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Espace pédagogique d'établissement

"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

Les oeuvres de David Olère, un sonderkommando d'Auschwitz

Publié le vendredi 18 mars 2016 14:08 - Mis à jour le lundi 2 mai 2016 17:36

David Olère était un sonderkommando polonais, naturalisé français en 1947. Il a été recruté sonderkommando car il avait la capacité de parler plusieurs langues. Un sonderkommando est une personne juive qui vidaient la chambre à gaz puis mettait les cadavres dans les fours crématoires. Ils ont quasiment tous été tués pour ne pas qu'ils révèlent l'existence des chambres à gaz. Olère est un des rares rescapés de tous les assassinats des sonderkommandos car ses dessins étaient appréciés des gardiens SS. Après la guerre, il ne cesse de témoigner de son expérience par le dessin et la peinture.

 

 

1.Résister en dessinant pour les autres.

Avec la chance que David Olère a eu de survivre, il peut être fidèle à ses compagnons qui sont morts, il peut tenir les promesses qu'il leur avait fait.

« Nos cheveux, nos dents et nos cendres », David Olère, 1946
Lavis et encre de Chine sur papier
Yad Vashem, Jérusalem, Israël

Par exemple dans l'oeuvre "Nos cheveux, nos dents, et nos cendres" (1946). Nous voyons un homme qui, agenouillé, regarde l'homme mort avec de la tristesse. Car dans ces camps de guerre,des prisonniers étaient solidaires entre eux. David Olère résiste pour eux, il honore leurs vies et leurs morts. Dessiner lui permet aussi de ne pas culpabiliser d'être revenu, de se demander pourquoi lui a eu le droit de survivre et pas le sonderkommando avec qui il travaillait ?  Que ses dessins soient vus, lui permet de lui redonner du courage et de la force ; de plus, les proches des personnes qui ne sont pas revenues  lui  donnent du courage pour qu'il leur raconte comment la fin de vie de ces personnes était.

« Dans la salle des fours », David Olère, 1945
Lavis et encre de Chine sur papier
Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël

2.Témoigner pour l'histoire et contre l'oubli.

On comprend  qu'il dessine pour montrer à la population ce qui s'est réellement passé, pour montrer à  la population les atrocités qu'ils ont vécu afin que la population ne s'imagine pas mais qu'elle puisse voir. Cela est une forme de résistance car certaines personnes malsaines pourraient déformer et raconter des mensonges, comme par exemple dire que les camps de concentration n'ont jamais existé mais un dessin réalisé juste  au retour de déportation  ne peut être issu de l' imagination d'un déporté. Par exemple l'oeuvre '' Départ pour le travail '' (1946) où nous voyons des hommes pendus et morts prouvent les atrocités que certaines personnes pourraient démentir.

Il réalise ses oeuvres pour résister contre l'oubli de certaines populations disant vouloir passer à autre chose.  Olère réalise ses oeuvres pour la mémoire, c'est d'ailleurs pour cela que "Les inaptes au travail" se trouve au Mémorial de l'Héritage Juif de New York.  Il ne comptait pas oublier ces atrocités commises et personne ne devrait le faire  car il ne faut pas passer à autre chose, il faut combattre ce mal. Par exemple, en faisant l'oeuvre "Dans la salle de déshabillage" (1946) il veut que personne n'oublie le fait que les victimes  ont du se mettre nues devant tout le monde avant d'être gazées.En faisant ces oeuvres, David Olère accomplit le devoir de mémoire, de témoigner de toutes les horreurs qu'ils ont vécues. Il voulait montrer ce que les nazis eux voulaient cacher, c'est à dire tout les crimes commis, toute la déshumanisation et bien sur l'horreur; ce qu'ils ont fait est abominable et impardonnable.D'ailleurs,si les nazis ont pris des photos de la rampe et de la sélection à Auschwitz en 1944 mais nous n'avons aucune photographie de l'intérieur des chambres à gaz et des fours crématoires.

