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"La libération des camps nazis, le retour des déportés angevins" ( 2015)

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  • Des élus et des lycéens angevins en Pologne pour l'anniversaire de la libération d'Auschwitz

    Publié le samedi 23 mai 2015 10:08 - Mis à jour le mardi 26 mai 2015 17:08

         Nous, Louise et Victor, élèves de 1ère ES, avons participé au voyage en Pologne organisé par la municipalité d'Angers et   encadré par l'ancien professeur d'histoire -géographie de notre lycée : Alain Jacobzone, l'adjointe au devoir de  Mémoire de la municipalité d'Angers : Karine Engel, le proviseur du lycée Mounier et adjoint à l'éducation de la municipalité d'Angers : Ahmed El Bahri et l'enseignante d'histoire-géographie  : Alexa Chamoret. Ce travail d'histoire, associé à un devoir de mémoire, nous a été proposé par la municipalité d'Angers et nous étions accompagnés par neuf élèves des lycées Emmanuel-Mounier, Sacré Coeur, Simone-Veil, Henri-Dunant et des collèges Jean-Mermoz, Claude-Debussy.

    Lien vers le site de la municipalité d'Angers publiant cette photographie et présentant le projet mené dans le cadre du 70 éme anniversaire de la libération des camps

         Nous avons été accueillis dans l'après-midi par une historienne nous commentant les différents monuments sur la route entre l'aéroport et l'hôtel de Cracovie. Une fois les bagages déposés, nous sommes repartis directement pour le Musée de l'occupation allemande dans l'usine d'Oskar Shindler  puis nous avons fini  la journée avec une balade nocturne dans Cracovie.  Le lendemain, le programme était le camp d'extermination d' Auschwitz-Birkenau le matin, et le camp de concentration d'Auschwitz I l'après midi. Cette visite n'a pas été sans larmes, sans chocs ou sans émotions. Et le sur-lendemain la visite était dédiée à la partie des peintures, croquis ou dessins d'Auschwitz qu'ils aient été faits légalement ou non.

         "Participer à ce voyage avec des lycéens a été une très grande émotion pour nous tous" explique Karine Engel, adjointe au devoir de  Mémoire de la municipalité d'Angers. "Plus d’1,5 million d’êtres humains sont morts dans ce camp. Être sur les lieux mêmes de ce qui fut la plus grande barbarie du XXe siècle nous a fait prendre encore plus conscience de la haine qui a habité cette époque encore très proche de nous et dont des témoins sont encore vivants."

    Citation et photographies publiées dans le journal "Angers mag"  et "Angers !nfo"

         Les deux adjoints au maire d'Angers, Karine Engel et Ahmed El Bahri, ont déposé une gerbe devant la stèle dédiée aux victimes françaises parmi lesquelles 810 juifs originaires de l’ouest de la France, partis d’Angers le 20 juillet 1942 par le convoi N°8.

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    Ces deux élèves de 1ère ES ont  participé au voyage en avion organisé par la municipalité d'Angers à l'occasion du 70 éme anniversaire de la libération des camps. 54  autres élèves de 1ère ES (pour des raisons de sécurité, aucun des voyages organisés depuis 1995 n'a dépassé 54 élèves) ont participé à un voyage en car en Pologne du 23 février au 02 mars 2015 avec des visites de Cracovie, des camps d'Auschwitz en Pologne et de Prague en République Tchèque au retour.Lien

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    En 2015, les 64  élèves de 1ère ES ont travaillé en Accompagnement Personnalisé sur le thème

    " La libération des camps, le retour des déportés angevins et la découverte de l'univers concentrationnaire".

    Lien

  • Le camp de Mauthausen, l'un des derniers camps libérés par les alliés

    Publié le lundi 16 mars 2015 16:53 - Mis à jour le mardi 12 mai 2015 23:09

    Le camp de Mauthausen, l'un des derniers camps libérés par les alliés

     

     Le camp de Mauthausen a été construit par des prisonniers politiques , des républicains espagnols, en 1938 ; selon Hitler il était « destiné à durer 100 ans ». C’était une forteresse en granite. Il est utilisé comme camp de concentration dès le 8 août 1938 pour des prisonniers politiques. C’est un des derniers camps d’Europe à avoir été libéré le 5 mai 1945 par la 11ème Division Blindée américaine. Cependant, le camp avait été déserté le 3 mai par les Nazis, après plusieurs tentatives d’extermination totale des prisonniers. Sur plus de 198 000 déportés, seulement 80 000 en reviendront.

    « Je n’oublierais jamais, ni ne pardonnerait » est une phrase prononcée par le capitaine américain, 50 ans après la libération du camp.

     

    I) Les escaliers de la mort, une des images les plus célèbres des camps après la guerre

    Du dehors, il était impossible d’apercevoir la sinistre carrière de granit d’où s’élançait un escalier de 186 marches inégales, taillé dans la masse, qui desservait les différents chantiers du camp. Les détenus devaient le monter à une cadence rapide en portant sur leur dos de gros blocs de granit extraits de la carrière. Si quelqu’un tombait, il risquait d’être piétiné à mort par les hommes qui suivaient. Celui qui ne gardait pas la cadence était repoussé dans l’escalier par un coup de pied des SS et entraînait souvent d’autres hommes dans sa chute. Si, pour une raison ou une autre, quelqu’un arrivait en haut sans sa charge, les gardes l’emmenaient à l’à-pic de la falaise qu’ils surnommaient le « Fallschirmsprung », c'est-à-dire le « saut en parachute », d’où ils le précipitaient dans le vide. La vision terrifiante de corps pendus rappelait à tous que chaque jour pouvait être le dernier.

    II) Le serment de Mauthausen – 16 mai 1945.

    Le serment de Mauthausen a été rédigé sous la forme d’un appel, connu depuis sous le nom de serment du 16 mai 1945, lors de la cérémonie tenue à l’intérieur du camp central, et organisée par le comité international du camp.

    « Voici ouvertes les portes d’un des camps les plus durs et les plus sanglants, celui de

    Mauthausen. Dans toutes les directions de l’horizon, nous retournons dans des pays libres et affranchis du fascisme.

    Les prisonniers libérés, hier encore menacés de mort par la main des bourreaux du monstrueux nazisme, remercient du fond de leur cœur les armées alliées victorieuses, pour leur libération et saluent tous les peuples à l’appel de leur liberté retrouvée.

    Le séjour de longues années dans les camps nous a convaincus de la valeur de la fraternité humaine. Fidèles à cet idéal, nous faisons le serment solidaire et d’un commun accord, de continuer la lutte contre l’impérialisme et les excitations nationalistes. Ainsi que par l’effort commun de tous les peuples, le monde fut libéré de la menace de la suprématie hitlérienne, ainsi il nous faut considérer cette liberté reconquise, comme un bien commun à tous les peuples. La paix et la liberté sont la garantie du bonheur des peuples et l’édification du monde sur de nouvelles bases de justice sociale et nationale est le seul chemin pour la collaboration pacifique des États et des peuples. Nous voulons, après avoir obtenu notre liberté et celle de notre nation, garder le souvenir de la solidarité internationale du camp et en tirer la leçon suivante : Nous suivons un chemin commun, le chemin de la compréhension réciproque, le chemin de la collaboration à la grande œuvre de l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous. Nous nous souviendrons toujours. Des immenses sacrifices sanglants de toutes les nations qui ont permis de gagner ce monde nouveau. En souvenir de tout le sang répandu par tous les peuples, en souvenir des millions de nos frères assassinés par le fascisme nazi, nous jurons de ne jamais quitter ce chemin.

    Sur les bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats tombés pour la liberté Le Monde de l’Homme libre ! Nous nous adressons au monde entier par cet appel: aidez-nous en cette tâche.

    Vive la Solidarité internationale !

    Vive la Liberté ! »

    Ce serment a pour but de d’obtenir la compréhension réciproque des déportés, de se soutenir dans ce qu’ils ont vécu mais aussi de lutter contre le fascisme et l’exploitation politique. Ce serment va donc servir à éviter que ces événements tragiques ne se reproduisent. Cependant ce n’est qu’en 1949 que le camp de Mauthausen devint un mémorial national.

    II) Une vingtaine de  mémoriaux nationaux.

    Le camp de Mauthausen compte une vingtaine de monument nationaux dédiés a la mémoire des morts et des déportés de ce camp.

