En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

" La négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi"(2017)

Un médecin déporté travaillant à l'"infirmerie" d'Auschwitz : Lazar Moscovici

Par LOIC COCHENNEC, publié le lundi 27 février 2017 13:24 - Mis à jour le vendredi 31 mars 2017 09:26

 

 

       Nous ne pouvons pas qualifier les médecins nazis de médecins dans la mesure où ils ne soignaient pas les déportés mais effectuaient des expérimentations sur eux. Parmi elles, dominaient les expériences pour confirmer l’existence de « races » ou encore des traitements souvent infructueux pour contrer les effets de maladies ou des gaz comme le gaz moutarde par exemple. Une fois qu'un déporté se retrouvait à l'infirmerie, il avait très peu de chance de s'en sortir vivant. De quoi étaient capable les médecins Nazis dans les camp de concentration et d'extermination ? Nous allons évoquer dans cet exposé les souffrances physiques et morales endurées par les déportés juifs de 1942 à 1945. Joseph Mengele étant le principal acteur de ces événements nous l'évoquerons  ainsi que le témoignage de Lazar Moscovisci, un médecin saumurois déporté et enrôlé de force dans ces infirmeries de l'enfer. Puis en seconde partie, nous présenterons les pseudos expériences scientifiques des médecins des camps de la mort.
 

 

 

I) « …les malades étaient assommés ou tués par injections intracardiaque de phénol »

          Maidanek, Tréblinka, Auschwitz, Birkenau, noms qui troubleront les consciences jusqu'à la fin des temps, immenses réservoirs pour les chambres à gaz, enfer permanent pour ceux qui attendaient leur tour.
         De 1941 à 1944, 77 000 Juifs ont été déportés de France. Plus d'un million de juifs européens sont morts dans le centre de mise à mort d'Auschwitz.  Épuisement, maladies, plaies infectées, pas de médicaments, pas de pansements. À la souffrance physique s'ajoutait l'angoisse permanente de recevoir des coups, des morsures de chien, de subir la torture des appels, d'être expédiés dans les kommandos extérieurs. Les médecins déportés n'avaient aucun pouvoir. Ils ne pouvaient pas soigner car ils étaient sous la menace constante d'être accusés de nuire au programme d'extermination comme en avait témoigné Lazar Moscovici qui était infirmier dans les camps : « Notre rôle était de contrôler la température des malades, de les examiner, de rédiger les observations, de distribuer les médicaments rares et insuffisants. » ((Citation extraite de la conférence de Lazar Moscovisci réalisée en 1945 et reproduite dans " Convoi No 8" aux éditions du retour). L'anéantissement déshumanise et est une mort lente comme le dira le Dr Léon Boutbien. Beaucoup de témoins de ces mouroirs, appelés revier (baraquements destinés aux prisonniers malades des camps) et de ces infirmeries qui n'en avaient que le nom et où il fallait assurer un chiffre journalier de mortalité dont le médecin du camp devait rendre compte en "haut lieu". Le médecin saumurois déporté faisant fonction d"'infirmier", Lazar Moscovici, a découvert un monde infernal auquel il n'aurait jamais pu imaginer être confronté. Des "confrères" se livraient à la plus ignominieuse des entreprises : Donner des soins inverses à ce qu'il fallait faire afin d'accélérer la souffrance, la maladie, la mort : « …les malades étaient assommés ou tués par injections intracardiaques de phénol » (Citation extraite de la conférence de Lazar Moscovisci réalisée en 1945 et reproduite dans " Convoi No 8" aux éditions du retour).
À ces honteuses pratiques se sont ajoutées les expériences pseudo médicales criminelles.

 

 

II) Soumis à des expériences scientifiques le plus souvent inutiles : "La petite Dagmar devait avoir des yeux bleus !..."

