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"Résister par l 'art et la littérature" (2016)

Les tsiganes : résister par l'Art et la Littérature

Publié le mercredi 16 mars 2016 09:36 - Mis à jour le lundi 21 mars 2016 08:22

Les Tsiganes sont un peuple nomade d'Europe de religion Chrétienne. Sous la IIIème République, et dès la déclaration de guerre en 1939, les Tsiganes en France sont regroupés dans des camps d'internement car ils sont suspectés d'être des espions étant donné qu'il s'agit d'un peuple nomade. Alors que dans l’Europe occupée par les nazis, les tsiganes qui habitent en Allemagne, Belgique, Pologne… eux sont déportés en famille, dans les sous-camps d'Auschwitz par exemple.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, le génocide Tsiganes a provoqué la mort de 220 000 tsiganes. Ce groupe fut persécuté pour des raisons raciales, par les nazis. Ce génocide est beaucoup moins connu que celui des juifs, les Tsiganes sont un peuple où la mémoire se transmet à l'oral , donc il y a moins de témoignages écrits des survivants. Ce génocide ne fut reconnut qu'en 1982 par l'Allemagne.

I/ Le chant pour des familles qui survivent dans les camps, une tradition qui permet de rester le plus humain possible.

Avec la musique dans les camps, de nombreux survivants  révèlent que la pratique des chants étaient pour eux, une source d'espoir, un remède qui leur donnait du courage et l'envie de résister à cette barbarie. La musique des Tsiganes regroupés en famille dans des sous-camps comme à Auschwitz Birkenau leur permettaient également d'évacuer leur inquiétude, l'angoisse porté sur leurs épaules.

Le ''Chant du Camp De Concentration De Nis En Serbie'',  désigne bien sûr un camp de concentration nazi à Nis en Serbie, où 10 000 prisonniers, dont une partie sont des tsiganes, ont été fusillés. Ce chant donne une lueur d'espoir, pour échapper à ce cauchemar ''Une lampe brille… Pour que je m'envole'' (ligne-1-6), ''Pour prendre ses grandes clefs, Et pour ouvrir le camp de Nis'' (ligne-7-9).

 

Les musiques et chants tsiganes : C'est une tradition chez les tsiganes de chanter, la musique est légendaire chez eux, elle est comme un remède moral face à leur conditions de vie horribles dans les camps (misère, famine, maltraitance, la mort). Le fait de chanter permettaient aux tsiganes de lutter en famille contre la déshumanisation de rester humain, de pouvoir garder des caractères humains, de sensibilités... Alors que le fait de rester dans les camps de concentrations déshumanise, les personnes qui sont à l'intérieur. Lors du génocide de 1935-1945 dont il furent victime, les tsiganes ont essayé d'oublier ce cauchemar par la musique; nous n'avons que quelques créations de leur œuvre. Ceci est dû à de nombreux facteurs, des nombreuses victimes, beaucoup d'illettrés, une grande partie ont disparu avec leur auteur.

 

II/ La peinture, l'un des rares témoignages sur le génocide Tsigane.

 

Les roms ont voulu oublier, ils ont, pour la plupart, caché ce qui s'est passé à leur descendant.

 

Ceija Stojka est une  tsigane, peintre, écrivain et musicienne survivante des camps de concentration; elle et les tsiganes étaient persécutés sous le nazisme. Née dans une famille de marchands de chevaux, Ceija Stojka a été déportée par les nazis en 1943 et détenue dans 3 camps de concentration ou d'extermination, à Auschwitz-Birkenau, à Ravensbrük et à Bergen-Belsen. Rescapée avec sa mère, elle a raconté son histoire dans une œuvre publiée en 1988 et devenue célèbre : ''Wir leben im Verborgenen – Errinerungen einer Rom-Zirgeunerin'' (''Nous vivons dans la clandestinité. Souvenirs d'une rom-tziganes'').

Ceux qui ont survécu à l'enfer des camps de concentrations ou d'exterminations portent le poids des victimes : ''J'avais besoin de crier'', ''J'ai pris le stylo pour écrire, car j'avais besoin de m'ouvrir, de crier''  expliquait Ceija Stojka en 2004 lors d'une conférence au Musée juif de Vienne. Ils respectent la promesse qu'il ont faite à ceux qui se sont  morts dans les camps, le fait de témoigner par la musique, la peinture, la littérature, l'art… de ce qui s'est passé dans les camps. Le fait de témoigner était pour eux, une forme de résistance et une façon d'entretenir la mémoire les victimes.

Elle a également réalisé plusieurs tableaux, notamment ''Die Finsternis von Bergen-Belsen'' (''Ténèbres de Bergen-Belsen''), décrivant la vie à l'intérieur du camps.

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Dans ce tableau, il y a un contraste entre le rouge et le blanc dans le ciel, le rouge qui symbolise le sang des personnes  tués par les nazi, mais elle symbolise également la terreur, la peur, le fond du drapeau et la croix gammé et le blanc, ici représente la pureté, l'espoir qu'un jour ils seront sauvés de ce calvaire. Le train avec le symbole de la croix gammée représente le camp de concentration nazi, avec les barreaux qui désignent la prison, l'enfermement total, mais également la mort.

Sous camp des tsiganes, Auschwitz Birkenau, janvier 2016

 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le peuple Tsiganes qui fut persécutés par les nazis pour des raisons raciales va résister grâce aux chants qui vont leur permettre de rester Humain et de survivre dans les camps malgré la volonté des nazis de les détruire psychologiquement ,en leur faisant croire que ils ne sont même pas des Hommes. Après la libération des camps les tsiganes vont vouloir pour la plupart cachés cette partie de leur Histoire à leurs descendants et par le fait que il s'agit d'un peuple de l'oral il n'y a pas beaucoup de témoignages. Le plus grand témoignage pour résister à l'oublie sont les peintures de Ceija Stojka une artiste autrichienne et tsigane qui a vécu son enfance dans les camps, c'est donc avec les chants dans les camps et ces peintures que le peuple Tsigane a résisté dans les camps à la déshumanisation puis à l'oublie. C'est seulement à la fin de 1979 que le parlement de RFA reconnut le caractère raciste de la persécution des Tsiganes par les Nazis, ce qui permettait à la plupart des Tsiganes de demander réparation pour les souffrances et les pertes subies sous le régime nazi. A cette date, cependant, beaucoup de ces victimes étaient déjà décédées.

Réalisé par des élèves de 1ère ESa.2015-2016

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