En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Espace pédagogique d'établissement

"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

Auschwitz dans la littérature

Publié le lundi 29 février 2016 17:43 - Mis à jour le jeudi 24 mars 2016 17:19

Introduction :

Auschwitz est un camp de concentration et d'extermination qui se situe en Pologne, celui-ci était en service durant la deuxième guerre mondiale plus exactement en 1940. Dirigé par les Allemands, ils ont fait environ 1,1 millions de morts. Ce fut un véritable désastre qui a marqué à jamais la vie des quelques personnes qui ont survécu à cette horreur. C'est ainsi que nous voyons qu'à travers la littérature, ils arrivent à témoigner des atrocités commises par les Nazis. Pour ne pas oublier mais aussi pour que les générations suivantes fassent en sorte de ne pas revivre ce massacre. La plupart des personnes survivantes n'ont pas pu garder cette atrocité pour eux et ont donc témoigné de différentes manières. Nous allons donc nous poser la question de quelles manières les déportés survivants arrivent-ils à extérioriser l'enfer qu'ils ont pu vivre ? Pour répondre à cette question nous allons voir dans un premier temps le besoin qu'ils ont eu de témoigner puis la difficulté de ces témoignages et enfin les conséquences que cela a pu avoir.

 

 

I/ Un besoin de témoigner:

 

 

Les personnes, qui ont été emprisonnées à Auschwitz, ont une grande nécessité de témoigner pour se libérer, pour que ça ne recommence plus comme c'est le cas des 3 auteurs que nous allons étudier. On verra dans cette partie la délivrance de témoigner pour les auteurs, le but moral et pour finir le but pédagogique.

 

Délivrance du témoignage:

Editions du Retour

 

Pour la plupart des auteurs qui ont été témoins d'Auschwitz et qui le racontent dans leur livre, c'est un besoin pour eux pour qu'ils puissent évacuer tous les souvenirs horribles et pesant qu'ils ont du camp. Quelquefois des personnes mettaient peu de temps après leur libération pour témoigner comme c'est le cas de Lazar Moscovici, qui a rédigé son témoignage  au mois d'août 1945; son récit est repris dans le livre  « 1942, convoi n°8": Il parle d'Auschwitz sous un œil très scientifique. André Rogerie a également témoigné rapidement ; lui aussi  a été témoin de l'holocauste. Il dit: « je crois de mon devoir, en tant que témoin oculaire, de faire, à nouveau imprimer ce document historique pour ceux qui cherchent la vérité sur cette période trouvent un témoignage authentique. ». Primo Levi lui dit : « Le besoin de raconter aux ‘‘autres’’, de faire participer les ‘‘autres’’, avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires; c’est pour répondre à un tel besoin que j’ai écrit mon livre ; c’est avant tout en vue d’une libération intérieure.»

 

Donc témoigner pour les témoins d'Auschwitz est un moyen de libérer tout ce qu'ils ont à l'intérieur de même car ce qu'ils ont vécu ils ne l'oublieront jamais et risquent également d'en faire des cauchemards et afin de libérer le poids qu'ils ont vécu il leur est nécessaire d'en parler.

Un but moral:

Les personnes qui témoignent après Auschwitz veulent que cela ne se reproduise jamais, qu'il ne faudra jamais oublier et que ça devienne historique. Témoigner est également un moyen de montrer comment les Nazis traitaient les Juifs qui étaient aux camps ainsi de montrer ce que les hommes peuvent faire à des personnes alors que personne n'aurait cru un jour qu'une personne humaine pourrait faire autant d'horreurs et de morts. Il y a également une volonté de témoigner pour rendre hommage à tous les morts de cette guerre, c'est comme pour eux une mission, un devoir en hommages à tous les morts des camps.

Dans le convoi n°8, Moscovici témoigne pour faire connaître les crimes des Nazis dont il a été victime, c'est la même chose pour Rogerie, lui témoin catholique dénonce  les atrocités des Nazis  sur les Juifs et les Tziganes et pour finir Primo Levi a aussi dénoncé les crimes des Nazis pour pouvoir les montrer au monde entier.

Donc on a pu constater à partir de ces 4 livres que les 4 auteurs témoignent pour dénoncer les atrocités de la guerre pour que ça devienne historique et pour que toutes les personnes en aient conscience car à l'époque il y avait beaucoup de choses qui étaient cachées ou mal connues.

 Aujourd'hui, il y a toujours des anciens déportés qui continuent à témoigner ou ce sont les enfants de parents déportés morts qui témoignent dans des collèges et des lycées pour que toutes les générations aient conscience de ce qui s'est passé dans les camps.

Le but pédagogique :

Tous les témoignages de ces horreurs,ont un but pédagogique. A travers des dessins ou des écrits, des survivants ont souhaité instruire leurs lecteurs, pour leurs montrer la réalité des camps d'Auschwitz. Ce qui a été assimilé à l'inexistence d'expression de sentiments personnels de la part de l'auteur Primo Levi est une façon de dégoutter le lecteur et de lui faire comprendre l'enfer qu'ils y vivaient. Par ailleurs les auteurs sont très précis dans la description du camps, des détenus, du fonctionnement, ce qui permet aux lecteurs de situer les événement. Nous pouvons donc voir que les témoignages ont un but autant moral que pédagogique. Les 3 auteurs ont donc eu un besoin de parler après avoir été victimes des camps.

