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"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

La répression de la résistance à Angers

Publié le vendredi 4 avril 2014 15:12 - Mis à jour le jeudi 24 avril 2014 23:52

Résumé: Angers, capitale allemande de 17 départements du grand Ouest est un grand centre pour la répression. Les chefs locaux mènent avec zèle une répression impitoyable.

Introduction: La seconde guerre mondiale est une période noire de notre histoire. Tant par les atrocités commises, que par les combats acharnés et d'une violence inouïe. Ainsi la quasi-totalité de l'Europe soumise à la coupe Allemande durant quatre longues années.

Angers, capitale allemande de 17 départements du grand Ouest, ne déroge pas à la règle, elle est le théâtre d'une répression impitoyable et sanglante de la résistance sous l'Occupation Nazie.

On se pose alors la question de savoir comment se déroule la domination à Angers, et quels sont les actions de la résistance.

Dans une première partie nous étudierons les années noires de la ville d'Angers sous la domination Nazie. Puis nous verrons dans une seconde partie les actions menées par la résistance et leurs enjeu et enfin comment Angers se souvient.

 

Sources : Archives Départementales du Maine et Loire

I/Angers, les années noires sous la domination Allemande.

A. Angers, troisième ville de province pour l'armée Allemande.

Au début de l'année 1940, la France occupée est divisée en 8 secteurs : Paris dirige la zone centrale, Dijon s'occupe de la zone Est et Angers gère la zone de l'Ouest et regroupe des états-majors, des tribunaux militaires, .... . Au début, c'est l'abwehr ( service secret militaire ) qui fait régner l'ordre à Angers et qui dirige la répression contre la résistance. L'abwehr sera finalement remplacée par la Gestapo ( la police secrète de l'Etat ) en juin 1942.

B.Angers, ville de regroupement et de transit.

 

Tous les résistants du secteur Ouest sont jugés et condamnés à Angers. Il y avait une répression impitoyable de la part des Nazis qui se trouvaient en très grand nombre à Angers. Ils étouffaient toute révolte, et sanctionnaient le moindre faux pas. Cette répression durera 4 longues années .

Les juifs du grand Ouest y sont aussi regroupés. Les déportations de l'Ouest  partaient d'Angers. C'est le cas du convoi N°8 en juillet 1942 où se trouvait Henri Borlant , seul convoi  de province parti directement pour Auschwitz. Par ailleurs, Montreuil- Bellay dans le sud du département est le plus grand camp d’internement pour les tsiganes en France.

II/ La résistance Angevine donne la priorité aux renseignements et de la contre-propagande.

A. Les actions de la Résistance 

Angers était une  capitale provinciale Allemande donc les Allemands étaient présents en masse, environ 6000.

Plusieurs types d'actions étaient menées par  les résistants, majoritairement des actes non-violents. Leur principale activité était la recherche d'informations dans une ville avec de nombreux états-majors ou services allemands. Ces précieux renseignements étaient ensuite transmis aux alliés ( réseau « Honneur et Patrie » , CND Castille,…). Les résistants faisaient aussi de la contre –propagande ( journaux, tracts,…).

Archives Départementales du Maine et Loire

Il arrivait aussi qu'ils soustraient de la nourriture pendant le ravitaillement. Pour finir, les résistants les plus expérimentés s'occupaient de former les plus jeunes pour assurer une préparation militaire dans l’attente du débarquement allié.

Clément Quentin est l'un de ses nombreux résistants français. Il est né en 1920 au Fuilet près de Cholet. Il s'engage en 1940 dans le mouvement de résistance « Libération Nord » en rencontrant Eugène Baudoin car il ne supporte plus l'occupation Allemande. Il respecte la liberté, l'égalité et la fraternité. Il était chargé dans le cadre du réseau Cohors Asturies de la Basse Loire, de recruter et former les agents ainsi que de rapporter des informations. Arrêté un soir chez ses parents il est enmené par Ernst Wolf, chef de la gestapo angevine et 12 autres hommes à la prison du Pré-Pigeon où il sera au secret pendant toute sa détention à Angers (plus d'un mois). Il est interrogé le 6 mai 1944 par Ernst  et Wolf son adjoint. Il sera torturé.