       Mais les souffrances diverses exposées étaient liées à des expériences scientifiques le plus souvent inutiles.
La plupart servaient à l'armée allemande :

       Par exemple pour l'armée de l'air allemande (La Luftwaffe), les déportés destinés aux expériences étaient isolés dans des chambres à basse pression afin de tester l'altitude maximale à laquelle les pilotes pouvaient être parachutés.
          D'autres expériences, toujours destinées à l'armée de l'air allemande, consistaient à plonger des prisonniers dans de l'eau glacée simulant la mer du nord afin d'améliorer les conditions de survie d'un pilote échoué.
          Des scientifiques allemands testaient aussi l’efficacité de grenades incendiaires sur des déportés condamnés à une mort certaine.
Mais d'autres, en revanche, n'avaient aucune utilité pour les Allemands.
          Les tests de vaccins expérimentaux étaient menés alors que très peu de recherche était fait pour garantir la survie du cobaye. Des tests sur les hormones étaient aussi effectués ainsi que des expériences sur la stérilisation par Rayons X :
« Les unes subissaient des injections intra-utérines de substances caustiques qui devaient les rendre stériles, d'autres étaient stérilisées par irradiation X ... »(Citation extraite de sa conférence de Lazar Moscovisci réalisée en 1945 et reproduite dans " Convoi No 8" aux éditions du retour).
          Des expériences sur les organes génitaux masculins étaient aussi pratiquées sur des enfants. Des incisions inutiles étaient aussi effectuées sur des prisonniers qui n'avaient que pour seul traitement un bandage avec des crèmes et des liquides médicaux expérimentaux. Des centaines de déportés sont morts à la suite de ses pseudos expériences. Le plus souvent, les victimes étaient juives.

 

Joseph Mengele est né en 1911 à Günzburg, en Bavière. Il était le fils d'un riche industriel, d'une famille catholique aisée et nationaliste. Il fait des études de philosophie et de médecine, et dirige à 32 ans le laboratoire de recherches raciales de Francfort. En effet, les convictions politiques de Joseph Mengele ont fortement influencé ses travaux universitaires. A 20 ans, il adhère aux Casques d'acier, une organisation nationaliste d'anciens combattants. En 1934, c'est avec enthousiasme qu'il entre aux Sections d'assauts, les SA. Quatre ans plus tard, ce fervent nazi sollicite et obtient son entrée au NSDAP (parti nazi) puis à la SS en 1938.Des juives étaient employées pour les expériences du Dr Mengele. Beaucoup d'entre elles furent à plusieurs reprises l'objet d'expériences. On constata, après quelques essais, qu'une fois opérées, les femmes n'étaient plus bonnes pour les expériences et dès lors on les expédiait directement aux chambres à gaz.

Victime tsigane des expériences médicales nazies pour rendre l’eau de mer potable. Camp de concentration de Dachau, Allemagne, 1944.

— National Archives and Records Administration, College Park, Md.

CONCLUSION

          On peut donc constater que les médecins nazis étaient capable de toute sortes de choses, ces infirmeries étaient le "nid du diable", quand ils y entraient, les "malades" n'en sortaient jamais indemnes et le plus souvent atrophiés ou morts. En plus des souffrances physiques, les souffrances morales étaient considérables. La plupart de ces expériences étaient en réalité inutiles avec des médecins aux noms sinistres comme Joseph Mengele.
          Nous pouvons conclure avec le témoignage d'une infirmière condamnant les expériences inutiles du Docteur Mengele :
« Je me rappelle la petite Dagmar. Elle était née à Auschwitz en 1944 de mère autrichienne et j'avais aidé à la mettre au monde. Elle est morte après que Mengele lui eut fait des injections dans les yeux pour essayer d'en changer la couleur. La petite Dagmar devait avoir des yeux bleus !...» 

--------------

 

 

SOURCES :

 

Le témoignage intégral de Lazar Moscovici

est publié dans le livre " convoi No 8" aux éditions du retour

Lien vers le panneau biographique sur Lazar Moscovici réalisé par les élèves en 2012

Lazar Moscovici devant la maison familiale de Vernoil

après son retour des camps.1945. Collection privée

-----------

Lien vers l'article sur une résistante juive de 18 ans déportée : Yvette Lévy

Lien vers le sommaire

 

Pièces jointes
Aucune pièce jointe