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Espace pédagogique d'établissement

"La libération des camps nazis, le retour des déportés angevins" ( 2015)

André Rogerie, un témoignage pour l'Histoire dès 1945

Publié le lundi 9 mars 2015 16:28 - Mis à jour le mardi 24 mars 2015 22:38

André Rogerie, un témoignage pour l'Histoire dès 1945     

   

André Rogerie, né le 25 décembre 1921 et mort en mai 2014, est un résistant  français, survivant de 8 camps de concentration dont 2 camps d'extermination. Il a un parcours exemplaire et unique. Dès son retour des camps , en 1945, André Rogerie publie « Vivre c'est Vaincre » qui retrace son parcours. Nous pouvons nous demander, en quoi son témoignage est important pour l'Histoire. Dans une première partie nous verrons qu'André Rogerie a eu un parcours unique, ensuite nous expliquerons la raison pour laquelle il a écrit son livre et pour terminer, nous parlerons de l'importance de son témoignage.

 

I. Un parcours unique à travers 8 camps. 

Tout commence le 3 juillet 1943 à Dax, en France lorsqu'il est arrêté par la Gestapo quand il tente de rejoindre le Général de Gaulle pour se battre avec les Forces Française Libres. Lors de son arrestation il a 21 ans, à cette période il n'accepte pas la défaite de la France contre l'Allemagne nazie, il continue de penser que la « lutte n'est pas finie » et fait tout pour ne pas « rester inactif dans cette guerre ». Il est successivement emprisonné à Dax, Biarritz, Bayonne, au fort du Hâ à Bordeaux puis à Compiègne d'où il sera déporté à la fin du mois d’octobre 1943.C'est ainsi que démarra son terrible et unique parcours au sein des camps où il sera témoin de la Shoah, du génocide tzigane  et du système concentrationnaire nazi.

Il est  déporté à :

 

  • Buchenwald

  • Dora

  • Maïdanek (camp d'extermination/centre de mise à mort)

  • Aushwitz-Birkenau (camp d'extermination/ centre de mise à mort)

  • Gross-Rosen

  • Nordhausen

  • Dora (à nouveau)

  • Harzungen

 

 

Plus précisèment,  il est déporté fin octobre 1943 dans les camps de Buchenwald, Dora, Maïdanek et transféré le 18 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau. Au cours des marches de la mort à parti de fin 1944, il connait les camps de Gross-Rosen, Nordhaussen, Dora à nouveau, puis Harzungen. Il s'évade de la colonne le 12 avril 1945 dans la région de Magdebourg. 

« Au matin, de nouveau la route... Dans les villages, on nous regarde passer. Quelques fois, des femmes se cachent en pleurant. D'autres sourient en disant Zircus, c'est à dire « cirque ». C'est ce qu'il écrit à propos des marches de la mort.

Maïdanek et Aushwitz-Birkenau sont deux des 6 centres de mise à mort. Au total, ces 6 centre de mise à mort  ont été le lieu de l'extermination de près de 3 millions de victimes juives ou tziganes.

Maïdanek est à la fois un camp d'extermination ( ou centre  de mise à mort), un camp de prisonniers de guerre (Soviétiques et Polonais) et un camp de concentration nazi se trouvant à 2 km au sud du centre de la ville polonaise de Lublin. Auschwitz, lui, est le plus grand camp de concentration et d'extermination du Troisième Reich. Ce camp est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,1 millions d'hommes, de femmes et d'enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à la sortie des trains qui les y transportaient. 90% de ces personnes étaient juives. Ces victimes, de ce que les nazis appelèrent la « solution finale », furent assassinées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.

 

 

 

A son retour des camps, il écrit « Vivre c'est Vaincre » qui retrace tout son parcours dans les camps ainsi que ses conditions de vie horribles. Il y raconte tout ce qu'il a vécu depuis le début de la guerre, il nous parle de son combat pour survivre dans les camps de concentration, il nous décrit tous les crimes commis par les nazis qu'il a pu voir. De plus, il intégra l'école d'officiers de Saint-Cyr, en 1946, après avoir repris un mode de vie sain (il reprend plus de 18kg). Il termina sa carrière avec le grade de général et celui de commandeur de la Légion d'honneur. Il décède en mai 2014 à Martigné-Briand dans le Maine et Loire.


 

II. "Vivre c'est Vaincre"; un témoignage percutant

 

Dès son retour de déportation en 1945, André Rogerie, retrace son parcours difficile  en tant que déporté résistant non-juif. Il y écrit tout ce qu'il a vu et subi, sans exagération. André Rogerie n'a pas voulu attendre avant d'écrire son histoire, car certains souvenirs auraient disparu avec le temps, mais également, il voulait que les gens sachent ce dont il a été témoin et ce qu'il a enduré. « Ce témoignage est pur(...) le temps n'avait pas encore eu l'occasion d’atténuer les images des événements récents ». 

