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Espace pédagogique d'établissement

"La libération des camps nazis, le retour des déportés angevins" ( 2015)

Le camp de Mauthausen, l'un des derniers camps libérés par les alliés

Publié le lundi 16 mars 2015 16:53 - Mis à jour le mardi 12 mai 2015 23:09

Le camp de Mauthausen, l'un des derniers camps libérés par les alliés

 

 Le camp de Mauthausen a été construit par des prisonniers politiques , des républicains espagnols, en 1938 ; selon Hitler il était « destiné à durer 100 ans ». C’était une forteresse en granite. Il est utilisé comme camp de concentration dès le 8 août 1938 pour des prisonniers politiques. C’est un des derniers camps d’Europe à avoir été libéré le 5 mai 1945 par la 11ème Division Blindée américaine. Cependant, le camp avait été déserté le 3 mai par les Nazis, après plusieurs tentatives d’extermination totale des prisonniers. Sur plus de 198 000 déportés, seulement 80 000 en reviendront.

« Je n’oublierais jamais, ni ne pardonnerait » est une phrase prononcée par le capitaine américain, 50 ans après la libération du camp.

 

I) Les escaliers de la mort, une des images les plus célèbres des camps après la guerre

Du dehors, il était impossible d’apercevoir la sinistre carrière de granit d’où s’élançait un escalier de 186 marches inégales, taillé dans la masse, qui desservait les différents chantiers du camp. Les détenus devaient le monter à une cadence rapide en portant sur leur dos de gros blocs de granit extraits de la carrière. Si quelqu’un tombait, il risquait d’être piétiné à mort par les hommes qui suivaient. Celui qui ne gardait pas la cadence était repoussé dans l’escalier par un coup de pied des SS et entraînait souvent d’autres hommes dans sa chute. Si, pour une raison ou une autre, quelqu’un arrivait en haut sans sa charge, les gardes l’emmenaient à l’à-pic de la falaise qu’ils surnommaient le « Fallschirmsprung », c'est-à-dire le « saut en parachute », d’où ils le précipitaient dans le vide. La vision terrifiante de corps pendus rappelait à tous que chaque jour pouvait être le dernier.

II) Le serment de Mauthausen – 16 mai 1945.

Le serment de Mauthausen a été rédigé sous la forme d’un appel, connu depuis sous le nom de serment du 16 mai 1945, lors de la cérémonie tenue à l’intérieur du camp central, et organisée par le comité international du camp.

« Voici ouvertes les portes d’un des camps les plus durs et les plus sanglants, celui de

Mauthausen. Dans toutes les directions de l’horizon, nous retournons dans des pays libres et affranchis du fascisme.

Les prisonniers libérés, hier encore menacés de mort par la main des bourreaux du monstrueux nazisme, remercient du fond de leur cœur les armées alliées victorieuses, pour leur libération et saluent tous les peuples à l’appel de leur liberté retrouvée.

Le séjour de longues années dans les camps nous a convaincus de la valeur de la fraternité humaine. Fidèles à cet idéal, nous faisons le serment solidaire et d’un commun accord, de continuer la lutte contre l’impérialisme et les excitations nationalistes. Ainsi que par l’effort commun de tous les peuples, le monde fut libéré de la menace de la suprématie hitlérienne, ainsi il nous faut considérer cette liberté reconquise, comme un bien commun à tous les peuples. La paix et la liberté sont la garantie du bonheur des peuples et l’édification du monde sur de nouvelles bases de justice sociale et nationale est le seul chemin pour la collaboration pacifique des États et des peuples. Nous voulons, après avoir obtenu notre liberté et celle de notre nation, garder le souvenir de la solidarité internationale du camp et en tirer la leçon suivante : Nous suivons un chemin commun, le chemin de la compréhension réciproque, le chemin de la collaboration à la grande œuvre de l’édification d’un monde nouveau, libre et juste pour tous. Nous nous souviendrons toujours. Des immenses sacrifices sanglants de toutes les nations qui ont permis de gagner ce monde nouveau. En souvenir de tout le sang répandu par tous les peuples, en souvenir des millions de nos frères assassinés par le fascisme nazi, nous jurons de ne jamais quitter ce chemin.

Sur les bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats tombés pour la liberté Le Monde de l’Homme libre ! Nous nous adressons au monde entier par cet appel: aidez-nous en cette tâche.

Vive la Solidarité internationale !

Vive la Liberté ! »

Ce serment a pour but de d’obtenir la compréhension réciproque des déportés, de se soutenir dans ce qu’ils ont vécu mais aussi de lutter contre le fascisme et l’exploitation politique. Ce serment va donc servir à éviter que ces événements tragiques ne se reproduisent. Cependant ce n’est qu’en 1949 que le camp de Mauthausen devint un mémorial national.

II) Une vingtaine de  mémoriaux nationaux.

Le camp de Mauthausen compte une vingtaine de monument nationaux dédiés a la mémoire des morts et des déportés de ce camp.

Parmi ces monuments, deux ne sont pas d'origine gouvernementale, ce sont les mémoriaux français et a la mémoire des républicains espagnols. Ils ont été érigés tout deux par la volonté de l'amicale française. Ils ont un point commun important, c'est celui d’être multi-culturel ; en effet, ils sont tous deux rédigés en quatre langes différentes, ce qui est une exception parmi les autres mémoriaux. Ils ont aussi été tout deux construits en granit de Mauthausen. Le monument espagnol, datant de 1962, a été réalisé après celui dédié aux français en 1949, c'est le même architecte qui a dirigé le projet. De plus, l'érection du monument espagnol est un moyen de nouer des liens entres l'amicale française qui est donc initiateur de la démarche, et les républicains espagnols qui ont formé une commission pour l'érection de ce monument. La symbolique de ces édifices est très forte, on peut en effet noter une références directe a la culture espagnole dans le monument dédié aux républicains, tels que l'affiliation des colonnes aux cyprès, symbole de deuil en Espagne. On peut donc noter un investissement très important de l'amicale français des déporté de Mauthausen et leurs familles. L'édifice est parmi les plus imposants , c'est une colonne d'environ 6 mètres de haut avec au sommet le livre d'or des noms des 4665 français assassinés dans ce camps. Ces noms sont inscrits dans un grand cœur en cuivre. Aux cotés de cette colonne, on trouve un lieu de mémoire symbolisé d'un mur avec une ouverture symbolisant la distinction des déportés français.

