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Espace pédagogique d'établissement

"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

.Les monuments de la Mémoire de la Shoah en Pologne et en France

Publié le jeudi 3 mars 2016 17:35 - Mis à jour le lundi 2 mai 2016 18:36

 

 

La Shoah est un mot hébreu qui signifie « catastrophe ». On l'utilise pour désigner la persécution et l'extermination de six millions de Juifs sous le régime Nazi avec l'aide de l'Axe. Pour les Nazis, cette communauté était inférieure, ils les qualifiaient de « sous-race ».
Notre devoir est de se souvenir des victimes. Ainsi des monuments sont nés pour leur rendre hommage à travers différents pays, et surtout pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

Mais grâce à des artistes engagés, l'art est un moyen de ne pas oublier le passé et de se battre pour une cause.

Dans un premier temps nous verrons certains monuments construits pour rendre hommage aux juifs assassinés en Pologne, puis nous constaterons dans un second temps qu'il est aussi possible de se remémorer en France les victimes de cette catastrophe.

 

 

 

I - Un devoir de mémoire en Pologne...

 

A) Les chaises de la place du ghetto à Cracovie.

Cracovie, janvier 2015


Ces chaises sont situées en Pologne, à Cracovie, sur la place du ghetto appelé « Bohaterów Getta » à partir de 1945 signifiant en français « la place des Héros du Ghetto ».
Durant la guerre, cette place était nommée « Plac Zgody », ce qui veut dire « Place
de la Concorde ». Elle était utilisée pour rassembler les Juifs pendant la « liquidation » du ghetto le 14 Mars 1943. C'est sur cette même place que les Juifs étaient triés par les Nazis afin de savoir s'ils allaient dans un camp. C'est également sur cette place que des milliers de Juifs ont été tués.
Quelques années plus tard, en 1993 cette place devient un simple parking. Mais elle laisse place à un lieu de mémoire en 2005, avec la construction de 70 chaises métalliques par deux architectes, Piotre Lewicki et Kazimierz Łataka. Cette idée leur est venue du Témoignage de Tadeusz Pankiewicz dans le livre « La pharmacie dans le ghetto de Cracovie » qui explique l'exécution du ghetto.
Lorsqu'on leur a demandé pourquoi ils ont fait ce monument, ils ont répondu « Nous avons choisi cette image pour commémorer les victimes. […] Nous avons créé un monument un peu à l’inverse de ce qui se fait habituellement. Au lieu d’aménager la place et d’y installer une statue, nous avons voulu un environnement de caractère monumental, toute la place. Nous voulions qu’à chaque pas, le mobilier urbain raconte une histoire.»

Chacune de ces chaises représentent 10 000 victimes juives disparues, et le vide qu'elles ont créé après leur disparition, qu'ils soient morts ou alors envoyés dans les camps d'Auschwitz. Toutes les chaises n'ont pas la même taille, 33 d'entre elles mesurent 1mètre 40 puis les 37 autres mesurent 1mètre 20. Elles n'ont également pas toute la même direction. Une grande partie est dirigée vers la pharmacie de Tadeusz Pankiewicz puisque c'est cet homme qui a sauvé un dizaine d'enfant Juifs en les cachant dans sa pharmacie, une est en direction de la rues ou de nombreux vieillards ont été fusillés, puis une autre est dirigée vers la rue menant aux camps d'extermination et au camp de Plaszow. Pour finir, ces chaises représentent aussi les meubles abandonnés par les anciens habitants du ghetto pendant la guerre : « La place Zgody ressemblait à un champ de bataille avec ces milliers de paquets et des bagages éparpillés…. ».

 

Aujourd'hui, la place des Héros du Ghetto permet de faire notre devoir de mémoire et de rendre hommage a toutes ces victimes qui on vécus des moments atroces.