Son parcours est unique dans l'histoire, c'est pourquoi il écrit ce livre, il est témoin de l'Holocauste sans être juif et veut dénoncer les pires atrocités commises par les nazis contre les juifs et les tziganes.

L'écriture de son livre a été pour lui un soulagement, car en écrivant, il savait que cela aurait une répercussion sur les gens et qu'ainsi, grâce à lui, et ses dessins, la vérité allait être affichée au grand jour... 

Il utilise aussi son livre pour continuer de transmettre comme valeur celle de « vivre ». Comme les nazis avaient pour but d'éliminer le plus de déportés possible, le fait de survivre permettait de résister et donc de s'opposer et de rendre plus difficile le travail des nazis. Il veut montrer comment il a vécu dans les camps durant la guerre et la façon dont il a toujours pensé malgré les situations très dures, il n'a jamais baissé les bras « Jamais, je le jure, je n'ai douté du retour , il fut ma seule pensée toujours. Jamais non plus je me suis révolté contre le sort. J'ai préféré accepter de bon cœur l'inévitable, plutôt que de poser à l'inconnue le « pourquoi » d'un sort si affreux ».

Avec « Vivre c'est Vaincre » il transmet aussi les valeurs de  Liberté, Égalité et  Fraternité. Il a écrit ce livre parce que nous n'avons pas le droit d'oublier, il faut que ce souvenir persiste, même s'il est malheureux et atroce, il ne faut pas l'oublier pour ne pas reproduire les même erreurs encore une fois.


 

III. L'importance de son témoignage sur les camps et la Shoah dès 1945

         On peut dire que Rogerie est une source fiable dans l’histoire car tous les faits (notamment le génocide Tzigane et juif) dont il a été témoin, en tant que non juif, ont été écrits dès sa libération. Il fait parti des quelques milliers déportés français à avoir survécu dans les camps d'extermination, son témoignage est donc important puisqu'il n'en existe que très peu. Il est aussi important et exceptionnel puisqu'il est témoin à la fois du génocide juif mais aussi tzigane : « Là, des familles entières de Tziganes vivent ensemble, et ce soir, le roulement des voitures vient de nous faire comprendre l’horreur de sort qui leur est réservé. […] Dans quelques instants seront consumées toutes ces vies humaines qui, aux yeux de l’Allemagne, ont commis le crime immense et impardonnable d’être Tziganes » (p.74).

De plus, « Vivre c'est Vaincre » est écrit dès son retour des camps, c'est un « témoignage pur », il le dit lui même, « tout ce qui est écrit ici est vrai, ni embelli, ni modifié (…) tout ce qui est ici est vrai... malheureusement ». Il finit de l'écrire le 21 octobre 1945, juste après sa libération, ses souvenirs ne sont donc pas encore flous, les faits existent bel et bien, ce n'est pas de la fiction, de plus, il a vécu ce qu'il a écrit, il est donc le témoin d'une page très importante de notre histoire qu'il nous transmet, aussi horrible soit-elle

 

 

 

        

On peut donc remercier André Rogerie pour ce sincère témoignage puisque cela n'a pas du être facile de reparler de souvenirs aussi horribles que ceux-ci, de plus il est important de savoir qu'il a continué de témoigner jusqu'à ses 90ans. Aujourd'hui en tant que porte-parole d'André Rogerie, nous nous devons de retranscrire la dernière phrase de son témoignage dans un documentaire en 2012. A la fin de ce documentaire regroupant les témoignages de 8 Témoins du Maine et Loire , et  comme dans un dernier souffle, André Rogerie conclut  : 

« Le racisme c'est ce qu'il y a de plus terrible,

parce que les gens sont d'une autre société, on les condamne,

faites attention, c'est très important. »

(DVD "Témoins de la nuit". conseil général du Maine et Loire. 2012.)

Son témoignage est là pour aider toutes les générations suivantes et à venir à prendre connaissance mais aussi à ce construire avec cette page importante de notre histoire. C'est une des personnes à avoir survécu, c'est un revenant. Comme le dit Charlotte DELBO, on a tous envie de leur poser des questions … « Et toi, comment as-tu fait ? … Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour remettre la vie dans ses plis ? C'est la question que tout le monde se pose, qu'on ose pas leur poser ».

Après avoir lu ce livre, nous  pensons qu'on peut tous se poser la même question,

« Et nous qu'aurions nous fait à leur place ? »

 

 

sources:

"Vivre c'est Vaincre";

lien vers le panneau réalisé en 2012 par des élèves de 1ère ES;

"Témoins de la Nuit DVD 2012 conseil général du Maine et Loire.

 

Travail réalisé en Accompagnement Personnalisé

par Celia Bignon, Léna Jans et  Mélyssa  Pauvert, élèves de 1ère ES.

Lycée Henri Bergson. 2014-2015

 

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