-> Primo Levi

II/La difficulté de témoigner:

Ne pas influencer l'avis du lecteur : Que se soit pour des écrivains comme Primo Levi et Henri Borlant ou un témoin  qui a dessiné les chambres à gaz comme André Rogerie, ils rencontrent tous des difficultés pour témoigner.

En effet témoigner sur un sujet comme celui-ci n'est pas une chose facile. L'auteur se doit de s'imposer des limites, il ne peut pas tout dire. Mais, il doit malgré tout être objectif dans les faits qu'il raconte. Un témoignage ne peut pas être entièrement objectif sinon dans le sens il serait neutre. Dans les 3 documents que nous avons étudiés, nous avions à chaque fois le point de vue d'une seule personne. Primo Levi porte un regard objectif et descriptif sur le camp appelé Lager. Lazar Moscovici ne porte pratiquement aucun jugement et est objectif dans le livre Convoi N°8 .

Les limites du témoignage:

Comme nous le disions précédemment, un auteur se doit de s'imposer des limites. Les auteurs, malgré leur volonté, sont limités dans leurs témoignage. Ils ne pourront jamais faire comprendre très précisément ce qui s'est réellement passé. Mais ils mettent en garde les lecteurs de ce que des hommes peuvent faire à leur prochain.

Le style d'écriture :

Nous pouvons voir à travers ces trois œuvres qu'il existe des témoignages différents: le dessin, l'écrit aussi bien scientifique que romanesque. Bien  que les témoignages ne soient pas les mêmes, les auteurs arrivent a susciter les mêmes sentiments d'horreur aux lecteurs. Lazar Moscovici témoigne dans "convoi n°8" de façon très scientifique: il décrit les actes des médecins toujours avec des termes scientifiques, ce qui montre de manière dure et précise  l'atrocité de ce qu'ils ont vécu. Primo Levi lui écrit son roman « Si c'est un homme » où il témoigne de façon très littéraire et il arrive ici à montrer l'horreur grâce à sa froideur. Quant à André Rogerie, lui illustre son récit avec des plans, des esquisses dans «Vivre c'est vaincre». En dessinant une vision d'horreur qui a marqué tous les déportés, ils veulent pouvoir montrer cette image qui restera à jamais dans la tête des survivants. Nous voyons donc à travers ces différents témoignages que tous arrivent à susciter de l'horreur pour les lecteurs.

III – Les conséquences du témoignage

André Rogerie

Sur les auteurs :

Les auteurs utilisent l'écriture afin de libérer le poids qu'ils ont en eux. En effet, ils écrivent dans un premier temps pour évacuer tout ce qu'ils ont vécu, ils ne le supportent plus. C'est également un moyen de survie. Dans un second temps, les auteurs écrivent pour que cela ne soit jamais oublié, pour les générations suivantes afin que cela ne se reproduise jamais. C'est un devoir moral mais aussi un devoir de mémoire. Les auteurs ressentent l’impératif de garder vivante la mémoire des disparus.

Pour Primo Lévi, témoigner fut une grande libération car celui-ci se sentait coupable d'avoir survécu. C'est à cause de cette culpabilité et sans doute du poids de toutes ces épreuves qu'il finira par mettre fin à ses jours.

Sur les lecteurs :

Pour les lecteurs, il s’agit de se rendre compte de l'horreur de cette période. "Si c'est un homme" de Primo Lévi permet aux lecteurs de prendre conscience de l'absurdité de ces crimes afin que cela ne se reproduise plus jamais dans l’humanité. Il est également important que tout le monde sache ce qui s’est passé dans les camps.

De plus, il est fondamental de transmettre la cruelle vérité sur les camps de concentration et d’extermination aux générations futures. Leur témoignage permet enfin de rendre palpable l’horreur de la Shoah et la souffrance endurée par les victimes.

Sur la littérature :

Un témoignage, dans la littérature, est difficilement considéré comme tel. En effet en prenant exemple sur "Si c'est un homme" de Levi, celui-ci n'était pas un écrivain banal, c'est à dire qu'il ne proposait pas un succès littéraire, et n'avait pas comme objectif de faire un bel ouvrage. Ce texte est unique en son genre élégant, par son style et sa réflexion, c'est la raison pour laquelle Levi, a pu être classé difficilement dans une catégorie bien particulière.

On peut se demander alors comment accommoder des camps et la littérature. Cela revient à représenter l'irreprésentable.

 

Réalisé par des élèves de 1ère ESb. 2015-2016.

Lien vers l'article suivant l'art au service de la Mémoire de la Résistance à Angers

Lien vers le sommaire

Pièces jointes
Aucune pièce jointe