 

B) Le monument international à Birkenau

 



Comme le dit l'intitulé du titre, ce mémorial se trouve dans l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz où 1,1 million de personnes ont été exterminées par les nazis, dont un million de Juifs, avant la libération du camp par l'armée rouge le 27 janvier 1945.
Ce Monument international a été érigé en 1967 dans le camp d'Auschwitz II, connu sous le nom Birkenau. Le monument est situé à l'extrémité ouest de la route principale du camp, entre les ruines du Krematorium II et Krematorium  III, les bâtiments des crématoires où se trouvaient les deux plus grandes chambres à gaz de Birkenau. Le monument a été construit au-dessus de la route principale du camp, c'est-à-dire, la route avec le chemin de fer.


Le monument est imposant et s'impose sur une grande surface. Il est constitué de larges marches où un grand nombre de personnes peuvent se rassembler. Celles-ci sont près du Krematorium  II et III où les juifs ont été gazés. C'est ici que les cérémonies sont organisées pour que les chefs d’État ou encore les élèves de partout dans le monde peuvent se réunir et se recueillir un instant.
Un concours international a été organisé pour sélectionner le meilleur design pour le monument de Birkenau proposé. 400 artistes y ont participé.


Il est composé de pierres sombres qui ressemblent à des pierres tombales ou des cercueils, mais la guide nous a dit que ces pierres étaient destinées à ressembler aux victimes.


Sur les marches du monument, il y a une rangée de dalles de granit, chacune avec une plaque de métal sur le dessus et chacune avec le même message dans toutes les langues principales de l'Europe, y compris l'Hébreu.

 

Néanmoins la première inscription sur les plaques ne faisait aucune mention des Juifs qui étaient morts à Auschwitz-Birkenau car rappelons-le, l'Union soviétique communiste ne tolérait pas une religion. Selon le musée d'Auschwitz, 90% de ceux qui sont morts à Auschwitz-Birkenau étaient des Juifs, mais certains historiens disent 95%.
Sur les anciennes plaques (de 1986 au 3/04/1990) : « Quatre millions de personnes ont souffert et sont mortes ici aux mains des assassins de nazis entre les années 1940 et 1945. »

 

Les plaques d'origine ont donc été enlevées en 1990 et en 1995, à la suggestion de Lech Walesa (homme d’État polonais et président de la République de 1990 à 1995), le nombre de décès sur les plaques a été changé et est passé de 4 000 000 à 1 500 000 de juifs, ce qui inclut les décès dans les trois camps d'Auschwitz, connus sous le nom d'Auschwitz, Birkenau et Monowitz.

 

 

Quatre millions était le nombre de victimes d'Auschwitz-Birkenau que l'Union soviétique avait inclus dans leurs poursuites contre les criminels de guerre nazis au tribunal international de Nuremberg, qui a débuté en Novembre 1945. Après la chute du communisme en 1989, l'Union soviétique a publié les 46 registres des décès (Sterbebücher) qu'ils avaient capturé quand ils ont libéré les camps d'Auschwitz et de Birkenau le 27 janvier 1945.
Les registres, qui ont été remis à la Croix-Rouge internationale, figurent les noms de 69.000 prisonniers morts dans le camps d'Auschwitz-Birkenau du 27 Juillet 1941 au 31 Décembre 1943. Le camp d'Auschwitz I a ouvert le 20 mai 1940 et les deux camps ont été évacués le 18 janvier 1945, de sorte que certains des registres de décès soient portés disparus. La Croix-Rouge a extrapolé ces chiffres et a estimé qu'il y avait un total de 135.000 décès enregistrés à Auschwitz-Birkenau.

Les Juifs qui ont été gazés n'étaient pas inscrits dans le camp et leurs décès n'ont pas été enregistrés.

 

Quant aux papiers d'enregistrements des Juifs qui ont été transportés en train à Auschwitz, ils n'ont jamais été retrouvés, mais il a été estimé qu'un total de 1,3 million de Juifs ont été envoyés à Auschwitz et environ 200.000 ont finalement été envoyés à d'autres camps après avoir été enregistrés et lors de son évacuation avant l'arrivée de l'armée rouge. Sur la base de ces chiffres, le nombre total de décès à Auschwitz-Birkenau est estimé à 1,1 million.

