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Espace pédagogique d'établissement

Théâtre Le Quai 2016-2017

Une mise en scène "bluffante"

Par BRIGITTE RICHARD, publié le mercredi 19 octobre 2016 22:57 - Mis à jour le jeudi 20 octobre 2016 14:51

Le 29 septembre 2016, nous nous sommes rendus au théâtre Le Quai pour voir Dom Juan, une des quatre pièces faisant partie des « Molière de Vitez ». La représentation a duré environ une heure trente, sans lever ni tomber de rideau, sans décors et sans costumes car il s’agit de théâtre contemporain. Une dizaine de jeunes comédiens nous ont alors transportés dans leur univers, pour le moins inattendu.

 

            Pour ce qui est de la répartition des rôles, elle s'est faite au hasard et sans distinction de sexe, nous présentant entre autres un Sganarelle joué par une comédienne. Les personnages n'avaient pas non plus de costumes entiers, seulement quelques accessoires. Quand les personnages entrent sur scène la première fois, il est difficile de savoir qui joue qui, il faut donc se référer aux répliques ; par exemple, Sganarelle portait une robe orange, et à son arrivée sur scène on n'imaginait pas du tout qu'elle jouait le valet de Dom Juan. Malgré cela, je trouve que les acteurs ont été bons, et j'ai particulièrement apprécié les deux comédiennes jouant l'une Sganarelle et l'autre Pierrot et le père de Dom Juan, qui m'ont totalement bluffée par leur jeu excellent, elles ne faisaient réellement plus qu'un avec leur personnage. Les acteurs, en baskets, couraient d'un coin à l'autre du plateau, et montaient régulièrement dans le public, qui est resté éclairé durant toute la représentation. Je pense particulièrement à Dom Juan qui est monté à deux reprises sur un échafaudage, et qui a plusieurs fois escaladé les sièges des spectateurs, rendant la mise en scène très vivante, apportant de la vie et du relief à la pièce. À chaque instant on se sentait concerné par ce qui se passait, et pas un acte ne se passait sans qu'un acteur ne descende ou monte au milieu du public. L'Ermite, lui, est arrivé totalement nu, en descendant de la salle, ce qui se justifiait par le fait que, dans la pièce de Molière, des brigands lui ont volé tout ce qu'il avait,. On se retournait sans arrêt, cherchant du regard les acteurs cachés dans le public, j'ai beaucoup aimé cette interaction et cette proximité avec les spectateurs.

 

            Ensuite, comme je l'ai déjà dit, il n'y avait pas de décor, ce qui n'a pas du tout, à mon sens, gêné la compréhension et le bon déroulement de la pièce. Le rideau ne s'est fermé qu'une fois pour représenter le mausolée du Commandeur, pendant que Dom Juan et Sganarelle étaient parmi le public. Il n'y avait pas non plus d'éclairage spécifique, tout est rester allumé, scène et public compris, sans interruption. Sans tomber de rideau ni de noir sur scène, les changements d'actes ont été faits par un acteur dans un coin de la scène, qui frappait un tambour et annonçait chaque changement d'acte. C'est ce même acteur (qui a d’ailleurs changé au cours de la pièce) qui nettoyait avec une serpillière l'eau jetée sur scène par Dom Juan, alors que celui-ci même continuait de jouer. On a aussi eu le droit à un « Perruque ! » improvisé de la part d'un des frères d'Elvire qui était en train de perdre la sienne, et le même acteur qui marquait les changements d'actes a couru la lui remettre, rendant la scène encore plus comique, et m'amenant au troisième point.

 

            En effet, la pièce de théâtre s'est avérée bien plus comique que celle écrite initialement par Molière, avec entre autres un premier frère d'Elvire très efféminé et jouant sur les mots, tournant le personnage en ridicule par son humour lourd et sa façon de parler. C'est personnellement un personnage que j'ai beaucoup apprécié puisqu'il était très drôle, même sans le vouloir puisqu'en face de l'acteur jouant Dom Juan il faisait deux têtes de plus ! Je l’ai trouvé très attachant et avec son frère ils formaient un duo fondé sur le comique, l'un s'allongeant sur Dom Juan alors que l'autre tendait ses fesses au public, et ils avaient une relation très complémentaire. De plus, le comique de la pièce était souligné par les quelques libertés des acteurs qui se sont quelques fois légèrement détachés du texte, sans pour autant transformer totalement la pièce. Je pense notamment à Dom Juan qui dit « fuir l'acte trois pour aller se réfugier dans l'acte quatre », annonçant le changement d'acte. Bien sûr, les interactions avec le public s'inscrivaient aussi dans le registre comique de la pièce, mettant également en scène les spectateurs, qui ne s'y attendaient pas du tout.

 

            Pour conclure, je dirais que malgré les réticences que j'avais pour cette pièce de prime abord à cause de l'absence annoncée de décors et de costumes,  j'ai été agréablement surprise par la représentation qui m'a finalement beaucoup fait rire et beaucoup plu. C'est comme une version moderne de Molière, la mise en scène m'a vraiment bluffée car je la trouve extrêmement bien pensé et innovante. J'ai passé une très bonne soirée !

 

 

Esméralda MAVREL 1ère LA

 

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