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Espace pédagogique d'établissement

"S'engager pour libérer la France (2018)

5 jeunes du Lycée Buffon, martyrs de la résistance

Par Augustine CHAMBRIER, publié le vendredi 9 février 2018 12:22 - Mis à jour le lundi 19 mars 2018 11:26
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Nous allons évoquer, dans cet article, les jeunes lycéens du lycée Buffon qui se sont engagés dans la résistance, alors qu'il n'avait qu'entre 15 et 17 ans.

Contexte :

Après la signature de l’armistice le 22 juin 1940, des groupes de résistance naissent pour lutter contre l’occupation allemande et pour continuer à se battre.

La résistance est l’action de résister à une autorité, de s'opposer à ce que l’on n'approuve pas par la force ou par les armes.

Avant 1944, seule 1 % de la population active est engagée dans la résistance, ce qui est très faible.

Nous allons donc parler de l’histoire exceptionnelle des jeunes élèves résistants du lycée Buffon et plus particulièrement nous allons voir comment ils se sont engagés pour libérer la France.

Pour cela nous allons d’abord vous présenter leur histoire puis nous étudierons leur mémoire.

 

I- Une histoire tragique de cinq lycéens

 

A) Présentation des 5 martyrs

 

Image présentant les 5 résistants du Lycée Buffon

 

Les 5 martyrs du lycée Buffon sont des lycéens parisiens ayant participé à la Résistance française.

Jean-Marie Arthus est né le 2 avril 1925 à Lausanne en Suisse. Ses parents étaient français, son père était médecin psychiatre.

Jacques Baudry est né le 7 avril 1922. Il était le fils unique d’un professeur d’économie. Il est rentré au Lycée Buffon en 1932 et a réussi son baccalauréat. En 1940, il se prépare pour le concours aux grandes écoles.

Pierre Benoît est né le 7 mars 1925 à Nantua. Son père était un officier de police et sa mère était directrice d’une école maternelle.

Pierre Grelot est né le 16 avril 1923. Son père était un ingénieur- dessinateur au ministère des PTT. Il entre en 1940 en 1erB et se destine à l’enseignement de l’espagnol.

Lucien Legros est, lui, né le 11 juin 1924. Il était le fils d’un chef de bureau du ministère des finances, il était aussi le frère cadet de l’artiste peintre Jean Legros. Il était passionné par la poésie et la peinture mais il était également un excellent pianiste.

 

Il y avait cependant un sixième membre dans le groupe, il s’appelait Michel Agnellet et avait 13 ans lors du premier acte de résistance de ce groupe. Il a été sauvé grâce au silence de ses camarades qui ont pourtant été torturés pour le dénoncer mais ils ne l’ont pas fait. Michel a donc vécu jusqu’en 2012 grâce à eux.

 

B) Leurs différents actes de résistance

 

Les 5 martyrs ont commencé leurs actes de résistance en distribuant des tracts et en collant des affiches avec des slogans anti-allemands sur les murs du lycée Buffon, pour inciter les autres élèves à les suivre.

En 1941, le groupe a le courage de s’engager dans la résistance armée en adhérent aux FTP (Francs-Tireurs et Partisans). Ils font des attentats mais il n’y a aucun mort, car ce sont des adolescents, sans formation militaire, qui ne savent pas se servir des armes.

En avril 1942, l’arrestation de Raymond Burgard (professeur au lycée Buffon et fondateur du réseau Valmy) a créé au sein du lycée une manifestation dont les 5 martyrs étaient les meneurs. Lors de cet événement, Benoit et Legros furent reconnus et dénoncés aux autorités ce qui a conduit le petit groupe à se réfugier dans la clandestinité tout en intensifiant sa participation à la lutte.

Deux mois après, Arthus, Baudry, Grelot et Legros sont arrêtés sur dénonciation. Ils furent envoyés devant le tribunal spéciale de Paris qui les condamnent aux travaux forcés a perpétuité. Benoit, lui, a réussi à s’échapper et à rejoindre un groupe de FTP à Moret-sur-Loing, mais malheureusement il fut à son tour arrêté en août, torturé et finit par être enfermé à la prison de la Santé où il retrouve ses compagnons .

Le 15 octobre 1942, les 5 lycéens sont condamné par le tribunal de la Luftwaffe et transférés à la prison de  Fresne. Ils sont  fusillés le 8 février 1943 et leur corps jetés dans une fosse commune du cimetière parisien d' Ivry-sur-Seine. Ces lycéens n’ont pas été déportés mais fusillés car les allemands les considéraient comme  trop dangereux et "ingérables" : un groupe de lycéens pouvant inciter d’autres jeunes à se révolter. Les actes de résistance de la jeunesse était donc un danger pour les occupants. 

 

C) Leurs lettres d'adieu émouvantes 

 

Le jour de leur exécution les 5 résistants ont écrit à leurs parents des lettres d’adieu particulièrement émouvantes. Jacques Baudry et Pierre Grelot ont exprimé beaucoup d’amour : « On va m'arracher cette vie que vous m'avez donnée et à laquelle je tenais tant. C'est infiniment dur pour moi et pour vous. J'ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux. », « La joie de vous revoir m'est à jamais interdite. », « Gardez toujours dans votre cœur mon souvenir ».

