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"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Le sort des juifs de l'arrondissement d'Angers

Publié le dimanche 23 mars 2014 15:05 - Mis à jour le dimanche 18 mai 2014 17:24

 

En juin 1940, les  allemands entrent dans la ville d'Angers puis avec le gouvernement de Vichy commencent à stigmatiser la petite communauté de juifs, à les exclure de la société. En effet, dès le 27 Septembre 1940, des affichettes jaunes portant la mention « entreprise juive » font leur apparition sur certaines devantures. Le 30 Octobre 1940, les juifs sont recensés par la préfecture dans un petit cahier à spirale. D'autres moyens suivront, comme en juin 1942 l'obligation de porter une étoile jaune sur la poitrine, excluant de plus en plus les juifs du reste de la population . En  Juillet 1942 commencent  les rafles et les débuts de déportation via Drancy ou directement vers Auschwitz.

 

I . Les juifs de l'arrondissement d' Angers avant 1940 : une petite communauté

 

Présentation générale.

Les juifs de l'arrondissement d' Angers avant 1940 représentent une infime part de la population, environ 200 personnes. La majorité sont des réfugiés parisiens ou d'Alsace-Lorraine. Une partie de ces personnes  sont nés en Europe de l'Est ou ont des parents   originaires d'Europe de l'Est.

Une partie de ces juifs tenaient des commerces, de textile principalement :

  • 2 commerces juifs place du Ralliement

  • 2 commerces juifs rue Chaperonnière

  • 2 commerces juifs rue Baudrière

  • et d'autres commerces rue Saint-Aubin, rue Plantagenet et rue des Lices

Place du Ralliement 1937-1938

 

 

II.Une communauté stigmatisée et en  partie anéantie

 

A) Les mesures mises en place pour exclure cette communauté

Le 27 septembre 1940, obligation de la mention « entreprise juive », avec une affichette jaune sur tous les commerces juifs qui concernent pour la plupart l'habillement et le textile.

De 1940 à 1942, le Régime de Vichy et les nazis essaient de stigmatiser les juifs, de les exclure de la société. En Octobre 1940, le Maine-et-Loire recense pour la première fois les juifs du département. Pour l'arrondissement d'Angers, le recensement fait état de 223 noms répartis en 97 familles dans un cahier à spirale de 48 pages :

 

 

  • @Archives Départementales du Maine et Loire

 

En juin 1942, le port de l'étoile jaune est obligatoire pour les juifs de plus de 06 ans comme l'indique " le petit Courrier" :

"Le petit courrier" @Archives Départementales du Maine et Loire

Un avis du 8 juillet 1942 interdit l'accès à de nombreux installations et manifestations publiques aux juifs.

"Le petit courrier" @Archives Départementales du Maine et Loire

B) Une déportation massive partant d'Angers ; l'exemple des familles Josephowitz et  Bergoffen.

Plusieurs rafles se succèderont , en Juillet 1942, 9 Octobre 1942, en Janvier 1943; les dernières rafles se sont déroulées en Mars 1944. La moitié des déportés de 1942 à 1944 sont Français. Environ la moitié des juifs de l'arrondissement d'Angers seront déportés ( 62% des juifs étrangers et 45 % des juifs français).

Famille Josephowitz : 

  • Ana (Polonaise) : la mère, arrêtée en Juin 1942, relâchée puis à nouveau arrêtée et enfin déportée en novembre 1942.

 

  • Laïb (Polonais) : le père, déporté à Auschwitz le 20 Juillet 1942 à l’âge de 37 ans, par le convoi n°8 (l’un des tous premiers partant de France.)

 

  • Maurice (Français) : le fils, âgé de 8 ans et déporté le 6 Novembre 1942 par le convoi n°42.

 

  • Henriette (Française) : la fille, seulement âgée d’un an et demi, déportée avec mère et frère le 6 Novembre 1942.Elle fut la plus jeune déportée du Maine et Loire.

Famille Bergoffen :

  • Jacob (Tchécoslovaque) : âgé de 50 ans et résident à Angers

  •  Tilly (polonaise) : sa femme

  • Léo Bergoffen. Issu d’une famille juive austro-hongroise. Né le 30 Octobre 1922 à Berlin. Il est obligé de défiler devant Hitler en 1933 puis se réfugie à Angers avec sa famille. Comprenant par la suite le danger, il fuit seul en zone libre en juin 1942, ne pouvant pas emmener ses parents avec lui.Ci dessous, le rapport de la gendarmerie suite à sa fuite :

  • @Archives Départementales du Maine et Loire

  • Réfugié dans la zone " libre", le 26 Août 1942, un prétendu « contrôle d’identité » conduit à son arrestation par la police française qui le remettra aux allemands de la zone occupée en tant que juif étranger. Interné à  Drancy puis déporté à Auschwitz, il fut obligé de travaillé pour le compte des nazis et survécut malgré les conditions extrêmes de vie. Son numéro de tatouage était le 810 909. Il est libéré par les soviétiques le 11 Mai 1945. Affaibli par les travaux, il est hospitalisé en Allemagne, va à Prague où il rencontre un officier responsable de la mission militaire. Il retourne à Angers et apprend la déportation de ses parents. Lors d’une conférence, il rencontre Odette Blanchet, sa future femme.

 

L'arrondissement d'Angers aura connu, durant la 2ième Guerre Mondiale, la déportation d'environ  la moitié de sa petite communauté juive. Une infime minorité  sont, comme Henri Borlant, revenus vivants des camps (d'autres  comme Léo Bergoffen ont fui hors du département  avant d'être arrêtés puis déportés). Angers aura donc été proportionnellement un lieu important de la déportation qui a concerné plus de 75 000 juifs vivant en France ( 25% de cette communauté).

Source principale :

Archives Départementales du Maine et Loire

"L'éradication tranquille, le destin des juifs en Anjou 1940-1944" d'Alain Jacobzone . Editeur Ivan Davy.

Auteurs :

TOUZET Manon, MOSSET Sébastien, REIFFERS Samuel 1ère ESa

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