    Parmi ces monuments, deux ne sont pas d'origine gouvernementale, ce sont les mémoriaux français et a la mémoire des républicains espagnols. Ils ont été érigés tout deux par la volonté de l'amicale française. Ils ont un point commun important, c'est celui d’être multi-culturel ; en effet, ils sont tous deux rédigés en quatre langes différentes, ce qui est une exception parmi les autres mémoriaux. Ils ont aussi été tout deux construits en granit de Mauthausen. Le monument espagnol, datant de 1962, a été réalisé après celui dédié aux français en 1949, c'est le même architecte qui a dirigé le projet. De plus, l'érection du monument espagnol est un moyen de nouer des liens entres l'amicale française qui est donc initiateur de la démarche, et les républicains espagnols qui ont formé une commission pour l'érection de ce monument. La symbolique de ces édifices est très forte, on peut en effet noter une références directe a la culture espagnole dans le monument dédié aux républicains, tels que l'affiliation des colonnes aux cyprès, symbole de deuil en Espagne. On peut donc noter un investissement très important de l'amicale français des déporté de Mauthausen et leurs familles. L'édifice est parmi les plus imposants , c'est une colonne d'environ 6 mètres de haut avec au sommet le livre d'or des noms des 4665 français assassinés dans ce camps. Ces noms sont inscrits dans un grand cœur en cuivre. Aux cotés de cette colonne, on trouve un lieu de mémoire symbolisé d'un mur avec une ouverture symbolisant la distinction des déportés français.

     

     

    III) Bernard Maingot, un résistant angevin déporté en 1944

    Né le 20 mai 1925 à Angers, il a 14 ans lorsque la guerre est déclarée. Pour occuper ces soirées, il chante dans des chœurs, danse et fait de la figuration au théâtre d’Angers, jusqu’au jour où il rencontre Louis Enizant. A l’automne 1943, après quelques discussions avec ce camarade, Bernard Maingot décide de distribuer des tracts sur lesquels le Général de Gaulle appelle les jeunes à s’engager dans la résistance. Il sera alors agent de liaison pour LIBRE-NORD.

    Le 19 février 1944, Bernard Maingot est arrêté par le Gestapo et emmené à la prison du Gré-Pigeon à Angers avec son père. Ce dernier sera libéré au bout de trois semaines tandis que Bernard Maingot sera interné dans le centre de regroupement de Compiègne puis déporté au camp de Mauthausen le 8 avril 1944. Son numéro de matricule était le 62 739.

    Transféré à Ebensee, il échappera de justesse à l’extermination des derniers témoins, organisée par les Nazis dans l’une des galeries souterraines bourrées d’explosifs.

    De retour à Angers, Bernard Maingot travaillera dans la boucherie de son beau-père. Dans les années 60, il suivra une formation et deviendra agent général d’assurance jusqu’à sa retraite.

    IV) la Mémoire

    Témoin actif de la déportation, Bernard Maingot sera vice-président de l’Amicale des Déportés de Mauthausen.

    Photographie de M.Guillet

    avec l'aimable autorisation de M.Maingot

     

    Cette amicale, a été présidée pendant quelques années par Michelle Rousseau-Rambaud,une ancienne proviseure angevine qui s'est investie au sein de cette amicale après le décès tragique de son père, dans le camp de Mauthausen. De plus, cette dernière, n'hésite pas à se déplacer afin de transmettre la mémoire de ces événements, ce qu'elle a d'ailleurs fait pour nous. Angers Télé a réalisé un reportage dans notre classe de 1ère ES (Extrait du journal du mardi 27 janvier d' Angers Télé ) lors du 27 janvier, 70 ème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz.

     

     

     

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    En janvier 2015, nous avons aussi rencontré Mme Marie Jo Chombard de Lauwe, résistante, emprisonnée à Angers, déportée au camp pour femmes de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen avant sa libération par l'armée américaine.

    Cette ancienne déportée ,présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Grand Croix de la Légion d'honneur, nous a appris que le travail de mémoire était très important afin de se souvenir et d'éviter que de telles atrocités ne se reproduisent.

    Conclusion :

    Les horreurs perpétuées dans ce camp de concentration ont duré pendant 6 longues années ; 198 000 hommes résistants, prisonniers de guerre soviétique, opposants politiques,... ont été détenus dans ce camp. Les déportations se    sont arrêtées à l'abandon du camp, après la destruction des preuves. Ainsi le serment de Mauthausen a pour objectif de  perpétuer la mémoire de ces déportés à travers le temps, et cela va continuer, nous l'espérons.

    "En janvier 2015, nous avons aussi rencontré Mme Marie Jo Chombard de Lauwe, résistante,emprisonnée à Angers, déportée au camp pour femmes de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen avant sa libération par l'armée américaine".

                            

                     

    "Cette ancienne déportée ,présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Grand Croix de la Légion d'honneur, nous a appris que le travail de mémoire était très important afin de se souvenir et d'éviter que de telles atrocités ne se reproduisent"

    .

    Lycée Henri Bergson , le 28 avril 2015

    Jean Claude Moscovici, Mme Chantal Lazarus,M.Bernard Maingot et Mme Michelle Rousseau

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen et M. Léo Bergoffen

    M.Jean-Claude Moscovici, Mme Lazarus, M.Maingot et Mme Rousseau-Raimbaud

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen

    et M.Léo Bergoffen

    M.Maingot Bernard (déporté à Mauthausen pour faits de résistance),

    M. Léo Bergoffen ( né à Berlin, déporté à Auschwitz en 1942 pour raisons raciales) ,

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen (résistante et Juste parmi les nations pour avoir sauvé Jean-Claude , Liliane Moscovici  et leur mère),

    M.Jean Claude Moscovici (interné à Drancy à 6 ans, sauvé par Mme Odette Blanchet, auteur de "Voyage à Pitchipoï"),

    Mme Lazarus ( cachée à Tours puis Paris dans une famille juive et résistante),

    Mme Rousseau Raimbaud (fille d'un résistant-déporté à Mauthausen et  mort en déportation).

    Sources :

    Documentaire "Témoins de la nuit". Conseil général du Maine et Loire. 2012

    http://www.campmauthausen.org/ 

    Photos : http://www.noublions-jamais.net/camps/mauth-gusen/mauthausen.htm.

    Travaux réalisés en Accompagnement Personnalisé

    par Juliette Estevez, Thomas Méchin et Jules Boisseau.

    1ère ES. Lycée Henri Bergson. 2014-2015

     

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    Sommaire

     

     

  • Ravensbrück, un camp de concentration pour femmes

    Publié le jeudi 19 mars 2015 17:39 - Mis à jour le mardi 12 mai 2015 23:08

    Ravensbrück, un camp de concentration pour femmes

    Nous sommes en 1933, Hitler est au pouvoir et les premiers camps de concentration font leur apparition. Mais ce n'est qu'en 1938 que fut construit le camps de Ravensbrück. C'était un camp pour femmes et jeunes filles situé à 80 km au nord de Berlin.

    En 1943, plusieurs professeurs du Lycée Joachim du Bellay à Angers y sont déportées.

    C'est en partie grâce à elles et à leurs témoignages que nous avons pu réaliser ce travail.

    Nous allons dans un premier temps vous présenter le camp, puis nous allons vous présenter quelques témoignages de ces femmes déportées a Ravensbrück, en particulier celui de Jeanne Letourneau qui fut professeur d'art plastiques au lycée Joachim Du Bellay. Pour finir, nous allons vous conter le parcours de plusieurs bébés rescapés nés à Ravensbrück. Nous conclurons en faisant un bilan de la libération et de la découverte du camp.

    I) Le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück

    Ravensbrück fut le seul grand camp de concentration réservé aux femmes. À la fin de l’automne 1938, le chef des SS Himmler décida d'ériger un camp de concentration pour femmes à Ravensbrück. Les premières détenues transférées à Ravensbrück au printemps 1939 provenaient du camp de concentration de Lichtenberg. En avril 1941, un camp pour hommes fut accolé au camp des femmes.

    Ravensbrück est situé en Allemagne orientale, dans le Mecklembourg, près de la petite ville de Fürstenberg dont il était séparé par le lac de Schwedt et à 80 kilomètres au nord de Berlin. C’est un endroit à la fois très isolé mais facilement accessible situé dans un cadre merveilleux de forêts et de lacs, avec de grands terrains étendus et inhabités. Le climat est si rigoureux que cette région est appelée la " petite Sibérie mecklembourgeoise ".

    Fin 1938, 500 prisonniers furent transférés de Sachsenhausen à Ravensbrück afin d'ériger le camp. Il comportera seize baraques avec leurs dépendances, ainsi qu'un camp plus petit réservé aux hommes. En 1939, il est entouré d'un mur élevé et d'une enceinte électrifiée. Un secteur industriel doté d’ateliers de fabrication fut aménagé dans l’enceinte du camp ; l’entreprise Siemens & Halske fit construire aux abords du camp 20 halls de production, dans lesquels des détenues furent forcées de travailler à partir de la fin de l’été 1942. A la fin de l’année 1944, la SS fit aménager dans une baraque proche du crématoire du camp de Ravensbrück une chambre à gaz provisoire. Le camp initial sera agrandi à plusieurs reprises jusqu’en 1945, il sera composé à la fin de trente-deux Blocks et de nombreux locaux administratifs.