« Blocks II à V à Auschwitz II-Birkenau », David Olère, 1945
Lavis et encre de Chine sur papier
Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël

3. Résistance à l'angoisse.

Ensuite, il souhaite résister à l'angoisse des souvenirs, et surtout des traumatismes. En réalisant des oeuvres, il peut se souvenir de ce qu'il a vu et vécu et cela peut l'aider à ne plus y penser en le montrant pour partager cela. Garder pour soit ses angoisses pourrait le rendre fou et malade alors que le dessin est un moyen de résister contre cette angoisse.

« Après le gazage », David Olère, 1946
Lavis et encre de Chine sur papier
Musée des Combattants des Ghettos, Galilée, Israël

Par exemple l'oeuvre "Après le gazage" (1946) peut lui permettre de moins être angoissé par ces corps sans vie, qu'il devait trainer pour ensuite les bruler. Il partage ses angoisses, ce qui permet un soulagement. Cela montre qu'il culpabilise car il a réussi à revenir  tandis que tant d'autres sont morts en particulier les sonderkommandos.

Par ailleurs, nous avons eu un témoignage sur ce sujet avec  Victor Perahia, déporté à 14 ans à Bergen-Belsen en 1944 qui a dit " Aujourd'hui, quand il y a des attentats ou des tueries, les victimes sont aidées et suivies en permanence et pour longtemps par des psychologues, alors que nous, en revenant en France nous n'avions rien de cela" Donc la question qui se pose est comment les rescapés ont résisté à l'angoisse ? Et justement, David Olère a résisté à cela en faisant ses dessins.

Description de l'oeuvre : "Les inaptes au travail"

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"Les inaptes au travail" David Olère , 1950.

Mémorial de l'Héritage Juif de New York.

Cette scène se situe dans le camp d'extermination d'Auschwitz, en Pologne. Au premier plan se trouve une famille de six personnes : deux femmes, une jeune fille, deux jeunes garçons et un bébé. Tous ont un air affolés, épuisés. Les corps sont minces, ils viennent  d'arriver dans le camp avec leurs maigres possessions. Au dessus d'eux s'étend un cadavre dont le bras entoure la famille. Sur le côté gauche, on distingue le bras d'un SS (reconnaissable à son uniforme) qui tient un fusil. En arrière plan, on peut voir des déportés , des Sonderkommandos, qui sont comme des zombies. Ils poussent des chariots de cadavres en provenance des chambres à gaz vers les fours crématoires dont on aperçoit les cheminées fumantes... Le travail se fait le long des clôtures barbelées du camp. Le ciel est d'un rouge orangé, contrastant avec les couleurs froides (gris, vert, bleu) de la famille du premier plan.

Olère a voulu ici exorciser les souvenirs de sa déportation. La famille juive vient d'arriver dans un convoi. Ils ont déjà été sélectionnés : les femmes, enfants, bébés et vieillards sont inaptes au travail et envoyés aux chambres à gaz dès leur arrivée au camp. Ils y sont amenés par les gardes SS. Le cadavre qui flotte symbolise leur mort inévitable. Les corps sont marqués de la souffrance de la déportation : manque de nourriture, d'eau, d'hygiène, de repos...La scène principale a lieu dans un climat de peur, et d'horreur. Les visages pales sont mis en lumière, s'opposant directement au fond qui reste indistinct. La fumée qui sort des cheminées forme des S, comme pour rappeler l'identité des bourreaux. Il s'agit donc d'un travail de mémoire sur l'horreur de la Shoah. L'intérêt est aussi de donner des témoignages des camps, de la vie du camp, les principaux documents et photos ayant été détruits par les nazis avant leur fuite, et bien sur montrer les chambres à gaz, car tout a été détruit par les nazis, et aucune photo de cela n'existe.

 

Conclusion :

Nous pouvons donc dire que David Olère utilise ses oeuvres pour résister sur ce qui s'est passé dans les camps  d'extermination. Ses oeuvres montrent  une forme de résistance à l'oubli ou encore à l'angoisse. Il résiste également pour les autres. Il a fait ces oeuvres pour montrer a la population ce qui s'est réellement passé dans ces camps, et pour faire comprendre qu'une telle chose ne peut pas se reproduire. 

http://college-robert-le-frison-cassel.etab.ac-lille.fr/files/2016/01/D-Ol%C3%A8re.jpg

Réalisé par  Baptiste Chevalier, Louise Justeau et Maëlann Ferragu. Classe 1ESA. 2015-2016

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