 

 

III) Bernard Maingot, un résistant angevin déporté en 1944

Né le 20 mai 1925 à Angers, il a 14 ans lorsque la guerre est déclarée. Pour occuper ces soirées, il chante dans des chœurs, danse et fait de la figuration au théâtre d’Angers, jusqu’au jour où il rencontre Louis Enizant. A l’automne 1943, après quelques discussions avec ce camarade, Bernard Maingot décide de distribuer des tracts sur lesquels le Général de Gaulle appelle les jeunes à s’engager dans la résistance. Il sera alors agent de liaison pour LIBRE-NORD.

Le 19 février 1944, Bernard Maingot est arrêté par le Gestapo et emmené à la prison du Gré-Pigeon à Angers avec son père. Ce dernier sera libéré au bout de trois semaines tandis que Bernard Maingot sera interné dans le centre de regroupement de Compiègne puis déporté au camp de Mauthausen le 8 avril 1944. Son numéro de matricule était le 62 739.

Transféré à Ebensee, il échappera de justesse à l’extermination des derniers témoins, organisée par les Nazis dans l’une des galeries souterraines bourrées d’explosifs.

De retour à Angers, Bernard Maingot travaillera dans la boucherie de son beau-père. Dans les années 60, il suivra une formation et deviendra agent général d’assurance jusqu’à sa retraite.

IV) la Mémoire

Témoin actif de la déportation, Bernard Maingot sera vice-président de l’Amicale des Déportés de Mauthausen.

Photographie de M.Guillet

avec l'aimable autorisation de M.Maingot

 

Cette amicale, a été présidée pendant quelques années par Michelle Rousseau-Rambaud,une ancienne proviseure angevine qui s'est investie au sein de cette amicale après le décès tragique de son père, dans le camp de Mauthausen. De plus, cette dernière, n'hésite pas à se déplacer afin de transmettre la mémoire de ces événements, ce qu'elle a d'ailleurs fait pour nous. Angers Télé a réalisé un reportage dans notre classe de 1ère ES (Extrait du journal du mardi 27 janvier d' Angers Télé ) lors du 27 janvier, 70 ème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz.

 

 

 

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En janvier 2015, nous avons aussi rencontré Mme Marie Jo Chombard de Lauwe, résistante, emprisonnée à Angers, déportée au camp pour femmes de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen avant sa libération par l'armée américaine.

Cette ancienne déportée ,présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Grand Croix de la Légion d'honneur, nous a appris que le travail de mémoire était très important afin de se souvenir et d'éviter que de telles atrocités ne se reproduisent.

Conclusion :

Les horreurs perpétuées dans ce camp de concentration ont duré pendant 6 longues années ; 198 000 hommes résistants, prisonniers de guerre soviétique, opposants politiques,... ont été détenus dans ce camp. Les déportations se    sont arrêtées à l'abandon du camp, après la destruction des preuves. Ainsi le serment de Mauthausen a pour objectif de  perpétuer la mémoire de ces déportés à travers le temps, et cela va continuer, nous l'espérons.

"En janvier 2015, nous avons aussi rencontré Mme Marie Jo Chombard de Lauwe, résistante,emprisonnée à Angers, déportée au camp pour femmes de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen avant sa libération par l'armée américaine".

                        

                 

"Cette ancienne déportée ,présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Grand Croix de la Légion d'honneur, nous a appris que le travail de mémoire était très important afin de se souvenir et d'éviter que de telles atrocités ne se reproduisent"

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Lycée Henri Bergson , le 28 avril 2015

Jean Claude Moscovici, Mme Chantal Lazarus,M.Bernard Maingot et Mme Michelle Rousseau

Mme Odette Blanchet-Bergoffen et M. Léo Bergoffen

M.Jean-Claude Moscovici, Mme Lazarus, M.Maingot et Mme Rousseau-Raimbaud

Mme Odette Blanchet-Bergoffen

et M.Léo Bergoffen

M.Maingot Bernard (déporté à Mauthausen pour faits de résistance),

M. Léo Bergoffen ( né à Berlin, déporté à Auschwitz en 1942 pour raisons raciales) ,

Mme Odette Blanchet-Bergoffen (résistante et Juste parmi les nations pour avoir sauvé Jean-Claude , Liliane Moscovici  et leur mère),

M.Jean Claude Moscovici (interné à Drancy à 6 ans, sauvé par Mme Odette Blanchet, auteur de "Voyage à Pitchipoï"),

Mme Lazarus ( cachée à Tours puis Paris dans une famille juive et résistante),

Mme Rousseau Raimbaud (fille d'un résistant-déporté à Mauthausen et  mort en déportation).

Sources :

Documentaire "Témoins de la nuit". Conseil général du Maine et Loire. 2012

http://www.campmauthausen.org/ 

Photos : http://www.noublions-jamais.net/camps/mauth-gusen/mauthausen.htm.

Travaux réalisés en Accompagnement Personnalisé

par Juliette Estevez, Thomas Méchin et Jules Boisseau.

1ère ES. Lycée Henri Bergson. 2014-2015

 

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