Clément Quentin

  • Photographie de Clément Quentin (Archives Familiales)

Lien vers le panneau biographique sur Clément Quentin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Bergson

B. La police allemande impitoyable face à la résistance.

jacques vasseur.

  • Jacques Vasseur, ancien responsable des gestapistes français de Nantes et Angers, au moment de son arrestation en 1960. Collection Dominique Bloyet. Journaliste à Presse-Océan.
  • http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Un-traitre-tres-zele-_-824736_actu.Htm

La répression de la résistance fut très violente, comme partout en France et dans les pays occupés. En effet, des actes de tortures et nombreuses exécutions ont été perpetuées par les nazis. Vasseur est l'un des principaux protagonistes de cette horreur. D'origine Française, Jacques Vasseur devient chef du service des agents auxiliaires de la Gestapo d'Angers en 1943.Ainsi il va alors être l'auteur de nombreuses arrestations, d'actes de tortures et d'infiltrations de réseaux de résistance durant l'occupation Allemande. Voyant la défaite de l'Allemagne se profiler, il  fuit en Août 1944. Il incarne le chef « zelé » et efficace qui a engendré la décapitation rapide de la résistance angevine en particulier durant l'année 1943.

Des lieux de tortures encore existants dans la région nous sont familiers, comme par exemple le cas de la prison de Pré-Pigeon . C'est aussi le lieu où l'on enfermait les captifs en attente d'une déportation, d'un jugement ou d'une condamnation.

La répression de la résistance a aussi été le fait des services du gouvernement de Vichy.

prison de pré-pigeon

  • Photographie d'Angersmag.info

 plaque prison Angers

La butte Saint-Nicolas à Belle-Beille  sera le lieu d’une quarantaine  d'exécutions. Ces lieux sont maintenant des lieux de mémoire.

 

cliquer sur la photographie l'agrandir Photographies M.Cochennec

 

III)  Angers se souvient.
La répression terrible des Nazis a laissé de nombreuses traces tant dans les mémoires que dans la ville. Ainsi, il existe encore une plaque commémorative dans la rue de la Préfecture près de la gare.

Cette rue est le symbole de la Gestapo angevine puisque c'est ici que se trouvait le centre de répression allemande. Plusieurs dizaines de résistants y ont été torturés après avoir été emprisonnés dans ces locaux. Vasseur, qui a été l'un des piliers de cette répression et qui a  torturé des centaines de personnes fut arrêté le 21 novembre 1962 après s'être caché durant 17 années dans le grenier de sa mère. Il est jugé par la Cour de Sureté et condamné à mort le 18 octobre 1965 après que 194 victimes aient témoigné contre lui. Mais finalement Charles De Gaulle le graciera, ce qui provoquera la colère et l'incompréhension de nombreuses personnes.

Pour conclure, nous pouvons dire qu'Angers est la plaque tournante du secteur Ouest, pour la répression. De plus, c'est de la ville d'Angers que sont coordonnées les rafles des juifs dans le cadre de la solution finale. Pour la résistance,leurs principales actions étaient le renseignement et la contre-propagande.

Angers n'oubliera pas. Il restera toujours gravé, aussi bien dans la ville avec des lieux de mémoire, que dans les esprits, les terribles souffrances engendrées par l'idéologie Nazie.

 

Lien vers le panneau biographique sur Etienne Poitevin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson.

Lien vers le panneau biographique sur Clément Quentin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Jacques Chupin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Sources : Archives Départementales du Maine et Loire

Auteurs : Clément Chevalier, Laura Baranger et  Yoann Loré. Avril 2014

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