    Depuis 1993, il y a le Mémorial de Ravensbrück. Il est intégré à la Fondation des Mémoriaux du Land de Brandebourg, l’ensemble regroupe également le Mémorial et Musée de Sachsenhausen, une dépendance de ce dernier, le Musée de la marche de la mort« dans le bois de Below près de Wittstock, ainsi que le Centre de documentation de Brandebourg/Havel.

    Depuis 2002, il y a la création du centre international de rencontre de la jeunesse de Ravensbrück dans les anciennes maisons des gardiennes du camp et inauguré en 2002. C’est un lieu de formation pédagogique dans lequel on propose différents programmes étalés sur une à plusieurs journées.

     

    II) Témoigner pour se reconstruire

    A) Marie-José Chombart de Lauwe, résistante, emprisonnée à Angers, déportée à Ravensbruck,présidente de la FMD

    Nous avons rencontré Marie-José Chombart de Lauwe en janvier 2015. Durant la guerre, elle faisait  des études de médecine et a travaillé ensuite au CNRS. Elle est actuellement présidente de la Fondation pour le Mémoire de la Déportation.

    Elle fut arrêtée en Bretagne, emprisonnée à Rennes puis Angers, déportée à Ravensbrück pour résistance. Elle nous a raconté l’histoire de sa déportation, et plus particulièrement son retour en France.

    En effet, son retour à saint- Brieux, sa ville natale, fut difficile. Ces longs mois passés à Ravensbrück l’avaient profondément changée, physiquement et psychologiquement. En effet, un proche, lors de ses retrouvailles affirma que «  au vu de son regard, dans 10 jours elle sera morte ! ». Pour ceux restés en France, « on ramenait la mort avec nous » nous a confié Marie-José. Ses proches lui contèrent combien ils avaient été malheureux durant son absence, et combien ils avaient manqué de nourriture…n’imaginant pas ce qu’elle avait vécu. Certaines personnes refusèrent de la voir, prétendant qu’elle aurait côtoyé « des gens pas respectables » (prostituées, communistes…), et que ce n’était pas une éducation correcte pour une jeune femme. Personne ne comprenant ce qu’avait vécu la jeune femme, elle ne pouvait témoigner. De plus, Marie-José nous a confié qu’elle ne ressentit que plus tard le besoin de témoigner.

    Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle se rendit aux réunions de l’Amicale de Ravensbrück, y retrouvant d’autres femmes survivantes de cette terrible épreuve.C’est à la fin des années 1950 qu’elle décida de témoigner. En 1996, elle prit la tête de la Fondation pour la mémoire de la déportation. Toute sa vie, Marie-José s’est battue pour les droits des enfants, poussée par ses souvenirs des bébés de Ravensbrück. Elle retournera même dans le camp, pour témoigner devant des élèves, bravant le traumatisme de ses souvenirs. En 2002, elle écrit un livre : «  toute une vie de résistance » pour faire connaitre son combat. A 90 ans, Marie-José Chombart de Lauwe continue inlassablement de témoigner.

     

    B) Lucienne Simier, professeur au lycée Du Bellay et déportée à Ravensbruck

    Lucienne Simier, professeur d’économie dans le collège de jeunes filles de Joachim Du Bellay à Angers, fut déportée avec plusieurs de ses collègues le 12 mars 1943 pour « Action contre l’Allemagne », car elles diffusaient des idées anti-allemandes auprès de leurs élèves. Leur destination finale était le camp de Ravensbrück.

    Libérées le 18 avril 1945, elles furent trois rescapées des enseignantes de Joachim du Bellay  : Mlle Letourneau, Mlle James et Lucienne Simier .

    Suite à son retour, Lucienne Simier témoigna de sa déportation dans un livre : «Deux ans au bagne de Ravensbrück ». Elle y raconte son histoire, les horreurs qu’elle a vécues, mais réalise aussi une sorte d’hommage à ses défuntes collègues. De plus, elle veut transmettre certaines valeurs au lecteur, comme l’amour de la patrie. Elle veut que les erreurs réalisées durant la guerre par les Allemands ne soient pas reproduites par les générations futures, et que nous n’oublions jamais ces évènements.Jeanne Letourneau enseignait le dessin au Lycée Joachim du Bellay. Elle fut déportée au même titre que Lucienne Simier au camp pour femmes de Ravensbrück. A son retour, elle témoigna sous forme de dessins représentants les appels, les cadavres, et même le jour de Noël à Ravensbrück. Ce sont des dessins très sombres, témoignant de l’horreur et de la déshumanisation de ces femmes, recueillis dans un livre au nom très évocateur : « clichés barbares ».


    Les récits de ces trois femmes nous laissent apercevoir le témoignage comme une thérapie, comblant le besoin d’exprimer, de dénoncer l’enfer qu’elles ont vécu…pour espérer que ce crime contre l’humanité ne se reproduise plus jamais.

    C) Jeanne Letourneau, professeur de dessin du lycée Du Bellay, déportée à Ravensbruck

    Qui est-elle?

    Jeanne Letourneau est née à Angers le 13 Novembre 1895 dans une famille angevine. Elle a vécu presque toute sa vie au cœur de cette ville, 25 rue Prébaudelle. Son père est employé à la mairie d'Angers, sa mère est femme au foyer ; elle «restait à la maison» comme on disait autrefois, comme la plupart des femmes de cette époque. Quant à son frère cadet Valentin, il devint par la suite électricien. Après avoir obtenu son brevet supérieur en 1914, elle poursuit à Paris ses études d'art et de dessin et obtient un certificat de dessin en 1918, qui lui permet de devenir professeur de cette discipline. Malgré tout, en cette première partie du siècle, il est difficile pour Jeanne Letourneau de se faire sa place en tant que professeur à part entière et de se faire entendre, à l'époque où les femmes ne votent pas encore. Toutefois, elle fait preuve de ténacité et parvient à obtenir gain de cause. Sa carrière débute en 1919, revenue à Angers après ses études à Paris, mais devient réellement professeur de dessin en 1924, dans le cadre de vie qu'elle aimait et voulait. Rapidement, elle intègre le Lycée Joachim Du Bellay. Elle est une enseignante stricte et rigoureuse mais aimante et aimée de ses élèves ; comme en témoigne Mme Proust (Suzanne De La Chaussée) : ''Nous nous rappelons avec émotion les classes de dessin et d'histoire de l'art, où, dans une atmosphère de stricte discipline, Mademoiselle Letourneau dispensait, même aux moins douées d'entre nous, ses leçons d'un goût éclairé [...]quel plus bel hommage pouvait-on rendre à un professeur que de suivre ses cours en toute liberté et désintéressement ?''. De plus, les rapports de l'inspection générale à l'école des Beaux-Arts sur celle-ci sont élogieux. En voici un datant de 1926 : ''Il est rare de rencontrer un enseignement élémentaire aussi varié, aussi intéressant que celui de Mademoiselle Letourneau.''

    Malheureusement, tout cela s'arrête brutalement. Le directeur de l'école des Beaux-Arts note laconiquement un jour : « Mademoiselle Jeanne Letourneau a cessé ses cours le Jeudi 11 mars 1943 .»

     

    - Sa déportation

    DE LA TENSION...

    En effet dès 1940, le lycée subit des attaques aériennes, la mise en quarantaine de certaines classes dans des baraquements, une réquisition des locaux par l'armée nazie etc... Peu à peu la tension grandit avec la peur dans le cœur des gens. Vient alors le temps des dénonciations, du chantage, des perquisitions et des menaces... On peut se demander, de quoi les autorités allemandes soupçonnaient cet établissement de jeunes filles classiques et calmes dans une ville moyenne ? La lettre du commandant Ernst, chef des SS pendant l'occupation à Angers témoigne d'une méfiance : « […] une tendance anti-allemande s'est emparée non seulement du corps enseignant, mais s'exprime aussi dans l'enseignement vis-à-vis des élèves ».

    C'est au début de l'année 1943 que les choses empirent. Jeanne Letourneau fait partie d'un groupe de femmes résistantes dénoncées, puis arrêtées par la Gestapo le 11 Mars 1943 au lycée Du Bellay, sous une France accablée par l'occupation allemande. Bien que Jeanne Letourneau n'était pas juive, elle fut interpellée et emprisonnée pour « action criminelle contre l'Allemagne ». En réalité, Mlle Letourneau, en fervente défenseur de la patrie française, était une de ses femmes fortes qui prônait la démocratie et enseignait le refus moral de se soumettre au dictat de l'occupant. Elle su garder ce qu'on appelait « La flamme de la Résistance » et en paya le prix cher. Elle sera donc arrêtée, avec Marie Talet, directrice de l'école, et 4 autres de ses collègues. Toutes furent conduites à la prison du Pré-Pigeon, puis emmenées vers une destination inconnue, après avoir subi des interrogatoires plus que brutaux.

