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Espace pédagogique d'établissement

"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

Les dessins de Thomas Gève, un adolescent déporté à Auschwitz

Publié le vendredi 26 février 2016 14:52 - Mis à jour le mardi 26 avril 2016 22:01

Durant la seconde guerre mondial, 6 millions de juifs, dont plus d'un million d'enfants furent déportés dans des camps de concentration et d'extermination. Seulement 3% en reviennent, dont Henri Borlant, seul enfant à avoir survécu aux premières déportations en France de 1942. Comme Thomas Gève déporté un an après, qui a survécu durant plus de 1 an et demi dans cet enfer. Trop faible pour être évacué tout de suite, il reste à l'infirmerie de Buchenwald. C'est durant son hospitalisation, qu'il décide de dévoiler les horreurs qu'il a vécues. Par quel moyens décide-t-il de résister?

 

 

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Le premier tri à la sortie du train

Photographie prise lors du tri.

Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority 

"Album d'Auschwitz".1944. Crédits : Yad Vashem à Jérusalem

Beaucoup de ses dessins sont des scènes de la routine: il décrit précisément l'arrivée des déportés, le tri effectué, ce qu'il appelle la "sélection pour la mort". Ceux-ci arrivent au camp par train à bestiaux, hommes, femmes et enfants sont séparés par les soldats.

A la suite de ce tri, ceux qui ne sont pas directement envoyés à la mort sont emmenés dans un bâtiment.

Le second tri et l'enregistrement des détenus

Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority

On y voit d'un côté une file de personnes qui sort du baraquement de tri, ceux-là sont jugés aptes au travail, et une autre file dans laquelle les déportés restent nus et dont on imagine aisément le sort qui les attend.

L'appel

Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority

Dans ce dessin, Thomas Gève témoigne des fameux appels qu' effectuaient les nazis ; ceux ci étaient réputés être interminables et pouvant durer jusqu'à 6 heures ou plus comme à Auschwitz I où les détenus sont restés debout dans le froid de l'hiver Polonais pendant plus de 10 heures. Il y écrit "es stimmt nicht" qu'on peut traduire par "il est inexacte", car les Nazi finissaient l'appel que lorsque le compte des détenus était correct et que les absences étaient justifiées ; souvent par la mort du détenu durant la journée harassante de travail.

       

              Une journée au camp  

Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority

Tous ses dessins retraçant la barbarie Nazie sont réalisés de manière très objective et réaliste, ce qui donne d'autant plus de poids à son témoignage que ne peut alors pas être interprété comme étant celui d'un adolescent qui exagérait ses propos. Il donne donc aussi  une idée précise des conditions de vies des détenus à travers le travail, ce qu'ils mangent, où ils dorment... Il établit un tableau présentant les rations qui leur sont données, réalise des plans très exacts du camp : on y trouve les dimensions des baraquements, l'organisation très géométrique du camp comme s'il s'agissait de photographies aériennes.    

                                                                                                                                                                                                                                      

                        Plan du camp d'Auschwitz       I       Photo aérienne,armée US. 1944                                    

 

La dénonciation, montrer les agissements des nazis durant la seconde guerre mondiale, est une forme de résistance. Néanmoins, la résistance qu'il opère est non pas une résistance armée comme celle effectuée par  les M.U.R (Mouvement Unis de la Résistance) durant l'occupation, mais une résistance contre l'oubli. La publication de ses dessins et de son témoignage après la fin de la seconde guerre mondiale sont un appel aux souvenirs. Il est d'ailleurs inscrit sur l'un de ses dessins représentant la libération : "nicht mehr so" qui peut être traduit par "plus jamais ça", une mise en garde explicite lancée aux générations futures.

Auschwitz Birkenau. Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority

Auschwitz  Birkenau. Photographie aérienne.1944. Armée des USA

Plusieurs de ses dessins sont  actuellement reproduits  sur un mur du musée d'Auschwitz I que nous avons visité en janvier 2016.

 

 

 

 

Sources :

  http://ww2.ac-poitiers.fr/civique/spip.php?article472

Copyright ©  Yad Vashem The Holocaust Martyrs' and Heroes' Remembrance Authority

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Article écrit par Lucas Paillasse, Marion Dubourg et Rémi Paulin.1ère ESa.2015-2016.

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