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"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

L'internement tzigane : le camp de Montreuil Bellay

Publié le jeudi 20 mars 2014 18:35 - Mis à jour le mercredi 23 avril 2014 19:00

 

Le peuple tzigane est un peuple de nomades qui a été placé sous surveillance dès 1939 par le gouvernement français de la III République puis à partir de 1940 par le gouvernement de Vichy et les allemands. Soupçonnés d'espionnage en 1939 au profit du Reich Allemand du fait de leur langue et de leurs nombreux déplacements, les tziganes sont étroitement surveillés. Ils sont tout d'abord assignés à domicile avec l'interdiction d'exercer quelques professions ambulantes puis arrivent les premières mesures d'internement.

Suite à la politique des nazis, les tsiganes vivant en Allemagne ou  dans l'Europe balkanique connaitront la déportation et l'extermination .

Les tsiganes vivant en  France connaitront principalement l'internement  comme  dans le camp de Montreuil Bellay, le plus grand camp d'internement des tsiganes de France. C'est pourquoi aujourd'hui plusieurs associations perpétuent la mémoire tzigane.

       

          Montreuil Bellay est le premier et plus grand camp d'internement tzigane de France .   Dans un premier temps, nous présenterons cette communauté nomade surveillée. Puis, dans un second temps, nous parlerons du camp de Montreuil Bellay,  camp d'internement tzigane et de son fonctionnement.. Enfin dans un troisième temps, nous aborderons la mémoire des tziganes à travers les différentes associations

 

 I/Les tziganes, une communauté surveillée par le gouvernement français puis par le gouvernement de Vichy et par les allemands.

Les tziganes sont des nomades aussi connus sous le nom de gitans, roms ou encore de bohémiens.Au début de la seconde guerre mondiale, les tziganes étaient étroitement surveillés par le gouvernement français. Celui ci craignait que des gens qui voyagent sans cesse soit des espions et divulguent des informations a l'Allemagne ou a ses alliés. La surveillance s'intensifie avec le gouvernement de Vichy et  l'occupation nazie et elle s'accompagne de mesures d'internements.

Bien qu'elle soit moins connue que celui des juifs, la persécution tzigane a fait de nombreuses victimes. Sur près d'un million de tziganes recensés en Europe, un quart sera massacré par les nazis dont  plus de 3 000  tués à Auschwitz en aôut 1944. Mais les tziganes vivant en Anjou connaissent un autre sort.

Le 22 novembre 1940, une ordonnance allemande interdit les professions ambulantes dans la plupart des régions occupées. Ils sont ensuite assignés à résidence avant d'être enfermés à Montreuil Bellay.

                                                                                                                                                       

  • @Archives Départementales du Maine et Loire

 II/Montreuil Bellay, le plus grand camp d'internement tzigane de France

Il faut savoir que  le camp de Montreuil Bellay a été construit avant l'arrivée des nazis par le gouvernement français. C'est en 1940, que le camp est construit par des républicains espagnols, qui y seront par la suite prisonniers. Avant d’être un camp d'internement, c'est tout d'abord en tant que réserve de poudrerie de l'armée française que le bâtiment est utilisé. Il est ensuite réquisitionné par les nazis en camp de prisonniers de soldat français avant de devenir lieu d'internement pour les Tziganes. Un camp géré par le gouvernement français et surveillé par la gendarmerie française.Le camp se situe à environ 15 kilomètres de Saumur, aujourd'hui, le camp n'est plus qu'un champ de ruines. Le camp de Montreuil Bellay est le plus grand camp d'internement nomade en France.

                                                                                                                                                                                         

La vie au camp est très difficile, les gens sont logés dans des conditions de vie et d'hygiène désastreuses. Heureusement, certaines œuvres charitables comme la Croix Rouge, les religieuses, des médecins, un prêtre: Mr JOLLEC ou encore un instituteur sont autorisés à rentrer dans le camp et tentent d’améliorer la vie à Montreuil Bellay.

                                                                                                                                                   

 

La mortalité est plus que présente et frappe les plus faibles; les enfants et les personnes âgées plus particulièrement durant l'hiver 1942, ou une trentaine d'enfants, vieillards et personnes sans abris décèdent en raison des conditions climatiques extrêmement rudes.

L'administration publique se charge des approvisionnements, comme par exemple des provisions de bois pour l'hiver, un ballon pour les enfants, des sabots ou encore des vêtements. Elle met également en place des activités pour certaines occasions comme Noël avec le sapin et quelques cadeaux ( souvent de la nourriture qu'ils n'ont pas l'habitude de manger comme de la viande.) pour essayer d’améliorer la vie à l’intérieur du camp.

