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Espace pédagogique d'établissement

"Des lieux d'Histoire et de Mémoire de la Résistance et de la Shoah de l'Anjou à Cracovie "( 2014)

Les Juifs en Anjou avant guerre.

Publié le mercredi 16 avril 2014 09:18 - Mis à jour le mercredi 23 avril 2014 22:34

Les juifs en Anjou avant l’occupation.

La population juive est-elle importante en Anjou avant l'occupation ? Comment sont-ils intégrés ?

Avant la seconde guerre mondiale, de nombreux étrangers juifs ont émigré pour venir en France. Nous nous intéresserons plus particulièrement à la population juive en Anjou. Tout d'abord, nous allons porter notre intérêt sur la présence de cette communauté juive en Anjou avant l'occupation. Nous verrons par la suite leur intégration dans la population angevine et nous terminerons sur l'exemple de la famille BORLANT, une famille juive qui a "vécu" en Anjou, plus particulièrement à Saint Lambert du Lattay, avant l'occupation.

Tout d’abord, c'est une communauté peu présente en Anjou. En effet, dans les années 30 (1936), on ne dénombre que 240 juifs pour une population de 477 690 habitants en Anjou, soit 0,05 % de la population totale. Ce sont les principales villes du département qui accueillent la majorité de la population juive.

20% des juifs qui se sont installés en Anjou dans les années 30-40, sont nés à l'étranger. Ils ont donc fait l'objet de mesures de naturalisation durant cette période. Cependant, la population juive est davantage présente dans les espaces urbains que dans les espaces ruraux, d'une part pour, probablement, faciliter leur intégration, mais aussi, et surtout pour le travail. Ce sont les principales villes du département qui accueillent la majorité de la population juive. Ainsi, Angers, Saumur et Cholet, à elles trois, regroupent 157 des 240 juifs du département (65% du total).

Les communes accueillant les plus "grandes" communautés juives dans le Maine et Loire

(carte réalisée grâce aux statistiques fournies par M.Jacobzone).

Cliquer sur la carte pour l'agrandir

 

  • Origines géographique des juifs d'Anjou :

      → Polonais                      → Suisses

→ Français                      → Espagnols

→ Allemands                    → Turcs

→ Russes                         → Grecs

→ Roumains                     → Tchécoslovaques


Les juifs sont donc 161 sur 240 à avoir déclaré une profession, soit 67%. Les métiers les plus répandus sont le commerce et l’artisanat, principalement situés dans le centre d'Angers.

Les juifs étant peu nombreux et ayant des origines étrangères à la région angevine, subissent une intégration difficile et ont des relations forcément limitées avec le reste de la population. La population juive est donc en quelque sorte isolée de la population angevine.

 

Commerces juifs aryanisés du centre d'Angers, (avec l'aimable autorisation de M. Jacobzone)

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

Enfin, nous allons vous présenter l'exemple d'une famille juive qui a fui les tensions importantes lors de la guerre pour se cacher en Anjou.

La famille d'Henri Borlant est juive, d'origine russe. La mère d’Henri Borlant, Rachel Beznos, a fui la Russie en 1912, tout comme son futur mari Aron Borlant (le père d'Henri Borlant). Ils se rencontrent à Paris dans les années suivantes, ils se marient par la suite, et ont 10 enfants, quatre garçons et six filles. Même si les deux parents ont obtenu la nationalité française, et que les enfants sont nés français certains les considèrent comme des étrangers. Ils s’installent donc en région parisienne. Puis, leur arrondissement étant évacué pour raisons de sécurité au moment de l'invasion allemande, ils sont envoyés vers le Maine et Loire, en 1939, à Saint Lambert du Lattay plus précisément, la veille de la déclaration de guerre. Henri, Odette et Roger se font baptiser pour être ainsi mieux intégrés dans le village où ils sont ensuite inscrits dans une école privée, pour ainsi s’intégrer dans la communauté. Les habitants les ont aidés à trouver un logement, d’abord une maison inhabitée, puis ensuite leur ont été fournis des ustensiles, des matelas… Cependant, trois ans après leur arrivée dans le Maine et Loire, Henri est déporté à Auschwitz-Birkenau, par le convoi n°8 en date du 20 juillet 1942 (le premier convoi à partir d'Angers) avec son père, son frère Bernard et sa sœur Denise. Trois ans plus tard, il parvient à s'échapper du camp peu de temps avant la libération des camps d'Auschwitz, et revient auprès des siens. Il découvre ensuite que les villageois de St Lambert du Lattay ont aidé sa mère est ses petits frères et sœurs, durant l'absence du père, et des trois plus grands enfants. Il reprit ensuite des études, très difficilement puisque, ayant été déporté, il n'a pu suivre une scolarité dite «normale», il a donc perdu une majeure partie de ses connaissances. Mais à force de persévérance et de courage, il finit par réussir et pratiquer le métier qu'il voulait, médecin.

Ce n'est que de nombreuses années plus tard qu'il décida de témoigner, et de raconter ce qui lui est arrivé, pour que personne ne soit indifférent et inconscient face aux horreurs qu'il a vécu.

 

         Famille d'Henri Borlant                                                                              
 

 

                                                     Henri Borlant


 

 

Cahier de recensement des Juifs où apparaît la famille Borlant

(photographie de M. Naud, avec l'autorisation des ADML)

 

La population juive, à la veille du conflit n'est donc pas importante en Anjou. Toutefois, bien que peu nombreuse, elle connaîtra, avec l'occupation, le même sort que le reste de la communauté juive vivant sur le territoire. Elle sera victime des systèmes de stigmatisation, de répression et de déportation mis en place par l'occupant et le régime de Vichy comme en atteste l'histoire d'Henri Borlant évoquée ci-dessus.

Lien vers le panneau biographique sur Henri Borlant réalisé en 2011 par des élèves du lycée Bergson

Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Lien vers le panneau biographique sur la famille Moscovici réalisé en 2011 par des élèves du lycée Henri Bergson

Bibliographie :

- Borlant, Henri. Merci d'avoir survécu. Seuil, 2011. 185 p. ISBN 978-2021044713

- Jacobzone, Alain. L'éradication tranquille. Ivan Davy, 2002. 252 p. Faits et gestes. ISBN 978-2867500343

Travail réalisé par Charlotte BOURGEAIS et Lorette LORENDEAU 1ère ESL

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