 

II- ...mais aussi en France

A) Mémorial du juif inconnu au Mémorial de la Shoah

Dans le quatrième arrondissement de Paris, se trouve le mémorial de la Shoah, qui est ouvert au public depuis janvier en 2005. Au sous-sol de celui-ci se trouve le tombeau du martyr juif inconnu. La ville de Paris a donné le terrain et les travaux ont duré entre 1953 et 1956, et c'est en 1957 qu'il fut inauguré.

 

Ce tombeau, situé au milieu de la crypte, en dessous du Mémorial, comprend un fronton de 14 mètres et représente une étoile de David en marbre noir, qui représente les 6 millions de juifs morts lors du génocide des Nazis. Le 24 février 1957, leurs cendres ont alors été placées dans une urne. Celles-ci ont été récupérées dans les camps de la mort, mais aussi dans les ruines du ghetto de Varsovie. Comme le veut la tradition, elles ont été mélangées à la terre d’Israël par le Rabbin Jacob Kaplan.

 

On peut apercevoir une flamme dîte « éternelle » (Ner Tamid) jaillir au centre de cette étoile, et le trou se trouvant au dessus laisse apparaître la lumière. À l’arrière de cette étoile nous pouvons lire sur un mur une phrase en hébreu, extraite de la Torah. Cette phrase signifie : « Regardez et voyez s’il est douleur pareille à ma douleur. Jeunes et vieux, nos filles et nos fils fauchés par le glaive ».

C'est ici que les familles des victimes tuées par les Nazis, peuvent venir se recueillir.
Cette étoile présente au Mémorial de la Shoah à Paris n'est qu'une reproduction de celle se trouvant en Israël, à Yad Vashem, à Jérusalem, qui recouvre les vrais cendres de victimes juives.

 

B) Le monument de Shelomo Selinger à Drancy

 

Pour commencer une petite biographie sur Shelomo Selinger s'impose. En effet il est né le 31 mai 1928, en Pologne, près Auschwitz. Il est issu d'une famille juive.

En 1942, il est déporté avec son père du ghetto de Chrzanow au camp de Faulbrück, en Allemagne. Trois mois plus tard, son père est assassiné. Il perd également sa mère et l'une de ses deux sœurs pendant la Shoah. Shelomo Selinger resta donc seul dans le camp. Il a connu neuf camps successifs tels que Faulbrück, Gröditz, Markstadt, Fünfteichen, ... En 1945, à Terezin, un médecin militaire juif de l'armée soviétique le sauve. Si Selinger a retrouvé la santé, du point de vu psychologique il est anéanti. Ainsi, il resta amnésique pendant sept ans, sans aucun souvenir des souffrances vécues dans les camps de la mort. En 1953, il commence à rassembler ses souvenirs et se met à la sculpture. En 1955, il reçoit le prix Norman de la fondation America-Israël puis il part à Paris. La bas, il devient sculpteur suite à son inscription aux beaux arts où il apprend le modelage traditionnel de la terre glaise. Parallèlement à ses études, Selinger poursuit son travail de création personnelle commencée en Israël, en conservant sa propre manière de travailler par manque d'argent, il doit utiliser pour ses œuvres les pierres qu'il trouve dans la zone de Paris : il y ramasse du granit puisque c'est un matériau dur qui capte la lumière. Ensuite, il découvre dans un atelier le grès des Vosges qui est une roche issue de la cimentation du sable. Selinger adopte aussi le bois, commençant par le bois de chauffage, plus facile à trouver. Le musée juif de New York expose, en 1960 sept de ses sculptures. La consécration officielle et personnelle ne se fait vraiment qu'en 1973, quand Selinger remporte le 1er prix du Concours international lancé par un comité public pour le monument du camp de Drancy. Enfin , François Mitterrand le fait Chevalier de la légion d'honneur en 1993, il a été promu Officier en 2006.

