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"S'engager pour libérer la France (2018)

Les 45 fusillés de Belle-Beille, " morts pour la France"

Par Elise PLACAIS, publié le vendredi 9 février 2018 12:17 - Mis à jour le dimanche 15 avril 2018 15:34
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Durant la seconde guerre mondiale, de nombreux hommes se sont engagés dans le résistance, on compte ainsi plus de 88 000 déportés pour raisons politiques, d'autres ont été fusillés comme les 45 fusillés de Belle-Beille.

La Seconde Guerre Mondiale a été déclenchée suite à l’invasion d’Hitler en Pologne le 1er septembre 1939. Quelques jours plus tard, le Royaume Uni et la France déclarent la guerre à l’Allemagne. Au début de la guerre, c’est un conflit européen devenant mondial suite à l’entrée en guerre des États-Unis et du Japon en 1941. En 1940, suite à la défaite française, un armistice est signé entre l’Allemagne et la France. La France est divisée en deux : d’un côté une zone occupée par l’Allemagne la zone Nord et les littoraux et  une zone Sud dite « libre », dirigée par  Philippe Pétain. Le gouvernement français s’installe à Vichy, ville proche de la ligne de démarcation. La France devient soumise à l' Allemagne. En 1940, un général , ayant participé à la Première Guerre Mondiale, Charles de Gaulle,  prend la parole sur la radio anglaise BBC «  La France a perdu une bataille mais pas la guerre (...)». A travers son discours, il déclare de ne pas cesser le combat et de continuer la lutte. Suite à cette déclaration, en 1940, des hommes vont continuer la lutte contre l’occupant l’Allemagne, d’autres français vont collaborer avec l’occupant. Angers est le troisième centre administratif en zone occupée pour les allemands : ville  capitale du Grand Ouest, lieu stratégique. De nombreux réseaux ou mouvements de résistance tentent de se mettre en place  dans cette ville. C’est pour cela, que nous allons répondre à la problématique « S’engager pour libérer la France ». L’exemple des 45 fusillés de Belle-Beille (quartier d’Angers) illustre parfaitement le combat d’hommes résistants voulant continuer la lutte contre l’occupant et contre le gouvernement de Vichy. En premier lieu, nous allons voir Angers, capitale provinciale pour l’armée allemande et le gouvernement de Vichy. Cette ville est le théâtre d’une répression impitoyable et sanglante sous l’occupation. Dans un deuxième temps, nous étudierons la résistance en France et à Angers. Elle se fait avec des hommes faisant d’innombrables actions de renseignement et de propagande ainsi que des actes de sabotage plus rare en Anjou. Pour finir, nous mettrons surtout en avant la mémoire des fusillés de Belle-Beille, des personnes qui ont participé à d’innombrables actes de résistance dans l’Ouest de la France.

 

I) Angers, capitale provinciale pour l'armée Allemande et le gouvernement de Vichy

 

Durant l’occupation, Angers est le troisième centre administratif de province pour les Allemands. C’est un lieu stratégique. A Angers, on retrouve environ 6 000 Allemands, on comprend que la résistance soit très compliquée. Pour les Alliés, il est difficile de collecter des renseignements. C’est la mission de la résistance angevine. Il faut savoir, que durant l’occupation, à Angers des résistants sont envoyés dans des camps de concentration. D’autres sont fusillés.  Dans le Maine-et- Loire, on compte plus de 1 000 personnes déportées pour raisons politiques. 414 personnes sont revenues des camps soit environ 40%.

  La France est occupée depuis 1940. Certains hommes ou femmes tentent de s'opposer à l’occupant. Ils constituent une minorité courageuse au début du conflit. Leurs motivations étaient diverses et confuses. Ils n’acceptaient pas la défaite et l’occupation des Allemands. Ils refusaient le régime de Vichy et la collaboration, de même que les répressions. Par la suite, de multiples réseaux se créent avec des hommes ou femmes de toutes nationalités (Italiens, Allemands, Espagnols, Arméniens). Les résistants sont volontaires, engagés dans l’action clandestine. Ils pouvaient être à tout moment dénoncés, torturés, emprisonnés, exécutés, déportés. A partir de 1943, la Résistance fait des actions directes : attentats, sabotages, lutte à main armée. La Résistance, c’est aussi des maquis : lieu où des centaines d’hommes se cachent pour échapper au STO (Service Travail Obligatoire). Plus simplement, la Résistance c’est aussi des écoutes à la radio anglaise (BBC). En effet il était très dangereux d’écouter la BBC. Les collabos, eux, écoutaient Radio Paris. En 1942, à la demande du Général de Gaulle, Jean Moulin est envoyé de Londres en France pour unifier une résistance intérieure. En 1943, grâce à ses efforts, la Résistance s’unifie et ça, malgré son arrestation à Caluire. On peut signaler que Jean Moulin est mort sur la route de la déportation à Metz.