Le camp comportait deux parties distinctes : des baraques  en  planches sur pilotis  pour le logement des internés ; des bâtiments en maçonnerie pour les cuisines, le réfectoire, les écoles, la chapelle, etc. Il y faisait très chaud l’été et très froid l’hiver, l’ensemble étant construit sur une plaine exposée et sans végétation. Seules les écoles et la chapelle étaient régulièrement chauffées. La prison était souterraine, cave d’une ferme qui avait brûlé au début du siècle.

 

                                                                                                                                                  

 

En septembre 1943, la direction du camp de Montreuil Bellay change, le directeur est arrêté par la Gestapo pour fait de résistance. A partir de cette période, des familles de détenus peuvent demander leur libération. Ils doivent cependant remplir certaines conditions pour l'obtenir : justifier d'un logement fixe ainsi que d'un salaire. Beaucoup de personnes tentent cette démarche et les effectifs du camp se réduisent considérablement passant de 1100 détenus en 1942 à 424 en novembre 1943.

Dans le camp de Montreuil Bellay, énormément de tziganes belges étaient internés. Lorsque ceux-ci obtiennent leurs libération, beaucoup tentent de se rendre dans leur pays d'origine. Mais les allemands arrêtent tous les tziganes en Belgique à partir de novembre 1943. Un certain nombre de belges du camp de Montreuil se font donc arrêter et déporter a Auschwitz par le convoi « Z ». Une dizaine seulement survivra à cette rafle. La majorité sera gazée dans la nuit du 2 au 3 août 1945 avec tous les tziganes présents a Auschwitz.

 

 III/La mémoire des Tziganes : une mémoire oubliée

 

Le camp de Montreuil Bellay est le plus grand camp d'internement tziganes .Cet internement des tsiganes vivant en France tout comme le génocide pour  les tziganes vivant en Allemagne ou en Europe de l'est  sont souvent peu connus de tous. Le camp de Montreuil Bellay n'existe plus, il n'y a plus que des ruines et plus personne ou presque  n'en a parlé pendant des décennies.Bien que le sort de cette population soit bien moins connu que celui des juifs, il n'en est pas moins important. Beaucoup de tziganes on été persécutés or nous n'avons pas beaucoup de témoignages de ce moment de l'Histoire.

Après la guerre, le camp est oublié de tous, la plupart des habitants de Montreuil ne savent pas ce qui s'est passé. C'est le cas de Jacques SIGOT, instituteur à Montreuil.C'est en passant devant les ruines de ce camp en 1980 qu'un ami lui apprend que ces ruines étaient autre fois un camp d'internement. Il commence alors des recherches sur ce camp. Au cours de son travail, il retrouve beaucoup de gens ayant connu la vie au camp. Anciens détenus, gardiens, infirmières, religieuses, gendarme, instituteurs etc...Il sort son premier ouvrage de recherches en 1983.

Alors que les derniers témoins vont bientôt disparaître, des associations font tout pour faire reconnaître le génocide tzigane. c'est le cas de l'AMCT (amis de la mémoire du camp tzigane de Montreuil Bellay). Leur but est de protéger les ruines restantes du camp. Une partie de ces ruines a déjà été détruite pour la construction d'un rond point.

 

Le 16 janvier 1988, une stèle commémorative est installée juste à coté des ruines de la prison. 

En juillet 2010, les ruines du camp deviennent un monument historique.

Le 28 avril 2012, une cérémonie en la mémoire des Tziganes est organisée avec deux témoins: Jean Louis BAUER et Jean RICHARD, deux anciens détenus

 

 

Malgré le peu de témoignages que nous ayons, ainsi que le peu de sources historiques , l'internement tzigane fait partie intégrante de notre Histoire, et il est important de ne pas l'oublier. C'est pour cela que des monuments sont édifiés et des cérémonies organisées, en mémoire des Tziganes.

Sources :

Archives Départementales du Maine et Loire

Le site de l'AMCT: memoire.du.camp.free.fr/page13.html

site de MR Jacques SIGOT: jacques-sigot.blogspot.fr/

Wikipédia, Montreuil Bellay: fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Montreuil-Bellay

camp-montreuil-bellay.eklablog.com/historique-du-camp-1940-1946-c500396

Auteurs

GARNIER Margaux, BESSON Alexandre et HUBERT Alice.1ère Esa. avril 2014

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