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Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Le Monument aux fusillés de Belle-Beille, la prison d'Angers et la prison-abbaye de Fontevraud

Publié le mercredi 26 mars 2014 20:36 - Mis à jour le mardi 29 avril 2014 13:57

La Seconde Guerre Mondiale a été un traumatisme pour tous, le bilan catastrophique de 50 millions de morts a marqué le monde entier. C’est pourquoi, à la suite de cette période, des monuments, des plaques commémoratives, des cérémonies et autres moyens ont été instaurés pour rendre hommage aux nombreuses victimes, et particulièrement aux résistants qui se sont battus jusqu’au bout pour lutter contre l’occupant Allemand. C’est dans cette optique qu’Angers a inauguré le monument à la mémoire des fusillés de Belle-Beille, et les plaques commémoratives pour la prison de Pré-Pigeon à Angers et celle de Fontevraud.

 

I) Angers rend hommage aux résistants fusillés ou déportés

cliquer sur la photographie pour l'agrandir

Photographies M. Cochennec

Ce monument a été inauguré le 28 septembre 1952. « Le monument à la mémoire des fusillés de la Résistance » a été réalisé par René Guilleux à la demande de résistants angevins ayant survécu. Grâce à ce monument, il existe une « tombe » pour les angevins résistants déportés dans les camps de la mort. Les personnes qui ont permis l’édification de ce monument ont apporté de la terre provenant du camp de concentration de Rawa-Ruska en Pologne.

Belle-Beille a été choisi comme site car entre le 21 février et le 7 juin 1944, une quarantaine d’hommes et femmes venant de la prison de Pré-Pigeon ont été fusillés pour acte de résistance. Ceux qui n’ont pas subi cette exécution ont été tués sous la torture ou déportés.

Tous les ans, chaque dernier dimanche d’avril, les autorités, des associations et des citoyens se recueillent auprès de ce monument en hommage à nos compatriotes assassinés pour avoir lutter contre l’Allemande nazie.

Une cérémonie d'hommage en présence de Monsieur le préfet

 

 

II) Les messages émouvants laissés par les prisonniers de Pré -Pigeon pour témoigner

 

La prison d'Angers

 

La prison de Pré-Pigeon à Angers comptait 203 cellules sous l’occupation Allemande. Dans chacune

d'elle étaient enfermés jusqu’à 4 prisonniers lors des arrestations de 1943 et de 1944. Autant dire que les

conditions de vie y étaient invivables. Les cellules prévues pour les condamnés à mort se situaient au

rez-de-chaussée.Cette prison était un lieu idéal pour la surveillance puisqu’elle possédait un pan-optic

mais également pour la torture car elle possédait des salles pour ce genre de pratique. On a pu retrouver

des traces des atrocités commises à travers les matraques en bois complètement éclatées et les

innombrables projections de sang sur les murs. Les tortures et interrogations étaient également faites rue

de la Préfecture, au siège de la Gestapo.

Dans de nombreuses prisons, des messages de prisonniers écrits sur les murs des cellules lors l’occupation Allemande ont pu être retranscris dans les archives. En effet, le 12 janvier 1945 et le 8 février 1945, le Ministère des Prisonniers et le Ministre de l’intérieur ont voulu recenser les inscriptions des prisons de France durant l’occupation allemande et ont demandé à chaque responsable des établissements de laisser les lieux intacts.

Ces opérations ont dans l’ensemble été un succès puisqu’elles ont permis de retrouver des messages, même si certaines prisons ont été nettoyées avant que les messages ne soient retranscrits et  certains allemands ont brûlé leurs archives avant leur départ.