     

     ...A LA DEPORTATION

    Les archives de la police judiciaire ont pu permettre de reconstituer les circonstances de son arrestation. Le jeudi matin du 11 mars, la Gestapo vient perquisitionner son domicile, rue Prébaudelle et l'après-midi elle est interrogée sur leurs conversations et leurs réunions entre professeurs à l'école, et aussi sur l'or juif que Marie Talet avait recelé. On lui propose également une confrontation directe avec son dénonciateur, mais elle refuse fermement. Le 12 Mars, on lui confisque ses biens et elle est convoquée pour 15h30 au siège de la Gestapo où elle est examinée jusqu'à 19h. Quand elle fut libérée le soir, on lui dit « Vous avez bien de la chance d'être relâchée » et lui rendit ce qu'on lui avait saisi, sauf le poste de TSF, afin d'éviter toute écoute de messages secrets résistants ou dans cet esprit. Le lendemain 13 Mars, Jeanne Letourneau est mise en état d'arrestation. S'en suivra un long calvaire...

    La fiche de déporté politique de Jeanne Letourneau, écrite en 1946, soit après la guerre, par les français, nous apporte beaucoup de réponses. Il y est inscrit ses coordonnées, la date de son arrestation, le 13 Mars 1943, la date de sa déportation, le 27 Avril de la même année, mais surtout ses camps de déportations et le temps qu'elle y est restée. On peut donc constater qu'elle fut envoyé d' Avril 1943 à Février 1945 au camp de femmes de Ravensbrück, puis de Février 1945 à Mars 1945 au camp de Reschlin puis de nouveau à la toute fin de la guerre, 1 mois à Ravensbrück, de Mars au 2 Avril 1945.

    Jeanne Letourneau laissa une trace de ce qui lui arriva par la suite : son arrestation, son arrivée au camp de Ravensbrück ou elle devait retrouver Marie Talet et ses collègues et amies. Elle y passa 2 ans de souffrance et d'attente, pour y voir les autres femmes mourir. Seulement Mlle Simier et Mme James l'accompagneront au retour...

    Ses traces, ce sont ses croquis qu'elle réalisa là-bas et acheva en rentrant, après sa libération le 5 Avril 1945, en les réunissant pour en faire un cahier d'esquisses simples mais démonstratives, qu'elle appela « Clichés Barbares », puis le présenta en guise de témoignage, pensant que le dessin était préférable aux mots.

     

    -Les clichés barbares, un crayon pour exprimer ses sentiments

    Pendant ses 2 ans d'incarcération dans ce camp de Ravensbrück, Jeanne Letourneau réalise des ébauches des scènes quotidiennes qu'elle voit et vit dans ce camp de déportation. En effet, elle réussit à crayonner ces quelques dessins avec des bouts de charbon et de vieux papiers récupérés, à l'abri du regard des Aufseherin, que Jeanne décrit non comme des femmes mais « des monstres femelles crée par le IIIè Reich nazi, des furies échappées des enfers, ayant tronqué leurs couronnes de serpents contre un calot gris et revêtu la longue cape noire à capuchon qui leur valait le nom de ''corbeau'' » . Ce sont leurs bourreaux, leurs geôliers qui les surveillent, les traquent et les poussent à bout jour et nuit.

    A travers ses dessins, Jeanne Letourneau parle de beaucoup de choses. On y voit beaucoup de scènes d'appels interminables, qui durent parfois plus de 4 heures, où toutes les femmes restent debout dans le froid, la neige, quelque fois en plein milieu des nuits d'hiver, en rangées, squelettiques, et où quelques autres tombent d'épuisement, de faim, de soif, de maladie ou de désespoir, et ne se relèveront pas.

    On y voit aussi les femmes mordues par les chiens enragés des officiers, d'autres qui se nourrissent des épluchures d'un bidon renversé, d'autres qui enjambent le cadavre souillé d'une femme dans les sanitaires, ou d'autres triés pour la chambre à gaz. Jeanne dessina même le triste jour de Noël qu'elle passa, ou fut installé un maigre sapin pour l'occasion, dans la cour enneigée. Celle-ci, comme dans les minces annotations qu'elle écrivait en dessous de chacune de ses esquisses, notera pour celle-la : « Noël. Pendant la période de Noël un arbre a été dressé, ô ironie, à l'entrée du camp, devant les cuisines – Le défilé après l'appel – A droite, une colonne se rend au travail du sable, la pelle de terrassier sur l'épaule. »

    Voici un de ses croquis :

    Ici, on découvre des souffrantes, qui attendent la mort aux entrées des Blocks, enveloppées de maigres couvertures.

    Il y eut de 70 000 à 90 000 mortes à Ravensbrück, dont énormément de femmes atteintes de maladies, via les épidémies qui circulaient à cause de l'hygiène inexistante, de la sous-nutrition, des poux, des rats... C'est ainsi que Jeanne Letourneau vit mourir unes par unes ses camarades polonaises, françaises, de toutes nationalités dans ce camp de la mort, comme son amie Marie Talet qui ne résista pas à la dysenterie, ou d'autres au typhus.

    A son retour en France le 18 Avril 1945, Jeanne Letourneau accompagnée de son amie Lucienne Simier, est accueillie à la gare d'Angers par son entourage. Cependant, celui-ci voit revenir des femmes brisées, usées, exténuées. Pourtant, Jeanne déclara que cet accueil lui recréa le milieu chaleureux et intime qu'elle s'était résolue à oublier à Ravensbrück. Sa joie sera de courte durée, car elle apprendra la décès de sa mère dont elle était très proche, funeste nouvelle qui la frappera à tout jamais.

    Elle exposera ses dessins qu'elle retouchera au préalable dans une exposition en 1947. A son retour, on lui demanda de révéler le nom de la personne qui l'avait dénoncé pour son esprit anti-allemand, mais ne l'avoua jamais et cita ainsi Marie Talet, son amie morte la-bas qu'elle admirait : « Cela ne me causerait aucune joie de voir souffrir comme moi ceux qui sont la cause de mon malheur .», preuve de la droiture de son caractère. Elle sera également décorée de la légion d'honneur, et nombres d'hommages seront rendus à ces femmes qui sont revenues du camp de la mort.

     

    III) Les enfants nés à Ravensbrück

    Guy Poirot, Jean Claude Passerat et Sylvie Aylmer sont les 3 seuls enfants français nés à Ravensbrück qui ont survécu sur plus de 800 accouchements dans ce camp et seulement une quarantaine de survivants.

    Marie-Jo Chombard de Lauwe, résistante et déportée politique est affectée au poste d'infirmière dans la Kinderzimmer car elle est fille de médecins. A 90ans elle témoigne toujours. Certaines mères ont été forcées d'avorter (parfois au 8ème mois) où se sont faites stériliser (notamment les femmes tziganes). Les autres bébés sont morts noyés ou étranglés. En 1944 les nourrissons ne sont plus tués à leur naissance, les infirmières se battent pour leur survie. Les bébés n'atteignaient jamais 3 mois, ils mourraient de maladies car leur mère n'avait pas assez de lait, il n'y avait aucune hygiène (une seule couche de rechange) et ils étaient presque nus dans le froid de la nurserie peu chauffée même lors des hivers très rudes.

    Marie-Jo Chombard de Lauwe lors de son témoignage au lycée

    Sylvie Aylmer, fille de Madeleine Aylmer une résistante déportée et auteure du livre J'ai donné la vie dans un camp de la mort, est née le 21 mars 1945 au camps de Ravensbrück et a également témoigné. Cependant elle n'aime pas parler de sa naissance car elle ne veut pas être un symbole. Elle a ressenti un mal- être toute sa vie du fait de faire rappeler à sa mère les mauvais souvenirs, notamment le jour de ses anniversaires, et de savoir qu'elle était née dans cette horreur. Enfant, les gens la regardaient avec émotion ce qui la gênait. De plus elle ne se sentait pas à la hauteur face à sa mère, l'héroïne. Elle n'a d'ailleurs jamais pu retourner dans un camp de concentration car le seul fait de s'être documenté l'avait traumatisée. Malgré cela, elle s'est liée d'une grande affection pour Guy Poirot, né le 13 novembre 1944 lui aussi à Ravensbrück, Celui-ci parlait ouvertement de sa naissance. Elle a été secrétaire dans l’Éducation nationale puis a vendu des livres, s'est mariée et a eu des enfants et des petits enfants.

