En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Espace pédagogique d'établissement

"S'engager pour libérer la France (2018)

Les engagés volontaires juifs dans les armées francaises durant la Seconde Guerre mondiale

Par Alexandra FLE, publié le lundi 19 février 2018 10:23 - Mis à jour le lundi 19 mars 2018 22:00
2°_-_22°_RMVE.JPG
Les Juifs français et étrangers se sont engagés dans l'armée française et dans la légion étrangère mais aussi dans la Résistance pour lutter contre l'Allemagne nazie.

Au cours de  la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Juifs se sont  engagés dans l'Armée française ou dans la Résistance.

De  1939 à juin 1940, nombre de Juifs étrangers se sont ainsi engagés volontairement pour combattre aux côtés des Français, malgré les brimades qu’ils subissaient.  Les Juifs étrangers  ont parfois été dénigrés ou même maltraités. Dans quelles conditions les Juifs se sont-ils engagés volontairement lors de la Seconde Guerre mondiale ? Dans une première partie, nous étudierons les Juifs engagés dans l’armée française de 1939 à juin 1940. Dans une seconde partie, nous nous intéresserons aux engagés Juifs dans la Résistance de 1940 à 1944.

 

 

 

Dans les années 1939-40, l’engagement « volontaire » des étrangers dans l’armée française était soumis à des contraintes sociales spécifiques qui remettent en question la définition même du concept de « volontariat ». En effet, certains y étaient contraints, devant offrir des prestations à leur pays d'origine. Les étrangers furent ainsi conduits à ouvrir leurs propres bureaux de recrutement. Par exemple ce fut le cas de la permanence d’enrôlement des Juifs située dans l’ancien théâtre yiddish de la rue de Lancry à Paris. Elle aurait recruté plus de 10 000 volontaires. Au total, environ 50 nationalités furent regroupées dans trois régiments créés spécialement pour eux dans le sud de la France, au Barcarès (Pyrénées Orientales). Cela prouve que les étrangers - et dans notre cas les Juifs étrangers - étaient séparés des autres soldats. Pour encadrer les volontaires de divers pays autres que la Pologne, trois unités ont été créés : les régiments de marche des volontaires étrangers. Cependant, ce que vivent ces volontaires engagés dans les R.M.V.E (Régiments de marche de volontaires étrangers) ne correspond pas exactement à l'idée qu'ils s'en faisaient.

 

Les soldats Juifs étrangers dans ces régiments  sont sous-armés, sous-équipés. Ils sont appelés «  régiments ficelles ». Ils sont accusés injustement de s'engager uniquement par intérêt matériel, c'est-à-dire qu'ils se seraient soi-disant engagés pour la solde, le gîte et le couvert. Lucien Rebatet, un collaborateur notoire, les accuse même de manquer de patriotisme.

Après l'armistice en juin 1940,  le sort de ces Juifs étrangers engagés pour défendre la France ou des Juifs français  de l'armée française ne sera pas différent de celui des autres Juifs, comme cela est montré avec Jacques Cling. Après avoir été forcé de mettre sur la vitrine de son magasin la pancarte « entreprise Juive », il subira des vexations malgré les sept médailles qu’il avait placées sur un présentoir. Il possédait pourtant de prestigieuses médailles militaires de la Première Guerre mondiale, ainsi que la croix de guerre.

Même si ces soldats Juifs étrangers ou français  ont fait  partie de l’armée française, ils subissent donc la persécution antisémite de l'Occupant et du régime de Vichy à partir de l'été 1940 avec des vexations, des brimades, des humiliations et des mauvais traitements. Il y a Émile Frajerman, juif, qui a été interné dans le camp de Beaune-La-Rolande, a réussi à s’évader de Sologne et décide de rejoindre les FFL avec sa famille. Mais également, Jean Rosenthal est né le 5 septembre 1906 à Paris et mort le 2 août 1993 à Garches.  Il fut mobilisé comme lieutenant de réserve dès 1939, puis démobilisé en juillet 1940. Il obtient à un poste en tant que délégué le 17 octobre 1943 et devient un interlocuteur entre Londres et la France, il rentrera définitivement en France en mars 1946.