 

 

Ce monument se trouve à Drancy , au milieu de la cité de la Muette, près du mémorial de la Shoah où étaient regroupés les détenus juifs avant leur départ vers les lieux d’extermination, à l'emplacement de l'allée d'entrée du camp.

La cité de la Muette était en construction pour les ouvriers des usines de Drancy, proche du centre-ville, au cours des années 30 et non achevée au début de la guerre, seuls les murs, le sol et les escaliers étaient finis. Elle a été réquisitionnée par les autorités nazies en juin 1940 pour la détention provisoire des prisonniers de guerre français et anglais, puis pour les juifs raflés à partir d’août 1941. Cette cité fut donc transformée en camp d'internement puis en camp de regroupement en 1942 des juifs de France en vue de leur déportation vers les camps d'extermination tels que Auschwitz Birkeneau.. En effet,  entre mars 1942 et août 1944, environ 63 000 Juifs ont été déportés du camp de Drancy, parmi les 76 000 Juifs déportés de France. Près de 100000 juifs hommes femmes, enfants et vieillards ont connu cet endroit avant leur déportation dans des camps nazis. Après la guerre, la cité a été achevée en 1948 et aujourd’hui environ 450 personnes y sont logées. Elle est classée depuis 2001 parmi les sites et monuments protégés de France. Ainsi, le monument de Shelomo Selinger fut réalisé suite à un concours international pour perpétuer la mémoire des Juifs enfermés dans le camp installé en ce lieu, d’où ils furent déportés dans les camps d’extermination nazis. Il fut sculpté en 1973 et érigé en 1976.

 

Deuxièmement, du point de vue de la description de cette œuvre, les 3 blocs, posés sur la butte pavée, forment la lettre hébraïque traditionnellement gravée sur la mezouza apposée sur la porte des maisons juives. Quant aux 2 blocs latéraux, ils symbolisent les portails de la mort puisque le camp de Drancy étant considéré comme « l’antichambre de la mort ». Sur la sculpture au centre, une femme tient un enfant dans ses bras en souvenir des 1 500 000 enfants juifs arrachés à leurs mères ou assassinés avec elles. Plus bas, une tête dans les flammes (symbolisant la souffrance) et deux têtes renversées, s’enroulent. Quant au bloc central, il est composé de 10 personnages. Sur le devant : un homme et une femme incarnent la souffrance et la dignité. Au milieu, la tête d’un homme avec un cube rituel sur le front symbolise la prière. En bas, deux têtes renversées symbolisent la mort. De plus, les deux rangées de 7 marches vont en rétrécissant vers la porte de la mort. En effet ces deux portes se referment à l’arrière du monument. Deux escaliers se rejoignent à hauteur de rails qui mènent jusqu’à un wagon « témoin » et même acteur. C'est le chemin des martyrs. Ce wagon a été mis en place en 1988 (et donné et restauré par la SNCF) c’est l’un de ceux qui transportèrent des milliers de Juifs vers les camps d’extermination. Aménagé en musée, il transportait auparavant 100 personnes entassées pour leur transfert vers les chambres à gaz .

Enfin, le sculpteur a voulu, par l'intermédiaire de cette œuvre, et dans un contexte de mémoire des Juifs, transmettre aux générations futures les émotions de rescapés des camps nazis. Il les a revécues en travaillant à cette œuvre.

 

 

Pour conclure, nous avons pu constater que divers artistes se sont mobilisés pour ne pas oublier cette tragédie et ces nombreuses victimes dont principalement les Juifs. Pour reprendre ce qu'il y a d'écrit sur les plaques de Birkenau, c'est un avertissement pour les générations futures à ne pas reproduire cette horreur. Dans ces générations futures, il y a les descendants des victimes ainsi que de survivants qui sont donc amenés à pouvoir se recueillir sur ces lieux commémoratifs.
Ici 4 structures ont été présentées mais bien d'autres existent et sont exposés dans le monde entier.





Réalisé par : Lola, Sana, Mathilde, Illona, Camille.1ère ESb 2015-2016.

 

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