    Sylvie Aylmer lors d'un reportage pour JDD,

    photographie de Bernard Bisson

    La mère de Jean Claude Passerat est arrivée à Ravensbrück sans savoir qu'elle était enceinte, elle a donné naissance à son fils en novembre 1944. Cette naissance l'a aidée à se battre pour survivre. Jean Claude a survécu à l'hiver de l'Est grâce à l'entraide des femmes, et celles dont le bébé était mort, l'ont allaité. A sa naissance il pesait 3,5kg et à la libération du camp seulement 2,5kg. Il a travaillé comme surveillant dans un centre de rééducation professionnelle de l'Office National des Anciens Combattants. Il est retourné à Ravensbrück plusieurs fois et témoigne aujourd'hui dans des écoles. Il n'a pas de haine car la haine, il l'a eue à l'âge des berceuses.

    Jean Claude Passerat qui montre sa carte de déporté politique et une photo de lui et sa mère au camp de Ravensbrück après sa libération,

    photographie de David Adémas

     

    Bilan de la découverte de ce  camp pour femmes :

    Le camp est libéré le 30 avril 1945 par l'Armée Rouge (URRS), à ce moment là, il reste 3500 femmes dans le camp (les plus faibles). Les autres, qui pouvait marcher (environ 20 000), ont été emmenés dans une marche forcée vers d'autres camps.

    On estime qu'environ 123 000 femmes ont été déportés à Ravensbruck pour beaucoup de raisons différentes (religion, ethnie, résistance, etc...) et environ 7% sont des françaises.

    Bien que le grand public connaissent vaguement l’existence des camps (les premières photos sont prises par les nazis vers 1933 pour les besoins de la propagande), ce n'est qu'à la libération des camps et grâce en grande partie à la presse et aux reporters de guerre que les gens découvrent les camps nazis dont ils ne soupçonnaient pas l'horreur. C'est aussi grâce aux photos des cadavres entassés (à la fin les nazis ne brûlaient plus les corps car ils avaient détruit les fours crématoires) que les gens se rendent compte de la monstruosité de l'univers concentrationnaire.

    Des femmes attendant leur libération à Ravensbruck, Mars 1945

    Après la découverte de ces camps, il a fallu trouver un moyen pour les familles et pour la population de se reconstruire et de ne pas oublier cette partie de l'histoire, ainsi en 1959, un mémorial national fut créer à Ravensbruck ainsi qu'un musée dans les cellules d'internements du camp. Il y a eu beaucoup d'association créer pour commémorer les déportés, comme L'amicale de Ravensbrück par exemple ou encore la Fondation pour la mémoire de la déportation qui veille à la mémoire des déportés.

    Livre recueillant des témoignages de femmes déportées à Ravensbruck, fait par l'amicale de Ravensbruck et par l'association des déportées et internées de la résistance.

    Nous avons rencontré Marie-José Chombart de Lauwe en janvier 2015. Durant la guerre, elle faisait  des études de médecine et a travaillé ensuite au CNRS. Elle est actuellement présidente de la Fondation pour le Mémoire de la Déportation et a reçu le titre de Grand Croix dans l'ordre de la Légion d'honneur

                            

                     

    Sources :

    -http://fr.wikipedia.org/wiki/Ravensbr%C3%BCck

    -Clichés Barbares – Jeanne Letourneau

    -Rencontre avec Marie-José Chombart de Lauwe

    -Deux ans au bagne de Ravensbrück – Lucienne Simier

    -http://www.fmd.asso.fr/

    -http://deportations.free.fr/libera

    -http://www.lejdd.fr/Societe/Une-enfant-rescapee-du-camp-de-Ravensbrueck-temoigne-Avec-maman-nous-n-en-parlions-pas-636890

    -http://afmd44.voila.net/Temoignages/JCPASSERAT.html

    -http://www.jewishgen.org/ForgottenCamps/Camps/RavensbruckFr.html

    -http://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=56

    Travail réalisé en Accompagnement Personnalisé  par

    Pauline Chambille, Lucie Haenel, Chloé Godin, Juliette Guémas et Clémentine Gac

    élèves de 1ère ES. Lycée Henri Bergson à Angers

     

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  • "Témoins de la nuit", un documentaire réalisé en 2012 avec les derniers témoins du Maine et Loire

    Par Antoine FROGER, publié le mardi 10 mars 2015 13:47 - Mis à jour le mardi 12 mai 2015 23:07

    "Témoins de la nuit",

    un documentaire réalisé en 2012

    avec les derniers témoins du Maine et Loire

        

         Le documentaire "Témoins de la nuit" a été réalisé en 2011, par les jeunes élus de la commission d'Angers du Conseil Général des Jeunes (CGJ). Ils ont choisi durant leur mandat, de se consacrer au souvenir de la déportation en travaillant sur  l'enfer concentrationnaire lors  de la seconde Guerre Mondiale. L'idée leur est venue de réaliser ce film pour retracer l'histoire de ces anciens déportés de l'Anjou  encore en capacité de témoigner en 2012. Par ailleurs, nous sommes sûrement la dernière génération à pouvoir bénéficier de leurs souvenirs en pouvant échanger, discuter avec eux, comme cela a été le cas pour nous le 6 janvier dernier au Mémorial de la Shoah avec Henri Borlant ou avec Mme Chombard de Lauwe le 30 janvier au lycée.

     

    I) Présentation des déportations au départ de  la France ou du Maine et Loire

     

         Tout d'abord, ce documentaire s'intitule "Témoins de la nuit" car ces personnes ont été témoins d'une des périodes les plus sombres de l'Histoire.

    Ce film retrace donc les histoires des anciens déportés, de part leur religion juive ou du fait de leur résistance à l'Occupation allemande et au gouvernement de Vichy.

    En effet, les actes de Résistance se sont multipliés à travers toute la France de 1940 à 1944 même si le nombre de personnes reconnues officiellement comme  résistant   après la guerre a été évalué à 2 % de la population active. Par exemple, André Rogerie a jeté des clous sur la route quand les allemands passaient en 1940. Clément Quentin, lui, était dans un groupe de Résistance qui se nommait « Libération Nord »; Bernard Maingot distribuait des tracts, ...

     

    La Seconde Guerre Mondiale a fait près de 60 millions de morts, civils et militaires compris.  La Shoah, dit "La Solution finale", est l'extermination par l'Allemagne Nazie de 6 millions de Juifs en Europe. Les Tziganes ont été, eux-aussi, persécutés pas les Nazis. Tout comme les Juifs, ils étaient considérés comme des êtres inférieurs. Environ 250 000 Tsiganes aurait été tués par les allemands, soit 25% de leur population.

      Ce DVD témoigne également des violences de cette guerre totale et d'anéantissement avec le génocide des Juifs, la Shoah ainsi que celui des Tsiganes. Il a donc pour objectif de témoigner des  souffrances de ces personnes revenues de l'enfer, afin de conserver leurs témoignages avant qu'ils ne disparaissent, comme avec André Rogerie un résistant témoin de la Shoah et du génocide tzigane et  décédé l'année dernière.

    En Europe, 600 000 déportés, pour raisons politiques ou actes de Résistance, ont perdu la vie dans les camps.

    En France, on déplore 85 000 déportés, politiques ou pour fait de Résistance. Seulement 60% reviendront de l'enfer.

    De plus, 76 000 personnes, dont 11 000 enfants ont été déportés à cause de leur origine ethnique. Malheureusement, 97% des déportés juifs ne reverront plus jamais leurs proches.

    En ce qui concerne l'Anjou, un tiers des 1300 personnes déportées survécurent. Sur 1024 Résistants, 40% d'entre eux reviendront, et sur plus de 240 juifs, 3% survivront. Sur les huit témoignages du documentaire, six concernent des déportés.

     

      II) huit Témoins dont six déportés

    Les liens des biographies ci dessous mènent vers des panneaux réalisés par des élèves de 1ère ES en 2011, 2012 ou 2013.

         André Rogerie est né le 21 décembre 1921. Il a deux vocations, le militarisme et la religion ce qui l'aide pour sa survie durant son périple. Il a fait son premier acte de Résistance le 25 juin 1940, après la demande de capitulation du maréchal Pétain. Il est arrêté par la Gestapo le 3 Juillet 1943 après avoir tenté de rejoindre les alliés d'Afrique du Nord. Il est par la suite emprisonné dans différents lieux. A Compiègne, il est déporté au mois d’octobre 1943. Ensuite, il connaît tour à tour différents camps, ceux de Buchenwald, Dora, Maidanek et Auschwitz-Birkenau où il est arrivé le 18 avril 1944. Durant cet été, il assiste aux exterminations des Juifs hongrois et tziganes. Le 18 janvier 1945, il part du camp au cours des marches de la mort, traversant les camps de Gross-Rosen, Nordhausen, à nouveau Dora et pour finir Harzungen. Il a connu ainsi 8 camps dont 2 camps d'extermination. C’est au cours de cette dernière évacuation, en mai 1945, qu’il commence la rédaction de "Vivre c’est vaincre" qu’il achève de rédiger en octobre. Il a besoin de témoigner rapidement pour dénoncer l'atrocité de la guerre. De retour en France, il rentre à l’école de St Cyr afin d'entamer une carrière de militaire où il deviendra Général.