Il y avait donc de nombreux messages émouvants qui s’adressaient pour les plus jeunes à l'entourage et la famille: « Maman, Juliette, Nicole, ce sont les êtres que j’ai de plus cher au monde ». A sa femme et ses enfants pour les plus vieux « Suzanne ma femme chérie, si tu as un enfant donne-lui mon nom en souvenir de moi (Alain Foussard) » « que vont-ils faire de moi ?...mes pauvres parents, je pense à vous, quelle joie quand nous nous reverrons » (Jean Dupré, 16ans),« Martine, chaque seconde passée sans toi me rapproche de la mort » (René Joinau). Comme nous pouvons le voir, les prisonniers ne passaient un instant sans penser à leurs proches. Ces messages étaient les plus nombreux.

D'autres messages s’adressaient à Dieu, nous pouvons donc dire que les prisonniers restaient croyants en ces moments difficiles.

Certains détenus écrivaient quelques mots aux Allemands : « Ici, des hommes aux ventres creux sont gardés par des êtres aux cerveaux vides ». Ils éprouvaient beaucoup de haine envers leurs gardiens et le régime Hitlérien.

Il y avait également des messages qui résumaient la vie la prison « …un an que je suis en prison…et même pas encore jugé et suis transféré en Allemagne » (José Corominos). Le temps leur paraissait très long.

Nous pouvons ajouter que certaines inscriptions évoquaient la mort, la paix, le patriotisme, la faim. Quelques prisonniers écrivaient des adieux car ils savaient qu’ils allaient mourir tandis que d’autres continuer d’espérer.

Les messages étaient donc très variés mais chacun d’entre eux a permis de connaître les dernières 

pensées des prisonniers. 

La plaque qui rend hommage aux nombreuses victimes

 

 

III) La Prison de Fontevraud, une étape pour les résistants communistes

Source :http://dictionnaireordremonastiquedefontevraud.wordpress.com/labbaye-royale-de-fontevraud-2/

 

 

La prison a été installée dans l’Abbaye, à la suite de la suppression des bagnes coloniaux. Dans ce lieu

ont été internés des résistants. La vie quotidienne y était dure : il y avait des travaux obligatoires, le

personnel carcéral était sévère, les punitions étaient difficiles et la nourriture ainsi que l’hygiène n’étaient

pas très sains.Dans cette Abbaye se trouvent des tableaux qui recensent la venue de 398 détenus politiques.  En face de chaque nom sont indiqués la date et le lieu de naissance, la profession, l’adresse, la date de condamnation, la peine infligée, les dates d’arrivée et de départ des détenus. Les résistants qui y étaient internés étaient tous communistes, à l’exception d’un homme : Paul Collette.

La plupart du temps, après avoir été incarcéré, les résistants étaient envoyés dans les camps de concentration. Cependant, certains d’entre eux sont morts, dont 14 de mauvais traitements et 10 fusillés.

Remerciements à M. Roger Poitevin pour son livre Abbaye-Bagne de Fontevraud, 1940-1944, des Résistants dans une ancienne abbaye paru en 2009 aux éditions AFMD dont sont extraites nos informations.

Tout au long de ce travail, nous avons étudié des lieux d’exécutions ou d’emprisonnement. Mais ils ne sont pas les seuls existants, comme nous le prouve la gare d’Angers ou a également été  inaugurée une plaque à la mémoire des déportés. Nous pouvons donc conclure en disant que la France met tout en œuvre pour se souvenir des nombreuses victimes. Par conséquent, il est important d’effectuer ce travail de mémoire pour ne pas oublier ce qu’il s’est passé et pour pouvoir continuer à transmettre l’Histoire aux générations futures.

La plaque de la gare d'Angers

Lien vers le panneau biographique sur Etienne Poitevin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson.

Lien vers le panneau biographique sur Clément Quentin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Jacques Chupin réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Sources

: le livre Abbaye-Bagne de Fontevraud, 1940-1944, des Résistants dans une ancienne abbaye de R.Poitevin

Archives Départementales du Maine et Loire

 

travail réalisé par : Leduc Téo,Noyer Léa,Meuric Ronan,Avril 2014

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