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Espace pédagogique d'établissement

"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

La musique pour résister dans les camps

Par Auriane SYDOR, publié le vendredi 26 février 2016 10:26 - Mis à jour le lundi 21 mars 2016 15:05

 

   Suite au témoignage de Marie Chombart de Lauwe, qui cite Germaine Tillion et son œuvre Le Verfügbar aux Enfers, rédigée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, nous nous sommes demandées : Quel est l’intérêt de la musique dans les camps et dans la Résistance ? Dans un premier temps, nous allons montrer comment la musique permet de lutter contre la déshumanisation dans les camps, ensuite quelles valeurs sont défendues par la musique, et enfin en quoi elle permet de garder espoir. Notre travail va porter sur la résistance par la musique dans les camps et principalement au camp pour femmes de Ravensbrück.

I-La musique pour lutter contre la déshumanisation

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Photographie montrant la captivité des femmes dans le camp de concentration de Ravensbrück

  Dès 1933, à la suite de la prise de pouvoir d'Hitler en Allemagne, des camps de concentration ont été mis en place, leur but étant de déshumaniser les opposants politiques aux nazis, puis à partir de 1939, les résistants européens, pour en faire des travailleurs soumis. En effet, cette déportation permettait de briser toutes les résistances et toutes les révoltes chez leurs victimes. Cependant, chez certaines personnes, cet esprit de rébellion demeurait toujours vivant, c'est le cas notamment pour Germaine Tillion. Née en 1907, elle s'est intéressée au fonctionnement de la hiérarchie du camp de concentration pour femme de Ravensbrück dès son entrée en 1943, affublée d'un triangle rouge, symbole de déportée résistante. Cette dernière a choisi la musique pour résister, au sein même du camp, en composant une opérette en secret, avec l'aide et le support de ses camarades elles aussi internées, principalement pour apporter des airs de chansons populaires aux paroles qu'elle écrivait, cachée dans un carton de marchandise au lieu de faire ses travaux obligatoires. La particularité de cette oeuvre, c'est son côté humoristique souhaité par Germaine Tillion, cet humour noir qui déstabilise et qui dérange.

Photographie de Germaine Tillion

"J'ai écrit une opérette, une chose comique, car je pense que le rire, même dans les situations les plus tragiques, est un élément revivifiant"(G.TILLION)

  Ce désir de vouloir continuer de rire est similaire à celui de vouloir continuer de rester humain car le rire est propre à l'Homme.

  La faculté de se retrouver unies et soudées dans la souffrance afin d'en retirer quelque chose de bénéfique permet de rester humain. On retrouve aussi cet esprit dans le livre La Fête Inconnue de Francine Christophe, qui retrace son enfance dans un camp de séjour des familles des prisonniers de guerre où, des enfants ont regroupé tous les poèmes, chansons, et pièces de théâtre afin de réaliser un spectacle à l'occasion de l'anniversaire de la chef de baraque, la mère de l'auteure. Aussi cette fête a permis de célébrer un évènement, qui pourrait paraître futile dans cette situation, mais qui justement permet de garder une part d'humanité, en se faisant plaisir mutuellement. Suite au témoignage du déporté M. Victor Peréhia, auquel nous avons assisté, notre attention a été retenue par un de ses souvenirs marquants. En effet, il décrivait son unique souvenir heureux de cette période : une quinzaine de jours dans le camp d'internement de La Lande près de Tours, dans lequel il fut adopté par un groupe d'enfants de son âge avec lesquels il chantait et dansait. Il était alors hors de la réalité et ces moments lui ont procuré un véritable bonheur. Cependant il ne revit pas ces enfants, mais ils resteront à jamais dans sa mémoire.

" Tant qu'on parle de nous, on n' est pas tout à fait mort" (Victor Peréhia)

II-La musique utilisée pour préserver des valeurs

  Dans les camps de concentration, les valeurs n'ont plus vraiment leur place, seule la survie est primordiale. Cependant, quelques personnes ont trouvé le moyen de  préserver ses valeurs, c'est le cas notamment de Germaine Tillion et Francine Christophe, comme vu précèdemment.

   La liberté est présente dans tout art, mais dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, bien que réprimée elle a une toute autre importance. En effet, elle représente bien plus que seulement le fait de pouvoir s'exprimer, elle illustre la vie. Cette liberté est présente dans les esprits des déportés, avec cette volonté de s'évader du régime nazi et de se battre pour rester humain.

   L'égalité est portée par le fait qu'ils soient tous dans le même cas, la même situation, les classes sociales sont oubliées, et tous les âges se mélangent.

   La fraternité est soutenu avec le fait d'être tous unis derrière un même but, ici le rire, la joie, l'envie de faire plaisir à autrui. De plus, elle est renforcée par le fait que des liens se tissent, une entraide se met en place dans une situation critique. Ici, le rire est une aide apportée à l'autre, que l'on ne peut refuser.

    En somme, avec Le Verfügbar aux Enfers et La fête Inconnue, on peut déceler toutes ces valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.

III-L'espoir est ravivé par la musique

Au début de la création du Verfügbar aux Enfers, Germaine Tillion avait un but, celui de rendre à terme une oeuvre qui lui tenait à coeur. Pour cela, chaque jour, elle a poursuivi son projet, en écrivant des notes, des paroles avec l'espoir qu'un jour l'opérette soit jouée et c'est cela qui l'a maintenu en vie car elle avait une volonté de résister et de se battre.

http://www.cndp.fr/crdp-creteil/images/stories/resistance/2007-3_verfugbar-enfers-couv.jpg

Première de couverture du livre Le Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion

C'est également le cas pour Francine Christophe, qui elle a continué de croire en la vie grâce à une fête organisée. C'est pourquoi on peut dire que la musique peut redonner espoir, puisque l'oeuvre de Germaine Tillion ou bien celle de Francine Christophe en sont les preuves.

 

En conclusion, Germaine Tillion et son oeuvre se sont opposées au régime nazi en exerçant l'art de la musique. En effet, la musique a permis de lutter contre la déshumanisation et aussi de préserver des valeurs mais surtout de garder espoir. La musique a donc permis de résister dans les camps de concentration. le Verfügbar aux Enfers a pu être joué en 2007 sous les yeux de Germaine Tillion avant qu'elle ne  meurt en 2008. 

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Photographie de Germaine Tillion

Elle est la deuxième femme à devenir Grand-croix de la Légion d'Honneur après Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Un hommage de la Nation lui a été rendu au Panthéon le 27 mai 2015, où elle est entrée en même temps que Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette.

  Réalisé par Pauline Brisset, Lison Raimbault et Auriane Sydor, élèves de 1ère ESa. 2015-2016.

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