     

    Clément Quentin est né le 18 Septembre 1920 dans le Maine-et-Loire. Après la poignée de main entre  Hitler et Pétain à Montoire en octobre n 1940, il décide de rentrer dans la Résistance. Avec son réseau Libération Nord, il participe à la formation d' une Armée Secrète dans l'attente du débarquement des alliés. La Gestapo l'arrête le 26 avril 1944 et il est torturé dans la  prison d' Angers, puis  déporté au camp de concentration de Dachau. Il attrape la diphtérie et sert de cobaye humain. Destiné à mourir, il ne pèse que 30 kilos lors de sa libération par les Américains le 26 avril 1945. Il décide de témoigner pour faire part de son parcours.

         Jacques Chupin est né à la Pommeraye le 29 mai 1921. Il multiplie les actes de Résistance autour de son village après la capitulation de la France en juin 1940. Avec un de ses amis, ils refusent le Service du Travail Obligatoire en 1943 et  décident de rejoindre les Forces Françaises Libres mais ils se font arrêter le 27 Février à Bayonne.  Il est emprisonné à Biarritz, au Fort du Hâ à Bordeaux puis à Compiègne pour enfin être déporté au camp de Sachsenhausen, à Oranienburg. Lors de l’évacuation du camp, le 21 avril 1945, il connaît les marches de la mort. Après cette terrible ultime épreuve, il rentre dans son village où il reprend l’entreprise de maçonnerie de son père. Il révélera son histoire dans l’ouvrage "Face à l’inimaginable" pour témoigner, résister.


     

         Bernard Maingot est né le 20 mai 1925. Afin de résister, il distribue des tracts dans lequel Le Général De Gaulle fait un appel aux jeunes pour s'engager. Le 19 Février 1944, la Gestapo l'arrête et est emmené en prison avec son père à Angers. Son père est relâché mais lui est interné dans le centre de regroupement à Compiègne pour finalement être déporté au camp de Mauthausen. Il est ensuite transféré à Ebensee, dernier camp libéré par les Américains le 6 mai 1945. Il échappe de justesse à l’extermination des derniers témoins, organisée par les Nazis dans une des galeries souterraines remplis d’explosifs. A son retour, après un séjour de convalescence à Chalonnes, il travaille dans la boucherie de son beau-père.

         Odette Blanchet-Bergoffen est né le 19 octobre 1924 dans le Maine-et-Loire. En juillet 1942, une partie de la famille Moscovici, leurs voisins, se font arrêtés. Elle décide alors de s'engager dans la Résistance, leur faisant de faux-papiers. Elle a un rôle de messager. Elle se marie à Léo Bergoffen le 26 avril 1946. Par la suite, elle tiendra un commerce à Angers. Elle reçoit la médaille des « Justes parmi les Nations » en 1994 pour avoir sauvé les enfants Moscovici.

         Léo Bergoffen est né le 30 Octobre 1922 à Berlin d'une famille juive austro-hongroise. Exclus de la vie sociale et économique, ils se réfugient à Angers en 1939. En 1942, Léo Bergoffen décide de rallier la zone libre pour travailler. Ses parent sont déportés à Auschwitz le 20 Juillet 1942, dont ils ne reviendront pas. Il est à son tour arrêté le 26 août 1942 pendant la première rafle en zone libre. Léo Bergoffen est ensuite transporté au camp d’internement de Drancy. Quelques jours plus tard, il est transféré vers le camp d'extermination d'Auschwitz, 1015 autres personnes et lui sont déportées par le convoi n°27 dont seulement trente survivront. Il est évacué du camp le 18 janvier 1945, après avoir connu les marches de la mort. Les Russes le libérent en mai  1945. De retour à Paris, il assiste à une conférence du docteur Moscovici, dans le Maine-et-Loire où il fait la rencontre d'Odette Blanchet, qui deviendra par la suite sa femme. Il témoigne dès qu'il peut pour raconter les horreurs de la guerre.

         Henri Borlant est né le 5 Juin 1927. Il est arrêté avec son père et son frère Bernard et sa sœur Denise le 15 Juillet 1942. Ils font partie du convoi n°8,le seul convoi parti de province directement pour Auschwitz. Seules vingt personnes de ce convoi  survivront à la fin de la guerre. Après les marches de la mort à partir de fin 1944,organisées par les nazis pour fuir l'avancée des soviétiques, il parvient à s’échapper du camp d’Ohrdruf en 1945, la veille de l’arrivée des Américains. Ayant perdu les trois autres membres déportés de sa famille , il rentre à Paris où il retrouve sa mère et ses cinq plus jeunes frères et sœurs. Il reprend ses études avec détermination et devient  médecin. Il rédige la préface du livre "Convoi N°8»; cela lui   donne l'envie d'écrire son propre témoignage publié en mars 2011: « Merci d'avoir survécu », phrase qu'un élève lui a dit lorsqu'il l'a rencontré.

         Madeleine Borlant-Ancelle, sœur d'Henri Borlant, est né le 15 août 1936 d'une famille juive de neuf enfants. Elle quitte Paris pour St Lambert du Lattay à la veille de l'entrée en guerre. Madeleine ainsi que ses trois sœurs, son frère Roger et sa mère doivent se cacher pour éviter d'être arrêtés, aidés par plusieurs habitants. Elle retrouve à Paris en 1945 son grand frère Henri survivant  d'Auschwitz contrairement à son père, une grande soeur et un autre grand frère déportés en juillet 1942.

        

        III) face à la nuit

         Ce film retrace l’enfer de la vie concentrationnaire nazie à travers les histoires d’anciens déportés du Maine-et-Loire et de documents des Archives Départementales. « La porte s’ouvre, et là, on a conscience qu’on s’engouffre vraiment dans l’enfer » (Maingot) On y découvre à l'intérieur de ce documentaire, les arrestations, les convois et l'arrivée dans les camps ainsi que la vie difficile endurée  pour leurs familles  jusqu'à leur retour en France en 1945. Ces hommes et femmes, Juifs(ves) ou Résistant(e)s, qui nous font partager ces moments cruels de l’Histoire. "On y découvre les destins croisés d’hommes et de femmes, Juifs ou résistants, qui nous font partager avec pudeur, émotion et force, ces lourds moments de l’Histoire. En confiant leurs douloureux souvenirs, ils délivrent aussi aux jeunes un message de tolérance et d’espoir pour que de telles horreurs ne se reproduisent plus."

     

      ce DVD présente le  convoi n°8, le seul convoi direct de province, en l'occurrence Angers, à Auschwitz. Il comportait 824 juifs, dont 430 femmes de différentes nationalités. Seulement 20 juifs survécurent, dont 2 femmes. Plusieurs membres des familles Borlant, Moscovici ainsi que Bergoffen étaient dans ce convoi. Seuls Lazar Moscovici et Henri Borlant survécurent dans leurs familles respectives.

    Des résistants, tels que Clément Quentin, Odette Blanchet, Bernard Maingot ou encore Jacques Chupin, sont également présentés dans ce DVD.

     

    IV) les derniers Témoins aujourd'hui.

     

         Aujourd'hui, ils ne peuvent plus tous témoigner autant qu'auparavant, à cause de leur condition physique ou du fait de leur âge. Par conséquent, les déplacements les fatiguent de plus en plus. De plus, Madeleine Borlant-Ancelle ne témoigne plus du tout : Elle était  très émue à chaque fois qu'elle se remémore ses douloureux souvenirs. En revanche, son frère, Henri Borlant est maintenant sollicité par de grands organismes, comme l'ONU notamment, pour le 70ème d'Auschwitz puisqu'il est aujourd'hui l'un des seuls "revenants de l'enfer" à pouvoir encore intervenir loin d'ici. Nous avons eu la chance d'échanger avec lui le 6 janvier 2015 au Mémorial de la Shoah

    Voir extrait vidéo

     

    Ainsi qu'avec Mme Chombard de Lauwe, jeune résistante, emprisonnée à Angers, déportée au camp pour femmes de Ravensbruck.

