En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Espace pédagogique d'établissement

"S'engager pour libérer la France (2018)

La mémoire de Guy Môquet et des fusillés de Châteaubriant

Par Siham MOUTAOUAKKIL, publié le vendredi 2 février 2018 12:09 - Mis à jour le samedi 17 mars 2018 11:48
Monument des martyrs de Châteaubriant (Loire Atlantique)
Le 20 octobre 1941, à Nantes,un officier supérieur allemand fut abattu. L'occupant nazi décida l’exécution de 50 otages. Ils furent exécutés le 22 octobre 1941 dont 27 à Châteaubriant. Le plus jeune otage fut Guy Môquet, un communiste de 17 ans.
"Je laisserai mon souvenir dans l'histoire car je suis le plus jeune des condamnés"

Tout d'abord,le choix des "otages" fut laissé à la discrétion du gouvernement de Vichy sur une liste d’une centaine de noms proposés par les Allemands. Le choix du gouvernement de Pétain se porta essentiellement sur des militants communistes détenus dans les camps d’internement de Châteaubriant. L’Histoire a plus particulièrement retenu le nom du plus jeune des condamnés : Guy Môquet, jeune militant de 17 ans, fils d’un député communiste du Front Populaire."Je laisserai mon souvenir dans l'histoire car je suis le plus jeune des condamnés", aurait confié Guy Môquet à l'abbé Moyon, qui assista les otages de Châteaubriant. De fait, dès l'Occupation, il a été célébré comme un martyr et nombre de groupes de partisans se sont réclamés de lui. Des communistes n’ont pas attendu l’invasion de l’URSS par l’armée nazie pour entrer dans la Résistance. Ils s’organisent à partir de 1940, forment les premiers noyaux clandestins de la Résistance armée. La lecture du dictionnaire des fusillés permet de mesurer la réalité de cet engagement des militants ainsi que  le régime mémoriel officiel de l’unité nationale qui honore les héros et les morts pour la patrie (anciens combattants de la Grande Guerre et de la Seconde Guerre mondiale...)

 

«Les barbares voulaient les tuer, ils les ont rendus immortels»

 

Avant de mourir les fusillés de Châteaubriant écrivent des lettres pour encourager les personnes à se battre pour la liberté, ces lettres disent leur espoir, voici quelques exemples:

“ Nous mourons avec l’espoir que ceux qui restent auront la liberté et le bien-être ” (Émile David)

“ Camarades, prenez courage, nous serons vainqueurs ” (Jules Auffret)

«Toute ma vie j’ai combattu pour une humanité meilleure. J’ai la grande confiance que vous verrez réaliser mon rêve. Ma mort aura servi à quelque chose ” (Jean-Pierre Timbaud )

Et le plus jeune, Guy Môquet, 17 ans, écrit :

“ Certes j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur c’est que ma mort serve à quelque chose.Soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir. ”

Ces lettres permettent d'encourager d'autres de personnes à s'engager pour libérer la France.

Une affiche contenant le nom des 27 otages de Châteaubriant qui se nomme «Affiche les fusillés de Châteaubriant» a été publiée 2 jours après leurs morts pour tout d'abord leur rendre hommages mais aussi montrer le courage de ces hommes et ainsi donner envie aux personnes de résister et de se battre pour la liberté:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle aussi, comme les lettres, elle pousse les personnes à faire la Résistance, à se battre comme ces résistants qui ont été fusillés pour atteindre leur objectif: la liberté de la France.

De nombreuses affiches ont été fabriquées mais celle-ci est la première.

La première commémoration des fusillades de Châteaubriant et de Nantes débute dès le 22 octobre 1944.

Leurs morts entraînent l'entrée en résistance officielle du Parti Communiste Français. En effet, le Parti communiste exploitera la mort de l'innocent Guy Môquet et de ses camarades pour faire oublier son retard à s'engager dans le combat contre l'occupant.

la mémoire des fusillés de Châteaubriant et particulièrement de Guy Môquet a servi pour que le PCF se rende compte qu'il fallait se battre pour que la France soit libre et il a ainsi pris exemple sur ces  personnes décédées pour la France. L'entrée en résistance officielle du PCF est en juin 1941(attaque de l’URSS par l’Allemagne). Le PCF se déclare ensuite le parti des fusillés.

En février 1943, un groupe de résistants FTP de Larnod choisit de s'appeler «Groupe Guy Môquet». Un autre groupe de résistants FTP, celui du Bois de Conveau dans les montagnes Noires en Bretagne prit aussi fin 1943 et en 1944 le nom de «Bataillon Guy Môquet». Les noms choisis par ces groupes de résistants permettent de ne pas oublier Guy Môquet qui est mort pour la France seulement à l'âge de 17ans. Ces groupes de résistants prennent comme exemple Guy Môquet pour résister, ils veulent aussi combattre pour venger la mort de Guy Môquet.

Bouleversé suite à l’exécution de ces 27 «otages» qui voulaient juste être libre, René Guy Cadou écrit le poème « Les Fusillés de Châteaubriant », qui paraîtra dans le recueil Pleine Poitrine publié en 1946 mais qui a été écrit pendant la guerre. On soulignera l'intérêt à questionner le titre de ce recueil, qui rappelle essentiellement la répression brutale et les exactions commises pendant la Seconde Guerre mondial.

