage aux enseignants déportés de l'université Jagellonne, le 6 novembre 2009, les représentants des géographes polonais ont déposé des fleurs sur la place du marché.

Conclusion

Pour conclure, la  rapide défaite des polonais entraîna une dure et longue occupation allemande. Les civils ont subi des restrictions et des persécutions notamment les intellectuels. Malgré le fait que les nazis aient eu l'ambition de  faire de Cracovie une ville allemande, des mouvements de résistance se sont mis en place à tous les niveaux. On peut dire que si  la ville de Cracovie est restée intacte de l'extérieur (bâtiments...) mais elle fut  très durement occupée et surtout marquée émotionnellement.

C'est une ville protégée par l'Unesco depuis 1978, le centre historique de Cracovie est inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

Sources

http://www.geo.uj.edu.pl/opracowania/historia/17_lata_proby.htm

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Cracovie

- http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.ushmm.org%2Flcmedia%2Fphoto%2Flc%2Fimage%2F01%2F01594.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.ushmm.org%2Fwlc%2Ffr%2Farticle.php%3FModuleId%3D26&h=345&w=242&tbnid=SOANQA6rpBLuGM%3A&zoom=1&q=cracovie%201945%20drapeau%20chateau&docid=IP-cjgkqeSLNeM&ei=L59CU4ShBsva0QWOyoGoCQ&tbm=isch&client=firefox-a&iact=rc&dur=4121&page=1&start=0&ndsp=21&ved=0CFgQrQMwAA

- http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2Fthumb%2F2%2F21%2FGerman_troops_parade_through_Warsaw%2C_Poland%2C_09-1939_-_NARA_-_559369.tif%2Flossy-page1-220px-German_troops_parade_through_Warsaw%2C_Poland%2C_09-1939_-_NARA_-_559369.tif.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FWehrmacht&h=206&w=220&tbnid=JyJRzvKMeE79LM%3A&zoom=1&q=d%C3%A9fil%C3%A9%20arm%C3%A9e%20allemande%201945&docid=ZJsLIAisTN8qyM&ei=jZ9CU5vDH-iJ0AWQ9YDIBA&tbm=isch&client=firefox-a&iact=rc&dur=291&page=1&start=0&ndsp=16&ved=0CHoQrQMwDA

Auteurs

Margot Buzaré,Valentin Clémot et Simon Audusseau, 1ère ESa.avril 2014

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