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Espace pédagogique d'établissement

Travaux interdisciplinaires sur " la rhétorique du discours" en anglais et français (2017)

L'euthanasie

Par BRIGITTE RICHARD, publié le mercredi 7 juin 2017 15:09 - Mis à jour le mercredi 7 juin 2017 15:09

Mesdames et messieurs les ministres. Je suis devant vous en ce jour du 12 mai 2005 pour énoncer quelques faits qui méritent votre attention. Dans notre pays, des hommes, des femmes, des enfants sont condamnés à mourir. Leur seul défaut aura été de tomber gravement malade, de survivre à un terrible accident, ou de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces personnes sont condamnés. Dans un jour, une semaine, un mois ou un an, elles succomberont. Inévitablement. Car la est ma question : Devons nous nous acharner à garder en vie des personnes des souffrances intolérable chaque seconde du reste de leur existence, et dont la seul souhait est que la mort les prenne ?

 

Notre belle République n'a pas de réponse à cette question. Aucune de nos lois ne prend en compte leur volonté de tout arrêter. Car c'est avant tout leur volonté qu'il faut écouter. Qui sommes-nous pour garder de force ces personnes en vie ? Qui sommes-nous pour nous opposer à leur désir ? Je veux faire appel à votre raison mesdames et messieurs, l'acharnement thérapeutique ne doit plus être. Au nom de la dignité humaine et du respect de la volonté de chacun, nous ne devons plus ajouter cette souffrance supplémentaire à ceux qui en portent déjà trop. Une loi doit être votée. Afin de décharger de leurs douleurs ceux qui n'en veulent plus. Arrêter un traitement ne signifie pas que l'on renonce. Cela signifie que l'on accepte le fait que certains patient ne se réveilleront pas. Nous, république libre, prônons plusieurs libertés. La liberté de croire, de penser, d'avoir une opinion… chacune de ces libertés expriment la même chose : nous sommes propriétaires de notre corps et de notre esprit, et ce, même dans les souffrances les plus sombres. Et il n'appartient qu'à nous de savoir si notre personne doit vivre ou mourir. Certains diront que c'est grâce à un tel acharnement que l'on peut trouver des remèdes. Je pense que c'est effectivement en persévérant que l'on réussit, mais il existe d'autres formes de persévérance que de traiter des personnes mourantes en cobayes pour des traitements lourds et inefficaces. Oui, ces personnes souffrantes ne sont que des cobayes pour des industries pharmaceutiques grandissantes, qui construisent leur fortune sur des individus sans défense.

 

C'est pour défendre les droits humains de ces enfants, de ces femmes, de ces hommes, que nous devons voter une loi contre cet acharnement thérapeutique, qui détruit plus qu'il ne sauve. Pour soulager les mourants de leurs souffrances inutiles, pour redonner de la dignité a ceux qui l'ont perdue tragiquement, pour rendre la propriété de leur corps à ceux qui n'en ont plus le contrôle. Et enfin pour dire à ces personnes que même si la vie les quitte peu à peu,nous, vivants, nous ne les abandonnerons pas.

 

Merci de votre écoute. J'ose maintenant espérer qu'en plus de m’avoir écouté vous m'avez entendu. Et que ce discours n’aura pas été prononcé en vain.

 

                                                                                                                                                                                             Léo