          Nous avons rencontré  également Léo Bergoffen, Odette Blanchet-Bergoffen, Jean-Claude Moscovici et Bernard Maingot le mardi 28 avril, lors de la restitution  de nos travaux :

    Jean Claude Moscovici, Mme Chantal Lazarus,M.Bernard Maingot et Mme Michelle Rousseau

    Jean Claude Moscovici,Chantal Lazarus,Bernard Maingot et Michelle Rousseau-Raimbaud Odette Blanchet-Bergoffen et Léo Bergoffen

    M.Maingot Bernard (déporté à Mauthausen pour faits de résistance),

    M. Léo Bergoffen ( né à Berlin, déporté à Auschwitz en 1942 pour raisons raciales) ,

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen (résistante et Juste parmi les nations pour avoir sauvé Jean-Claude , Liliane Moscovici  et leur mère),

    M.Jean Claude Moscovici (interné à Drancy à 6 ans, sauvé par Mme Odette Blanchet, auteur de "Voyage à Pitchipoï"),

    Mme Lazarus ( cachée à Tours puis Paris dans une famille juive et résistante),

    Mme Rousseau Raimbaud (fille d'un résistant-déporté à Mauthausen et  mort en déportation).

    IV) "Faites attention. C'est important." André Rogerie

     

         Ainsi, en confiant leurs douloureux souvenirs, ils transmettent aux jeunes un message de tolérance et d’espoir afin d'éviter que de telles atrocités ne se reproduisent encore à l'avenir. C’est pourquoi ils ont souhaité faire partager leurs précieux témoignages à travers ce documentaire pour continuer à prolonger ces souvenirs d'hommes et de femmes, liés à notre histoire avant qu'ils ne s'éteignent, comme cela a été le cas pour André Rogerie l'an passé. En effet, nous sommes sûrement la dernière génération à pouvoir bénéficier de la narration de leur émouvante épopée "en vrai", c'est-à-dire en pouvant les voir et les interroger.  

    Seul bémol comme l'écrit Yves Boiteau dans Angers mag.info, ce DVD est, certes, disponible dans tous les collèges et lycées du Maine-et-Loire, ainsi que dans les  musées et aux lieux de mémoire dans le département et partout en France, cependant il n'est malheureusement pas (encore) accessible pour le grand public. 

     

    "Le racisme, c'est ce qu'il y a de plus terrible

    parce que les gens sont d'une autre société, on les condamne.

    Faites attention. C'est important."

    André Rogerie

    "Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre"

    Winston Churchill

    Sources

    Liens vers les travaux des classes de 1ère ES avec le blog 2014 et  les travaux 2013, 2012 et 2011 sur la Résistance, la Shoah et le génocide tsigane.

    Lien vers le livret du DVD  «  Témoins de la nuit » du conseil général du Maine et Loire réalisé en 2012 « il s'appuie sur les récits de six déportés liés à l'Anjou ( Léo Bergoffen, Henri Borlant, Jacques Chupin, Bernard Maingot, Clément Quentin et André Rogerie), Madeleine Borlant-Ancelle qui s’est cachée pendant la guerre et Odette-Blanchet ( résistante et juste parmi les nations)" ( taille du livret = 7 Mo)

    Travail réalisé en Accompagnement Personnalisé

    par Antoine Froger , Timothée De Germain et   Alban Pellen,

    élèves de 1ère ES. Lycée Henri Bergson . 2015.

     

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  • Deux déportés angevins "parmi d'autres" à Auschwitz : Léo Bergoffen et Lazar Moscovici.

    Publié le vendredi 13 mars 2015 12:21 - Mis à jour le mardi 12 mai 2015 23:04

    Deux déportés angevins "parmi d'autres" à Auschwitz : 

    Léo Bergoffen et Lazar Moscovici.

     

    Durant la seconde guerre mondiale entre 1942 et 1945, plus de 70 000 personnes de religion juive ont été déportés de France jusqu'aux camps de la mort. Au cours de ces années, Léo Bergoffen et Lazar Moscovici, deux jeunes hommes vivant dans le Maine et Loire, ont subi l'horreur de l'antisémitisme et du nazisme. Malgré cela, ils ont réussi physiquement et mentalement à surpasser toutes ces épreuves, et sont devenus des rescapés de ce génocide.

     

    Quelles ont été les étapes de leur libération en 1945?

    Que sont-ils devenus après leur retour?

     

     

    I) Lazar MOSCOVICI, un angevin rescapé d'Auschwitz grâce à son statut de médecin

     

    A) D'Auschwitz à Ebensee puis  libéré par les Américains

    Lazar Moscovici est un médecin  juif habitant Vernoil près de Saumur, déporté avec ses deux frères à Auschwitz en juillet 1942. Au début, durant l'été 1942 , il a survécu dans un premier temps au camp de la mort avec l'aide de  ses deux frères. Après avoir perdu les  membres de sa famille, Lazar,  est resté en vie grâce à son rôle de médecin permanent au sein du camp. Il est resté dans le camp d'Auschwitz-Birkenau jusqu'au 8 janvier 1945. Ensuite, il a subi pendant trois jours et trois nuits les marches de la mort, durant lesquelles il marcha jusqu'à la gare, en direction du camp de concentration de Mauthausen, situé au nord de l'Autriche. Au final,  Lazar Moscovici a été transféré dans le camp d'Ebensee où il fut libéré début mai 1945 par les américains.

     A son retour, Lazar Moscovici a apprit qu'il était le seul survivant des six membres déportés de sa famille. Un peu plus tôt avant sa libération, les neveux de ce dernier étaient rentrés dans leur maison à Vernoil. Ils attendaient avec impatience le retour du reste de la famille. Cependant, un jour ils reçurent une lettre de leur oncle Lazar disant: « Je suis par miracle, un des rares survivants du camp d'Ebensee, et libéré maintenant, je compte bientôt rentrer ». Ils comprirent alors que Lazar était le seul survivant des marches de la mort et qu'ils ne reveront plus jamais aucun des cinq  autres membres de la famille Moscovici. Quelques semaines plus tard, Lazar fut de retour à la maison familiale. Il était très affaibli.

     

    B) Un témoignage et les engagements  de Lazar Moscovici dès son retour en Anjou

    Dès son retour en 1945, Lazar Moscovici a témoigné devant tous les habitants de son village du Maine et Loire, afin que personne n'oublie la cruauté des actes nazis perpétrés dans les camps mais également dans le but  de faire réagir : un tel crime ne doit pas se reproduire. En effet, avec son statut de médecin il a pu observer, analyser et enregistrer différemment des autres déportés tous les événements et tous les actes émis par les Allemands. Ainsi, grâce à ces témoignages, l'humanité a été au courant très rapidement, de la barbarie nazie. Personne ne l'oubliera. Son témoignage a été publié par la suite, en 2010, "1942, Convoi n°8".  Cet ouvrage regroupe deux témoignages de deux médecins. Celui du Dr André Lettich et celui du Dr Lazar Moscovici, tous deux déportés le 20 juillet 1942, depuis Angers vers Auschwitz par le convoi n°8. Ce récit évoque la place des médecins déportés à Auschwitz et décrit avec précision les expériences médicales réalisées sur les déportés. Grâce à la mémoire intacte des deux médecins déportés, les hommes et les femmes ont connu au fur et à mesure la vérité et la cruauté subie dans les camps en particulier les expériences médicales sur des cobayes humains.


    A son retour, il a élévé, comme ses propres enfants, sa nièce Liliane et son neveu Jean-Claude,  dont le père est mort lors de la déportation. Par la suite, plus âgé, Jean-Claude Moscovici a  écrit lui aussi un témoignage. Son livre s'intitule "Voyage à Pitchipoï". Pitchipoï était le surnom que donnaient les juifs français aux camps tels que Auschwitz Birkenau. Cela désignait une destination inconnue, mystérieuse mais  redoutée des convois de déportés.

            

     Extrait du roman Voyage à Pitchipoï :

    "On parlait souvent d'un endroit où nous irions peut-être après Drancy, qui s'appelait Pitchipoï. Peut-être y retrouverions-nous nos parents ? C'était un lieu mystérieux où certains étaient déjà partis, mais dont personne ne semblait avoir de nouvelles. C'était à la fois la promesse de la liberté et l'angoisse de l'inconnu. Pitchipoï revenait souvent dans la conversation. On était toujours un peu en partance pour Pitchipoï. De temps en temps, dans la grande cour, on assistait au suicide de personnes qui se jetaient du quatrième étage sur l'avancée en béton surplombant le rez-de-chaussée. On venait tout de suite les prendre sur une civière. On s'habituait à assister à de tels spectacles."    - Jean-Claude Moscovici, Voyage à Pitchipoï, éd. L'École des Loisirs, coll. « Medium », Paris. Autobiographie d'un enfant interné au camp de Drancy, pendant l'Occupation. Il n'avait que 6 ans en 1942.