Les fusillés de Châteaubriant

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule

Qui est un monument d’amour
Ils n’ont pas de recommandation à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

Ce poème permet que les personnes qui se  sont engagées pour libérer la France et qui sont mortes pour la France soient reconnues, cela permet aussi de conserver leurs mémoire et de ne pas les oublier.

 


 

«Je n’ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé» (Nicolas Sarkozy)

Nicolas Sarkozy a ouvert sa première journée de présidence le 16 mai 2007 en rendant hommage à des jeunes résistants français tués par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. La lettre bouleversante que l'un d'eux écrivit à ses parents avant de mourir a été lue au début de la cérémonie : Guy Môquet fut fusillé le 22 octobre 1941 à l'âge de 17 ans.Le président Nicolas Sarkozy a annoncé sa "première décision" de président qui serait de faire lire dans toutes les classes du pays, en début d'année scolaire, la lettre à ses parents du jeune résistant Guy Môquet avant son exécution. Cette commémoration a lieu tous les ans depuis 2007.

"Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a déclaré le président Sarkozy, visiblement ému après la lecture de cette lettre au cours d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne.

"Ma première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l’Éducation nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France", a-t-il poursuivi.

"Il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l'anonyme grandeur d'un homme qui se donne à cause plus grande que lui", a-t-il dit.

"Que les enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelles extrémités barbares elle peut conduire", a-t-il ajouté.

Lettre de Guy Môquet écrite à sa famille avant son exécution:

"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy"

Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !

Cette lettre rappelle les sacrifices des jeunes français pour arracher la France des mains des bourreaux et que ces français se sont battus pour la France. Le président veut qu'on ne les oublient pas et montrer le courage de ces jeunes français à la France mais aussi l'horreur de la guerre.

Depuis 1946, le nom «Guy Môquet» a été conféré à de nombreux équipements. En son honneur, une rue du 17earrondissement et une station du métro parisien, sur la ligne 13, portent son nom depuis 1946.

De nombreux autres équipements municipaux ou voies à travers la France sont baptisés du nom de Guy Môquet, dont un stade à Drancy, ville francilienne fortement marquée par la présence du camp d'internement voué à la déportation durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que la municipalité de Nantes a renommé l'une des principales artères de la ville du nom de Cours des 50 Otages.

Plusieurs établissements scolaires français ont été baptisés du nom de Guy Môquet, notamment dans les communes de Châteaubriant (un lycée),Gennevilliers, Malakoff, Mitry-Mory, Nogent-sur-Marne, Saint-Benoît (La Réunion), Stains, ou encore Villejuif.

Ces équipements baptisés du nom de Guy Môquet réutilisent sa mémoire car c'est le plus jeune résistant abattu à Châteaubriant et ce dernier était un exemple pour les personnes de son âge mais aussi un exemple pour les personnes plus vieilles pour qu'elles s'engagent à leur tour et elles honoraient donc la mémoire de Guy Môquet. De plus, nous observons qu'il est toujours estimé et sa mémoire est honorée encor car ces équipements permettent de ne pas l'oublier, de lui rendre hommage, ces derniers prennent la «place» des résistants qui l’honoraient et qui conservée sa mémoire même après sa mort. A présent ce sont ces équipements baptisés de son nom qui le font.

Le 21 octobre, France 2 diffuse le téléfilm Guy Môquet, un amour fusillé, réalisé par Philippe Berenger, avec Théo Frilet dans le rôle principal. Guy Môquet est interprêté par Léo-Paul Salmain dans La Mer à l'aube de Volker Schlöndorff diffusé sur Arte en mars 2012.

ils rappellent les sacrifices, l'engagement dans la résistance de Guy Môquet pour que la France soit libre, ces éléments rappellent aussi qu'il est mort pour la France. Ils permettent aussi de conserver la mémoire communiste et la mémoire unitaire de la Résistance du parti communiste au gaulliste en 1944, 2007...

Pour conclure, la mémoire de Guy Môquet et des fusillés de Châteaubriant a été réutilisée pendant la guerre mais aussi après la guerre et encore aujourd'hui. De nombreux moyens permettaient de réutiliser leur mémoire pour que d'autres s’engagent dans la résistance comme leurs lettres qu'ils ont laissés avant de mourir mais aussi des tracts, des affiches, des poèmes... Leur mémoire est aussi réutilisée après de la guerre pour que personne ne les oublient grâce à l'hommage rendu pour les jeunes résistants français tués par les allemands pendant la Seconde Guerre mondiale de l'ancien président de la République française: Nicolas Sarkozy mais aussi grâce à des équipements baptisés du nom de Guy Môquet ou encore des films ou des chansons... Nous espérons tous que leur mémoire ne sera jamais oubliée d'ici quelques années et que l'on continuera de rendre hommage à Guy Môquet mais aussi aux fusillés de Châteaubriant

Sources

https://www.ladepeche.fr/article/2007/05/16/368355-sarkozy-derniere-lettre-guy-moquet-lue-lyceens-chaque-annee.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_M%C3%B4quet#1941-1945_:_%C3%A9laboration_de_la_m%C3%A9moire

https://www.agitateur.org/spip.php?article923

https://www.reseau-canope.fr/poetes-en-resistance/poetes/rene-guy-cadou/les-fusilles-de-chateaubriant/pistes-pedagogiques/

https://www.intellego.fr/soutien-scolaire-3eme/aide-scolaire-histoire-des-arts/les-fusilles-de-chateaubriand/55200

Pièces jointes