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"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

La Libération d'Angers par les troupes américaines.

Publié le mardi 8 avril 2014 11:18 - Mis à jour le mardi 22 avril 2014 21:44

La Libération d'Angers par les troupes américaines

 

Du 19 au 21 juin 1940, il n’a fallu que trois jours à l'armée allemande pour se rendre maître du département de Maine-et-Loire. Angers est déclarée « ville ouverte » le 19 Juin. Conscientes de l'intérêt stratégique du territoire angevin, l'armée et l'administration allemandes en font le siège de l’administration militaire de l'Ouest.

 

 

 

Du 19 au 21 juin 1940, il n’a fallu que trois jours à l'armée allemande pour se rendre maître du département de Maine-et-Loire. Angers est déclarée « ville ouverte » le 19 Juin. Conscientes de l'intérêt stratégique du territoire angevin, l'armée et l'administration allemandes en font le siège de l’administration militaire de l'Ouest.

Défilé des troupes allemandes rue Eblé à Angers (source : ADML)

Après quatre années d’occupation, la reconquête du territoire angevin a lieu deux mois à peine après le débarquement des alliés en Normandie, entre le 6 et 10 août 1944. En effet, le 6 Juin 1944 les Alliés ont débarqué sur les côtes Normandes (Omaha Beach, Utah Beach pour les Américains, Juno Beach pour les Canadiens, Sword et Gold pour les Britanniques). Il s'en suit 90 jours de combats à travers la Normandie. Les Alliés libérèrent progressivement la région ce qui leurs permit d'avancer vers le sud et l'ouest.

Soldats américains à proximité d'Angers (source : ADML)

 

Le 31 Juillet 1944 après la prise de Rennes, le général Patton désigne Angers comme objectif à sa 5e division d'infanterie. En effet, Angers se situe près de la Loire et du centre d'administration militaire allemande du Sud-Ouest, c'est donc un lieu important au niveau stratégique.

Trajet suivi par Patton et son armée depuis la France jusqu'en Belgique.

 

Il emprunte ce qui deviendra la Voie de la Liberté et qui le conduira de Cherbourg en Normandie jusqu’en Belgique à Bastogne.

Borne de la voie de la liberté à Angers

 

Début Août 1944, la 5e division d'infanterie arrive en Anjou dans la nuit du 4 au 5 août par Pouancé et Segré. L'avant garde américaine s'est installée à Saint-Jean-de-Linières. Pour prendre la ville d’Angers, il faut traverser la Maine. Tous les ponts sont tenus par les positions allemandes.

La Résistance angevine va alors jouer un rôle essentiel. Le 6 Août, le lieutenant-colonel Eynaud du Faÿ, commandant l'ensemble de la résistance militaire de la région d'Angers, a mis en place un plan de jonction des résistants avec les troupes américaines. Plusieurs jeunes Angevins jouent un rôle important en tant qu'informateurs afin de les renseigner sur les troupes ennemies à Angers et autour de la ville.

Louis Bordier, un résistant allié conduit les troupes américaines à Pruniers et les convainc de passer par le pont. Les Américains contournent la ville par le Sud pour prendre à revers les forces allemandes. Au soir du 8 Août ils ont pris possession du pont de Pruniers (voir article sur le pont de Pruniers) et le lendemain, parviennent à franchir la Maine.

Au même moment, plusieurs autres unités avancent par la Meignanne et Avrillé, où des engagements se déroulent au long des journées des 8 et 9 août.

Les Américains sur la route de La Meignanne. Coll. Courrier de l'Ouest.

  • Plaque Avrillé

D’après Le Courrier de l'Ouest des 23 et 24 septembre 1944 : "Beaucoup d'Angevins se sont demandés avec juste raison comment les Allemands, lors de l'attaque d'Angers par l'armée américaine, le 8 août dernier, n'avaient pu réussir à faire sauter le petit pont du chemin de fer de Pruniers, sur la Maine. La raison en est très simple : c'est que les Américains furent admirablement renseignés par un jeune Français, Louis Bordier, qui vint, le 8 août 1944, à 10 km à l'ouest d'Angers, se mettre à leur disposition".

Cela permet également à Angers d'éviter de lourdes destructions. En effet, les renseignements fournis par les résistants permettent d'éviter le bombardement d'Angers initialement prévu par par les Alliés, pour anéantir les forces Allemandes concentrées dans la ville.

Cependant, les Allemands ripostent avec vigueur sur la commune de Sainte-Gemmes. Mais les Américains ont misé sur leur artillerie postée sur Pruniers qui bombarde les observatoires et nids de résistance, sur les indications de Louis Bordier. La tour de la Baumette s'écroule vers midi à Angers. A la fin de la journée la ligne allemande tient toujours. Ils mettent en place une stratégie leur permettant de ne pas se faire encercler par les Américains. Les Allemands font alors sauter le pont du chemin de fer de Segré au Nord de la ville. D'autres violents combats se déroulent sur la rive droite de la Maine pour la prise de la Doutre, protégée par une tranchée anti-char.

Pont provisoire sur le pont de Verdun, vu depuis la rue Beaurepaire. Coll. Y. Duplan.

 

La nuit du 9 au 10 août est particulièrement pénible pour les Angevins. Les Allemands poursuivent la lutte pendant une partie de la nuit sur la rive droite de la Maine. Une débauche de balles traçantes et incendiaires allume de nombreux incendies dans la campagne. Cependant, leur position devenant intenable depuis que les Américains ont franchi la Maine au sud d'Angers, ils se replient sur la rive gauche et vers quatre heures du matin font sauter les trois ponts sur la Maine.

A l'aube du 10 août, la Doutre est pratiquement libérée, mais les Allemands battent encore la rive à l'aide de mitrailleuses lourdes et l'accès à la rive gauche de la Maine est toujours interdit. Au sud, les Américains s'emploient à déloger l'occupant retranché sur la voie ferrée, à la Baumette et au polygone du Génie. Enfin, vers 14 heures, des Américains et des FFI franchissent la Maine sur des barques face à l'usine électrique. En début d'après-midi, les Américains chassent les Allemands retranchés sur une la voie ferrée.

Vers 17 heures, les Allemands se replient laissant le pont de la basse-chaîne libre pour les Américains. Ceux-ci arrivent donc par le pont mais aussi la gare et le sud. Vers 19h, Angers est libérée et les drapeaux sont hissés de toutes parts. Au même moment, Michel Debré (Jacquier dans la clandestinité) se présente à la préfecture et prend le pouvoir en tant que commissaire de la République. Les affiches préparées depuis le 8 août avec Michel Fourré-Cormeray et le Comité départemental de Libération sont placardées. Elles annoncent à tous la victoire, le rétablissement de la République et l'abrogation des lois de Vichy.

Grâce aux résistants angevins, les Américains ont gagné du temps sur le calendrier prévu pour la libération d'Angers. Les jours suivants, les troupes américaines continuent leur progression le long de la Loire. Mais ils ont reçu pour mission de ne pas la traverser. Il faut attendre l'ordre de repli général donné par Hitler le 29 août pour que le sud de l'Anjou soit libéré.

 

Bibliographie :

http://www.archives49.fr/histoire-de-lanjou/pages-choisies/1944-lanjou-libere/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Voie_de_la_Libert%C3%A9

http://www.ouest-france.fr/il-y-68-ans-la-liberation-dangers-en-images-journee-du-10-aout-328484

http://www.39-45.org/viewtopic.php?f=33&t=27638

http://www.dday-overlord.com/

Article rédigé par NEIL Lucie, GHOULI-BERNARD Jasmine, VIEU Alice 1ère ES/L.Avril 2014

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