 

                                                 

Deuxièmement, si 77 000 Juifs vivant en France ont été déportés pour raisons raciales, d'autres se sont engagés dans la Résistance : en France, le groupe communiste des FTP-MOI (Francs- Tireurs et Partisans – Main d’Oeuvre Immigrée) composé d'immigrés ou étrangers souvent des Juifs d’Europe centrale et des antifascistes espagnols et italiens, placés sous la direction de Missak Manouchian. Ils tombèrent nombreux sous les balles allemandes. Missak Manouchian est entré en Résistance en 1941. En 1943, il est choisi pour être le commissaire militaire des FTP-MOI et se fait arrêter trois mois plus tard. Certains faisaient aussi de la propagande. Les hommes étaient majoritaires mais certaines femmes ont participé à ce groupe. Ex: Olga Bancic, une Juive roumaine communiste du groupe Manouchian. Celui ci  meurt « en soldat régulier de l’Armée française de la Libération » avec vingt-deux de ses camarades de l'Affiche rouge. Ainsi, les jeunes Rayman, Wasjbrot, Elek, Fingerweig ou autres de l’Affiche rouge furent des résistants actifs à Paris dès 1942. A la suite de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses « affiches rouges » portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photographie Manouchian, avec comme inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ». Mais l'affaire de l'Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l'ennemi, produit l'effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l'emblème du martyre. Les soutiens et marques d'amitié se multiplient.

 

 

 

 

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, 25 000 juifs étrangers se sont engagés volontairement dans l’armée française dès le 3 septembre 1939 dès la déclaration de guerre à l’Allemagne. Rue Saint-Dominique, au ministère de la guerre, des hommes de 52 nationalités, des Juifs en majorité ont offert à la France républicaine le meilleur d’eux-mêmes : leur engagement et parfois leur existence. Ce 6 juin 2010 à Bagneux, François Szulamn, co-président de l’Union des Engagés Volontaires Juifs, a rendu hommage à ses pères qui le 6 juin 1940 tombaient durant la bataille de Péronne en Picardie.

 

 

 

 

D'autres juifs français ou étrangers ont vécu en clandestinité puis se sont engagés dans la Résistance comme en  témoigne Madame Lazarus que nous avons rencontrée. Adolescente, française, elle fut  persécutée à Tours puis résistante à Paris : elle a ainsi transporté des armes dans son vélo, à son propre insu. En effet, elle croyait transporter des boites de films selon les ordres de son beau-frère Jean, mais en réalité, les sacoches contenaient des revolvers avec des munitions pour les Francs Tireurs et Partisans. Son beau-frère ne l'avait pas prévenue pour éviter du stress lors des contrôles. Mme Lazarus fera fonction  d'infirmière lors de la libération de Paris et est toujours très fière de son brassard porté lors de cette libération en août 1944 :

Brassard de Mme Lazarus lors de la Libération de Paris en août 1944

M.et Mme Lazarus à gauche, avril 2017, salle Chabrol à Angers

 


 


 


 

Pour conclure, nous pouvons dire que des Juifs se sont engagés pour défendre la France, certains peut être pour avoir un minimum de reconnaissance, de meilleurs conditions de vie, mais surtout aussi  pour lutter contre l'Allemagne nazie. Ces Juifs se sont vaillamment battus et parfois jusqu'au prix de leur vie. Malgré leur engagement volontaire, ils seront  persécutés comme leurs congénères après l'armistice en juin 1940. Leurs médailles et reconnaissances de la Première Guerre mondiale ou de la campagne de France en mai 1940 ne leur ont été donc d'aucune utilité de 1940 à 1944..Certains s'engageront ensuite dans la Résistance. Il faudra attendre la Libération et le retour de la République pour que les persécutions cessent.


 

Sitographie:

I. Sites web complet :


 

Romain Roulleau. Les engagés volontaires juifs étrangers dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales, Accor hôtels, Accor SA, https://www.accorhotels.com/fr/travel

guide/paris/evenements-et-festivals/les-engages-volontaires-juifs-etrangers-dans-les-armees-francaises-durant-les-deux-guerres-mondiales-exposition-e-110ahdg8337.shtml

 

Jacques Fredj, mémorial de la Shoa,  Mémorial de la Shoah, http://www.memorialdelashoah.org/archives-et-documentation/quest-ce-que-la-shoah/questions-frequentes.html

http://www.memorialdelashoah.org/evenements-expositions/rencontres/journee-detude.html

http://www.juifs-en-resistance.memorialdelashoah.org/liberation-du-territoire/forces-francaises-libres.htm

 

LCL BOURBAN, Légion étrangère, histoire de la légion étrangère, 06 septembre 2014, http://www.legion-etrangere.com/mdl/info_seul.php?id=486&block=28&titre=Histoire-de-la-creation-a-nos-jours


 

II. Liens divers :


 

http://www.diasporiques.org/Diaspo_22_Leroy.pdf

 

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article424

 

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article424

https://leblogdenoach.wordpress.com/2010/06/09/ces-volontaires-juifs-qui-se-sont-battus-pour-la-france/