 

II) La résistance angevine se concentre sur des actions de renseignement et de propagande ; des actes de sabotage rares

 

A Angers en particulier, de nombreux résistants se sont illustrés pour défendre leur ville et leur pays. Eux aussi ne supportaient pas l’occupation Allemande et le régime de Vichy. Ils pouvaient être à la fois résistants et artisans, commerçants ou bien instituteurs. Parfois, ils étaient dénoncés, arrêtés, fusillés.

Poteaux d'exécution reconstitués, Belle Beille 2017

L’exemple des 45 fusillés de Belle-Beille illustre parfaitement cette volonté des Allemands de réprimer brutalement toute action et de tuer sans pitié. Ils avaient tous une vingtaine d’années, nombreux étaient élèves instituteurs. Certains étaient membre du Front National ( communiste) et des FTPF (Francs Tireurs et Partisans Français), et étaient aussi militants communistes. Beaucoup d’entre eux, faisaient partie de groupe normalien. Un normalien pouvait être étudiant, élève ou ancien élève ou encore ancien étudiant d’une école normale ou supérieure.

 « Ces jeunes hommes étaient des jeunes hommes courageux et braves ». Beaucoup furent arrêtés et martyrisés par la Gestapo (police de répression allemande) puis certains furent fusillés entre 1942-1944 comme les   45 fusillés de Belle-Beille :

-Raoul Mandoul le premier d’entre eux avait 20ans, dénoncé pour port d’armes prohibées.

Suivent d’autres groupes de victimes :

-Le 13 décembre 1943, sept hommes sont passés par les armes…Ils faisaient partie de l’école normale d’Angers.

- Adrien Tigeot, fusillé à l’âge de 20 ans. Il était un jeune normalien angevin, il faisait partie de la liste des Allemands. André Moine 19 ans, le plus jeune, Alix Gabriel ou Pierre Porcher autres instituteurs angevins, communistes, militants. Ils appartenaient à un réseau de résistance appelé FTP. On signalera que le FTPF (Francs-tireurs et partisans français) est le nom d’un mouvement de résistance français créé à la fin de 1941 par la direction du parti communiste français. Ces jeunes membres FTPF avaient décidé de cambrioler une mairie afin de voler des machines à écrire des cartes d’alimentation, cartes d’identités et tampons pour établir de faux papiers. Ils sont arrêtés par la police française de Vichy pour être jugés et en suite fusillés.

- Maxime Bacquet autre chef du réseau angevin. Il est condamné aussi à mort le 1er décembre 1943 et fusillé le 13 décembre 1943. Il a participé à des attentats contre l’occupant et a manqué de peu un attentat à Angers et à Thouars. Il a également participé à l’action contre la mairie Vern d’Anjou

- Alfred Clément, René Brossard sont quant à eux, des résistants particulièrement affutés dans le vol d’armes. Ils sont abattus eux aussi avec le groupe par les Allemands le 13 décembre 1943.

- Olivier Girans, 23 ans est le dernier d’une longue liste à être fusillé avant la libération de 1944 « Le pas que je fais vers la mort n'est qu'un pas dans cette immensité, dans la vraie liberté. Ce que je perds est peu de chose comparé à cette certitude que j'acquiers par ma mort. »

Avant leurs exécutions, pour acte de résistance, on peut noter que certains résistants chantaient ensemble « Le Chant des Partisans » suivi de « La Marseillaise » en signe de lutte contre l’occupant. La mort ne leur faisait aucunement peur… résister est leur principale action pour s'opposer à la  tyrannie des nazis.

 

III) La mémoire des fusillés, une commémoration importante et nécessaire

On peut désormais commémorer les 45 fusillés, résistants, angevins à Belle-Beille. Une stèle a pour effet de rappeler la mémoire de ses hommes morts pour la France et pour la ville. Ce monument a été inauguré le 28 septembre 1952 et réalisé par un sculpteur angevin. Ce sont les familles des victimes qui l’avaient demandé afin de se recueillir. En 2013, sur cette stèle on a ajouté une plaque avec le nom de chaque fusillé. Ainsi, une cérémonie est organisée tous les ans au mois de novembre afin de nous rappeler ces Hommes morts pour la patrie. Des jeunes hommes et moins jeunes entrés dans la résistance et livrés aux forces d’occupation pour finir devant un poteau d’exécution.

 

Pour conclure, cette guerre a marqué les esprits de chacun. De nombreuses personnes ont résisté à leur manière, de la résistance passive, en écoutant la BBC, à la résistance active en organisant des vols et attentats. Leur volonté était de sauver et libérer le pays. Le 6 juin 1944 est venu le débarquement par l’Amérique et ses Alliés sur les plages de Normandie. Le 10 août 1944, Angers fut libéré, et puis de même pour Paris le 25 août 1944. Soldats et résistants ont tous participé d’une certaine manière à la libération de la France et de l'Europe.

M. Maingot, résistant angevin déporté au camp de Mauthausen

octobre 2017

 

 

Sources: Courrier de l'Ouest, Ouest France, Archives Départementales

 

Antonin BLON et Elise PLACAIS,1ESa

 

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