 

Jean Arthus dit à son père de continuer à vivre : « Travaille, fais cela pour moi, continue les livres que tu voulais écrire, pense que je meurs en Français pour ma Patrie. ».

 

Pierre Benoît et Lucien Legros sont resté optimistes devant leur famille : « C'est la fin !… On vient de nous chercher pour la fusillade. Tant pis. Mourir en pleine victoire, c'est un peu vexant, mais qu'importe ! », « La vie sera belle. Nous partons en chantant. Courage. Ce n'est pas si terrible après six mois de prison. », « Nous allons mourir le sourire aux lèvres, car c'est pour le plus bel idéal. J'ai le sentiment, à cette heure, d'avoir vécu une vie complète. »

 

Ces lettres ont pour sens qu’ils meurent pour la liberté , l’égalité et la fraternité et donc pour les valeurs de Charles de Gaulle et de la Résistance en général, pour libérer la France du gouvernement de Vichy et de l'occupant allemand. Les valeurs du gouvernement de Vichy à partir de juin 1940 étaient "travail, famille, patrie ", elles sont différentes de celles du Gal de Gaulle. Sous le gouvernement de Vichy, il n'y avait pas de liberté, les syndicats, les partis politiques et l'Assemblé Nationale  n'existaient pas. Les femmes étaient considérées comme inférieures à leur mari. Il n'y avait pas de Fraternité comme dans le programme du Conseil National de la Résistance qui défendait une République sociale comme avec  la Sécurité Sociale  crée en 1945.

 

Lorsque que Lucien Legros dit qu’il a « vécu une vie complète » cela signifie qu’il a accompli ce qu’il voulait faire, toute sa vie il s’est battu pour ces valeurs.

 

II- Les nombreux hommages rendus à ces cinq martyrs

 

Pour rendre hommage à ces jeunes hommes courageux, ils reçoivent après leur mort la légion d’honneur, la croix de guerre 1939-1945 et la médaille de la résistance.

En 1952, leur corps est incinéré et les cendres sont placées dans la crypte de la chapelle de l'Université de la  Sorbonne auprès d’autres résistants.

Ces 5 martyrs sont des héros, alors que ce n’était que des adolescents, ils se sont engagés dans la guerre et avaient une grande place dans la résistance sur le plan symbolique. Ils n’avaient pas peur de résister à l’occupation allemande. Ils sont morts en héros, et ils le savaient, ils ne sont pas morts pour rien. Ils sont morts pour que la France gagne et soit libre , pour qu’elle ne subisse plus l'occupation  de l’Allemagne. 

 

 

Il existe maintenant une place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon à Paris entre le 14e et le 15e arrondissement et une rue appelé Jacques Baudry dans le 15e.

 

Plaque de la place en hommage au 5 martyrs du Lycée Buffon à Paris

 

Bien sûr, une plaque à leur mémoire a été installé au Lycée Buffon.

 

Plaque au Lycée Buffon

 

Paul Eluard, ami de la famille Legros, a écrit un poème en hommage à Lucien et ses amis en 1944. Voici le poéme :

 

"La nuit qui précéda sa mort

Fut la plus courte de sa vie

L'idée qu'il existait encore

Lui brûlait le sang aux poignets

Le poids de son corps l'écoeurait

SA force le faisait gémir

C'est tout au fond de cette horreur

Qu'il a commencé à sourir

Il n'avait pas UN camarade

Mais des million et des millions

Pour le venger il le savait

Et le jour se leva pour lui"

 

 

Un timbre à leur effigie a été créé dans la série Héros de la Résistance. Il ont été mis en vente le 27 avril 1959 et retiré de la vente le 18 septembre 1959.

 

    Timbres des 5 martyrs du Lycée Buffon

 

Une pièce de Jean-Charles Raymond en 2006 met en scène Lucien Legros, et est jouée en compagnie de Michel Agnellet (un ami d’enfance de Lucien Legros et qui appartenait au groupe de résistance Valmy). Un groupe de rock nommé « Valmy » est d’ailleurs créé par Fredo Faranda. Pour finir, en octobre 2007, le téléfilm «  La vie sera belle » retraçant l’histoire des jeunes lycéens est diffusé.

 

Toutes ces choses créées en leur hommage prouve que leur mort a ému beaucoup de personnes.

 

Pour conclure, ces cinq lycéens se sont engagés pour la France. Ils ont crée un groupe de résistance alors qu'il n'avaient qu'entre 15 et 17 ans. Le fait que ces résistants soient des lycéens, peut nous permettre de nous identifier à eux et de les admirer. Grâce à leur courage, ils sont restés dans notre mémoire.

 

sources : Wikipedia et Le Figaro

 

Augustine Chambrier

Guerlin Bessonneau

Fantine Bellanger 1ESA