En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Espace pédagogique d'établissement

" La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi"(2017)

Mauthausen, un camp où l'on mourrait pour construire le III Reich

Par Fabien LONGUET, publié le lundi 30 janvier 2017 13:53 - Mis à jour le vendredi 31 mars 2017 09:52

 

Mauthausen est une petite ville de marché de la Haute-Autriche. Elle se situe sur la rive septentrionale du Danube à la confluence de l'Enns, à 170 km en amont de Vienne et à 22 km en aval de Linz. Elle a une population de 4 850 habitants.

Mauthausen est un camp de travail qui a accueilli de nombreux déportés et où ont été exterminés entre 122 000 et 320 000 déportés. A travers  nos recherches personnelles et au témoignage de Bernard Maingot résistant déporté à Mauthausen nous allons répondre à la question suivante: Comment la négation de l'homme s'exprime-t-elle dans le camps de Mauthausen?

 

 

I ) UN CAMP EN TRANSFORMATION

 

a) D' un camp d'internement à un camp de concentration

Le camps de Mauthausen a été construit par des prisonniers politiques, des républicains espagnols, en 1938 ; selon Hitler il était « destiné à durer 100 ans ». C’était une forteresse en granite. Mauthausen était initialement un camps d'internement pour les criminels de droit commun, les prostituées, et autres criminels. Le 8 mai 1939 il est converti en camps de travail pour les prisonniers politiques.

Le camps de Mauthausen est un camp improvisé et non fini, il était déjà surpeuplé avec les prisonniers de guerre polonais. Le nombre de détenus était d'environ 1080 à la fin de 1938, un an plus tard ils étaient 3000. La principale activité du camp était l'emprisonnement et l'exécution des opposants politiques réels ou imaginaires, si les détenus étaient trop malade ou trop faible pour travailler, ils étaient transférés dans le dispensaire (l'infirmerie) et n'en ressortaient jamais.

b) Des conditions de vie inhumaines pour l'exploitation de la carrières de granit

 

Les prisonniers ne souffraient pas uniquement de malnutrition mais également de baraquements surpeuplés et de violences permanentes de la part des SS et des Kapos. Ils devaient effectuer des travaux très rudes. Le travail dans les carrières était « réservé » aux prisonniers coupables de soi-disant « crimes » dans le camp comme par exemple ne pas avoir salué un Allemand.

Le travail dans les carrières s'effectuait dans une chaleur étouffante ou par des températures de -30 °C . Cela entraînait une mortalité particulièrement élevée. Les rations alimentaires étaient limitées, le poids moyen des prisonniers était de 40 kg. Les rations alimentaires journalières estimées à 1 750 kilocalories durant la période 1940-1942 passèrent à environ 1 300 sur la période 1942-1944. En 1945, les rations étaient encore inférieures et n'excédaient pas 600 à 1 000 kilocalories par jour, moins du tiers de l'énergie nécessaire à un travailleur d'industrie. Des milliers de détenus sont morts de faim.

Les détenus du camp de Mauthausen avaient accès à un sous-camp uniquement réservé aux malades appelé Krankenlager. Malgré la présence d'environ 100 médecins eux-mêmes prisonniers, ces derniers n'avaient accès à aucun médicament et ne pouvaient effectuer que les actes de premiers secours comme le dit Bernard Maingot à son retour du camp : "Alors, là, il y a eu une épidémie d'Erysipèle (Un érysipèle se manifeste par une infection aiguë de la peau due à une bactérie), ce n'est pas...ce n'est pas terrible,maintenant l'Erysipèle, on s'en remet, il suffit d'avoir les médicaments, mais il n'y avait pas de médicaments".

Par conséquent, le « camp hospitalier » comme l'appelaient les autorités allemandes, était finalement un mouroir dont peu de prisonniers ressortaient vivants.

II) Mauthausen, un camp où l'on mourrait pour construire le III Reich

a) L'escalier de la mort ou l'extermination par le travail

Jusqu'en 1942, le camps fut utilisé pour l’emprisonnement et l’exécution des opposants politiques réels et imaginaires. Mauthausen était au service de la machine de guerre allemande et pratiquait l'extermination par le travail. De 1938 à 1941, le camps ne possédait pas de chambre à gaz mais dès le printemps 1940 les prisonniers malades étaient transférés et gazés au château de Hartheim. Et en Octobre 1941 les nazis ont construit une chambre à gaz dans une cave du camp.

 

Mauthausen n'était pas le seul camp de concentration allemand destiné a l’extermination par le travail, mais Mauthausen était l'un des plus sévères et des plus violents. Les conditions de travail étaient jugées particulièrement dures même selon les standards des camps de concentration.

 

La carrière de granit de Mauthausen se trouvait à la base du terrible "escalier de la mort". Les prisonniers devaient porter des blocs de pierre avoisinant les 50kg et devait gravir les 186 marches de l'escalier. Beaucoup de prisonniers tombaient et entraînaient dans leur chute les autres avec eux ; Bernard Maingot : « Enfin bon...Toujours est-il que 186 marches, il y avait toujours les SS qui hurlaient sur les cotés de l'escalier, et celui qui tombait, il était écrasé par les autres. Et ceux qui étaient en fin de...à la fin de cette corvée, devaient charger les blessés où les morts pour les ramener au camp » . Parfois les gardes SS ordonnaient aux prisonnier de se mettre en ligne le long d'une falaise appelée le « mur des parachutistes », sous la menace d'une arme les déportés avait le choix d'être abattu ou de pousser le prisonnier devant lui.

 

b) Un des camps les plus rentables

Mauthausen était l'un des camps nazis les plus rentables. Il a dégagé un bénéfice de 11,000,000 Reichmarks pour la seule année 1944 soit environ 140 millions d'euros de 2011. La production de Mauthausen était nettement supérieure en quantité et en profits dégagés par rapport à tous les autres camps de travail comme Auschwitz. Les entreprises, qui embauchaient les détenus de Mauthausen, étaient des entreprises nationales comme des petites sociétés locales. Les prisonniers étaient également 'loués' en tant que main-d'œuvre forcée et étaient exploités dans les exploitations agricoles locales.

Témoignages de

Mme Chombard de Lauwe

(résistante et déportée au camp de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen )

et de M. Maingot

(résistant angevin, déporté au cam pde Mauthausen)

Conclusion :

La négation de l'homme s'exprime dans le camps de Mauthausen par des conditions de vie apocalyptique, une extermination par le travail où des milliers de prisonniers sont décédés sous les coups des SS et un climat rigoureux. Les prisonniers n'étaient plus des hommes mais des « forces de travail » uniquement vouées à être loués et une fois usés ou malades ils étaient tués.

 

L'un des derniers camps libéré par les alliés

Le 5 mai 1945 le camps de Mauthausen fut libéré par 11e divison blindée de la 3e armée américaine. Il fut l'un des derniers camp libérés . Mauthausen est devenu un mémorial en 1949 et le demeure toujours aujourd'hui.

Sources:

-Wikipédia.

-Témoignage de Bernard Maingot récupéré aux Archives Départemental du Maine-et-Loire (enregistrement de "Témoins de la nuit" du conseil général . 2012).

-Témoignages de Mme Chombard de Lauwe (résistante et déportée au camp de Ravensbruck puis au camp de Mauthausen ) et de M. Maingot (résistant angevin, déporté au cam pde Mauthausen) au lycée

---------------

Lien vers l'article sur Clément Quentin, cobaye humain à Dachau

Lien vers le sommaire