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"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Le bouleversant destin d'une famille juive à Saint Lambert du Lattay pendant la seconde guerre mondiale.

Publié le mardi 18 mars 2014 15:55 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 10:53

Le bouleversant destin d'une famille juive à Saint Lambert du Lattay pendant la seconde guerre mondiale.

 

Dans cet article, vous allez découvrir le destin d'une famille juive parisienne, la famille Borlant, obligée de quitter la capitale en 1939 suite à la déclaration de guerre. Ils sont dirigés vers l'Anjou et plus particulièrement à Saint Lambert du Lattay. Là une solidarité va se mettre en place pour aider  cette famille. Malgré cela quatre des membres de la famille seront déportés vers le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz en juillet 1942. Le souvenir des trois déportés morts en déportation reste aujourd'hui gravé pour toujours à Saint Lambert du Lattay sur la plaque du monument aux morts du cimetière.

A) D'un quartier populaire parisien à la douceur rurale de l'Anjou

Août 1939: la mairie du 13ème arrondissement de Paris décide de l'évacuation des familles issues des milieux populaires vers la province, pour cause de guerre imminente. Pour le 13ème arrondissement c'est le Maine et Loire qui est choisi. En août 1939 Mme Borlant (alors enceinte) et six de ses enfants partent donc en train pour Angers. Arrivés sur place les autorités veulent les séparer mais Mme Borlant s'y oppose fermement. La famille est alors conduite à Saint Lambert du Lattay, un petit village de 2122 habitants au cœur de l'Anjou. C'est 9 rue du pont Barré, dans un local appartenant à Mme Saudreau, que Mme Borlant et sa famille seront logés de 1939 à 1940 (voir photo ci-dessous).

Dès leur arrivée, une solidarité s'installe. Mme Borlant, enceinte, accouche dans la nuit de leur arrivée. Les habitants apportent donc leur soutien et des vivres pour aider cette dernière et ses enfants. La famille s'intègre très vite, les enfants sont scolarisés à l'école catholique du village et baptisés. Ils pratiquent de nombreuses activités dans ce village ; l'adaptation de la vie à la campagne n'est pas difficile. L'été ils participent aux vendanges. En juin 1940: M. Borlant et un de ses enfants, resté avec lui à Paris, rejoignent Saint Lambert. En juillet 1942, alors que la répression juive s’intensifie, Denise, Bernard, Henri et Mme Borlant sont arrêtés (personnes entre 16 et 50 ans). Après quelques jours Mme Borlant revient à Saint Lambert et son mari est emmené à sa place.Tous les quatre sont alors internés au grand séminaire d'Angers puis rejoignent directement le camp d'Auschwitz par le convoi n°8, avec à son bord 827 passagers.

  • Henri Borlant. Cérémonie commémorative au grand séminaire. juillet 2012

B) La solidarité mise en place dans le village pour aider une famille juive

Pendant que la persécution et les arrestations se multiplient  partout en Europe, une solidarité s'installe à Saint Lambert de Lattay pour aider et protéger la famille. Tout d'abord, M. Baudet, un gendarme prévient Mme Borlant que les Allemands vont venir les chercher et que par conséquent, il faut fuir au plus vite. Ensuite M. Français, le maire du village et Mme Aubry, secrétaire de la mairie, leur fournissent de faux papiers. M. Barthélémy, un épicier ainsi que Mme Béliard, une guérisseuse, donnent

leurs économies et quelques vivres. Pour finir Jacques Blanchard, un négociant en vin va les aider à s'enfuir, le 20 novembre 1943. Avec sa camionnette, il les conduit, en cachette, à Champtocé sur Loire où ils vivront clandestinement  avant de retourner à Paris.

  • Rapport de gendarmerie sur la fuite de la famille Borlant@Archives Départementales du Maine et Loire

C) Saint Lambert du Lattay, un lieu de mémoire

Aujourd'hui le souvenir de cette famille est encore présent à Saint Lambert du Lattay. En effet une plaque commémorative située dans le cimetière du village est dédiée aux trois membres de la famille, déportés et gazés durant la seconde guerre mondiale (Denise, Bernard et Aaron Borlant). Sur cette plaque figurent aussi les noms des soldats tués durant les deux guerres mondiales. Cela nous montre que cette famille était considérée comme des habitants à part entière du village.

 

  • Photo avec Henri Borlant. @" il faudra raconter" frères Cling.2005.

Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

sources:

http://www.saintlambertdulattay.fr/internet/index.php

Autobiographie de Henri Borlant "Merci d'avoir survécu".Edition du Seuil.2011.

DVD "Témoins de la nuit"du conseil général du Maine et Loire

Site des Archives Départementales du Maine et Loire

Google Maps

Auteurs :

Couraud Marina, Delamotte Clarisse et Gilbert Samuel 1ère ESa. Avril 2014.

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