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Travaux interdisciplinaires sur " la rhétorique du discours" en anglais et français (2017)

La liberté d'expression

Par BRIGITTE RICHARD, publié le mercredi 7 juin 2017 23:37 - Mis à jour le jeudi 8 juin 2017 10:55

La liberté d'expression : une valeur à défendre

 

 

    Discours prononcé par un homme engagé en 1933, pour toute l'Allemagne et bien plus, à Bebelplatz. Il défend les droits et les valeurs de la liberté d'expression, qu'il veut retrouver dans son cher pays.

    Je m'adresse à vous, les Berlinois, à vos voisins, à vos amis, à votre maire, à votre pays, à notre planète. Je m'adresse à tous ceux qui rêvent de pouvoir crier leur opinion et leurs idées sans craintes, et ceux qui le font et qui se font arrêter. Combien d'entre nous ont vu se faire embarquer leurs voisins ? Avant 1933, nous avions le droit de nous exprimer, haut et fort. Avant 1933, nous avions le droit de penser ce que l'on voulait avec qui on le voulait. Depuis le décret qu'ont mis en place Hitler et son ministre de la propagande, Jospeh Gobbels, pouvoir simplement exprimer ce que l'on ressent est considéré comme un crime.

Autoriser la liberté d'expression, c'est accorder à quelqu'un, en tant que personne, en tant que citoyen, de se sentir intégré et important dans la société, mais surtout, de se sentir exister. Quand les candidats peuvent se présenter librement aux élections par exemple, cela rend le pays plus stable car les citoyens savent que leurs voix comptent. Hélas ! Les dictateurs n'entendent pas, ou plutôt n'écoutent pas. Priver un homme de sa liberté d'expression, c'est comme tuer quelqu'un qui devrait vivre.

Lorsque la presse est libre, le peuple a confiance dans le système. Or, depuis le 2 février 1933, les journaux d'avis contraire au régime sont interdits de parution. Et le 10 mai 1933, devant notre opéra ici-même, à Berlin, des dizaines de milliers de livres ont été jetés au bûcher, brûlant une part de nous à chaque fois ! Cela ne vous dérange pas de savoir que des gens n'ont pas confiance en leur société ? De savoir que notre dirigeant tient les médias étroitement contrôlés ? Un journal ne devrait pas connaître de restrictions, de limites, sauf s' il publie des propos racistes ou discriminatoires. La presse nous permet de communiquer et sans elle, nous perdons nos repères.

Pour terminer, je dirai que la liberté d'expression est indispensable pour le développement de chaque individu. C'est en échangeant des informations en toute liberté que chacun peut avancer dans la vie et devenir lui-même. Le fait que, dès 1931, le Parti national socialiste ait forcé l'école Bauhais à fermer ses portes, et qu'en 1933, Hitler instaure un « art officiel », nous détruit nous-même, en obligeant nos artistes à peindre la même histoire, selon les mêmes règles monotones et injustes.

Nous devons nous battre pour le futur. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, en attendant simplement que les choses passent. Elles ne passeront pas si nous n'intervenons pas ! Nous avons le droit à la manifestation de notre opinion, nous avons le droit à la création ! La possibilité effective de dire, d'écrire ce que l'on pense, de créer ce que l'on veut, sans la censure d'un pouvoir, c'est un droit fondamental reconnu.

Levons-nous ! Battons-nous ! Manifestons-nous! N'ayons pas peur de défendre ce pourquoi nous vivons!  Ah ! Sans liberté, nous ne sommes rien. Ecrivons, chantons, peignons ce que nous désirons ! Nous n'avons rien à perdre, alors ne laissons pas plus longtemps cette terreur et ces interdictions nous dominer. Nous sommes humains et avons chacun notre cerveau. Alors agissons en tant que tels ! Ne nous laissons pas contrôler par qui que ce soit, et retrouvons notre chère liberté que nous chérissons tant !

 

Justine.M

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