     

     

     

    II) Léo BERGOFFEN, un jeune angevin déporté à Auschwitz

    A) Après les marches de la mort, il est libéré par les soviétiques

    Léo Bergoffen est un juif né à Berlin.Réfugié à Prague puis à Angers, il sera arrêté durant l'été 1942 en zone "libre" en tant que juif étranger et remis aux allemands.  Ancien déporté par le convoi n°27, il a subi l'horreur dans les camps nazis dans un sous-camp autour d'Auschwitz puis durant l'été 1944 dans le camp d'Auschwitz proprement dit. Du 18 janvier 1945 au 11 mai 1945, Léo a connu les marches de la mort. Lui et les déportés ont marché un millier de kilomètres au total, soit 20 à 30 kilomètres par jour sans quasiment rien manger. Suite à l’avance des troupes soviétiques à l’Est, Léo Bergoffen a été évacué vers l’Ouest. Le 18 janvier 1945, un rassemblement avec tous les survivants a eu lieu devant l'entrée du camps. Les Allemands ont évacué les juifs des camps et entassé les hommes et les femmes qui étaient affaiblis dans des wagons. De plus, des soldats SS ont mitraillé des individus pour ainsi réduire le nombre de prisonniers. Selon eux, ces derniers étaient trop " lents ". Léo Bergoffen dit:  « Les Allemands voulaient nous envoyer à Buchenwald. Physiquement impossible pour certains. Les SS nous ont mitraillé pour diminuer le nombre ». Lors des marches de la mort, les déportés ont dormi dans une mine abandonnée. Cependant, de nombreuses personnes ont été asphyxiées à cause de gaz présents dans celle-ci. Le lendemain matin, les survivants se sont retrouvés sous une pile d'hommes morts. Cette pile avait une forme de "cloche". Malgré ce nombre important de morts, quelques personnes ont réussi à s'enfuir car la sécurité n'était pas toujours rigoureuse en cette période de chaos. Léo Bergoffen a été libéré par les soviétiques, le 11 mai 1945.

    B) Affaibli, il rentre à Prague puis en France

    A son retour, Léo Bergoffen est très affaibli. Il pesait à peine 40 kilos. Il est donc par la suite hospitalisé d'urgence en Allemagne. Après quelques jours de repos à l'hôpital, il s'est rendu avec d'autres déportés, à Prague, et fit la rencontre de l'officier responsable de la mission militaire, avec qui il rentra à Paris. En France, il a obtenu des papiers provisoires, et une chemise propre. Il a également subit un contrôle médical à l'hôtel Lutécia. Léo Bergoffen prenait 1 kg/jour. Pour se reposer dans sa chambre, il prenait en général un pain de six livres et un pot de confiture. Lorsque Léo Bergoffen est rentré à Angers, il apprit la mort de ses parents, Jacob et Tilly Bergoffen. Ces derniers ont été arrêtés le 20 juillet 1942, puis déportés à Auschwitz par le convoi n°8, parti directement d'Angers. Selon Léo Bergoffen, sa connaissance des langues est l'élément principal qui l'a sauvé.  En comprenant les ordres, il a évité les coups des tortionnaires et la mort. Sa première langue d'usage était l'allemand car ce dernier est né à Berlin le 30 octobre 1922.

     

    C) Léo BERGOFFEN et Lazar MOSCOVICI, liés par le passé

    Léo Bergoffen a tout au long de son parcours été aidé par son ancien patron. Ces derniers se sont rendus à Mouliherne, lieu où Léo a rencontré Odette Blanchet lors de la conférence du Docteur Lazar Moscovici, frère du mari de Louise Moscovici : Ephraïm Moscovici. Comme on le disait précédemment Lazar a lui aussi été déporté à Auschwitz par le convoi n°8. Cela va donc créer un lien entre les deux hommes: Lazar Moscovici et Léo Bergoffen. Il a épousé par la suite, Odette Bergoffen le 26 février 1946. Cette dernière était une résistante. Elle a été nommée chevalier de la légion d'honneur et "Juste parmi les Nations" après avoir sauvé trois membres de la famille Moscovici: Madame Louise Moscovici, et ses deux enfants Liliane et Jean Claude Moscovici. Odette était la voisine des Moscovici. Elle leur a été d'une aide très importante et vitale. Elle les a caché et les a hébergé chez elle et ses parents.

     


    Liliane, Jean-Claude Moscovici et Odette Blanchet durant l'été de 1944.

    collection privée Mme Blanchet-Bergoffen

     

    Après leur mariage, Léo Bergoffen et Odette Blanchet ont tenu un commerce à Angers.

    Léo Bergoffen considère toujours qu'il a eu beaucoup de chance. Cependant il a décidé de provoquer une rupture avec sa religion juive, car en tant que juif, épouser une catholique était considéré comme un crime.

     

    Les paroles de Léo Bergoffen:  " Il n'est pas question pour moi de changer de religion, je ne peux renier mes origines, mais je ne crois plus en l'existence d'un Dieu, après avoir vécu toutes ces années.


           Mr et Mme Bergoffen en 1946.

    collection privée de M.et Mme Bergoffen

    Odette et Léo Bergoffen, sont maintenant des retraités et habitent à  Avrillé. Depuis plusieurs années, ces derniers racontent à travers de nombreux témoignages leur parcours pendant la seconde guerre mondiale. De collèges en lycées, ou bien encore à la synagogue d'Angers, le 23 juillet 2014, Léo et Odette ont fait part de leur histoire de façon pudique, mais également en y ajoutant une légère pointe d'humour.

     

    Quelques paroles d'Odette Bergoffen:

    «Nous avons mis longtemps avant de témoigner. Peut-être 20 ou 30 ans. Avant cela, nous tenions un commerce et personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Léo, nous a dit Odette Bergoffen. En 1992, un ancien déporté est venu nous rendre visite, le docteur Hafner, et nous a dit qu'il allait témoigner au grand séminaire d'Angers, rue Barra. C'est à partir de ce moment là, grâce au docteur Hafner, que nous avons commencé à raconter. Avant, juste après la guerre, nous pensions que les gens ne voudraient pas y croire, c'était tellement impensable..

    Lycée Henri Bergson , le 28 avril 2015

    Jean Claude Moscovici, Mme Chantal Lazarus,M.Bernard Maingot et Mme Michelle Rousseau

    M.Jean-Claude Moscovici, Mme Lazarus, M.Maingot et Mme Rousseau-Raimbaud

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen

    et M.Léo Bergoffen

    M.Maingot Bernard (déporté à Mauthausen pour faits de résistance),

    M. Léo Bergoffen ( né à Berlin, déporté à Auschwitz en 1942 pour raisons raciales) ,

    Mme Odette Blanchet-Bergoffen (résistante et Juste parmi les nations pour avoir sauvé Jean-Claude , Liliane Moscovici  et leur mère),

    M.Jean Claude Moscovici (interné à Drancy à 6 ans, sauvé par Mme Odette Blanchet, auteur de "Voyage à Pitchipoï"),

    Mme Lazarus ( cachée à Tours puis Paris dans une famille juive et résistante),

    Mme Rousseau Raimbaud (fille d'un résistant-déporté à Mauthausen et  mort en déportation).

    Sources :

    • Lien vers le panneau biographique sur Léo Bergoffen réalisé en 2011
    • Lien vers le panneau sur la famille Moscovici réalisé en 2011
    • lien vers le panneau sur le témoignage de   Lazar Moscovici réalisé en 2012
    • Henri Borlant, "1942, Convoi n°8 "préface d’Henri Borlant, édition du retour, David Moscovici, 2009, 248 pages, 940.53 LET
    •  Léo Bergoffen et Odette Blanchet-Bergoffen lorsque les fils de l'histoire du 20ème siècle s'entrecroisent de Berlin à Vernoil en passant par Prague, Tours, Angers, Paris, Auschwitch, Morannes et Avrillé, source blogs des années précédentes du lycée Henri Bergson, juin 2014, 26 pages, 940.53 COC
    • Document sur la vie de M.Bergoffen et Mme Blanchet-Bergoffen, source blogs des années précédentes du lycée Henri Bergson, 32 pages, 940.53 COC
    • «Témoins de la nuit» documentaire du conseil général du Maine et Loire réalisé en 2012.

     

    Travaux réalisés en Accompagnement Personnalisé par

    Barault Chloé, Bertheloteau Louise, Bouamama Aliya, Cadeau Manon, Dupont Messie. 

    élèves de 1ère ES . Lycée Henri Bergson 2014-2015.

     

    Article suivant sur La libération d'Auschwitz et son rôle dans la connaissance de l'univers concentrationnaire de 1945 à 2015.

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