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Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

La lutte pour l'abolition de la traite et de l'esclavage au Royaume-Uni et en France

Par Julia BODY, publié le vendredi 29 avril 2016 15:44 - Mis à jour le samedi 30 avril 2016 21:38

Du XV siècle au XIX siècle, les européens ont organisé la traite Atlantique afin d'alimenter leurs plantations dans leurs colonies américaines en esclaves. Après un long combat, la traite sera abolie par le Royaume-Uni en 1807 et par les autres pays européens en 1815. L'esclavage sera aboli dans les colonies anglaises en 1833 et dans les colonies françaises, dans un premier temps de 1793 à 1802, puis définitivement en 1848. Nous allons maintenant vous présenter comment les abolitionnistes anglais et français ont mené ce long combat.

 

1- Un premier combat contre la traite

 

En Angleterre se développe de nombreuses sociétés anti-esclavagistes, soutenues par les églises protestantes, quakers, et méthodistes. En particulier The Society for effecting the abolition of the slave trade, de Londres. En 1787, en se fixant l'abolition de la traite pour objectif concret, cette dernière réussit à mobiliser l'opinion populaire anglaise : à la fin du siècle, sur 8 millions d'habitants en Angleterre, plusieurs centaines de milliers pétitionnent en faveur de l'abolition de la traite.

En France, en 1685 une avancée pour l'abolition de l'esclavage fut instaurée puisque le code noir, de Colbert, établit le statut juridique des esclaves dans les colonies françaises. Cependant le Royaume de France avait un retard puisqu'un texte similaire à celui-ci fut rédigé en 1636 au Royaume-Uni, la première trace écrite de législation des esclaves dans l'Empire Britannique.

La Société des Amis des Noirs est fondée à Paris le 19 février 1789. La société ne dépassera pas 200 membres, surtout des nobles et des grands bourgeois imprégnés de la culture des lumières et anglophiles, comme Condorcet, Lafayette. Ainsi que des gens de lettres ou de juristes comme Brissot, Carra, Mercier et aussi de plusieurs financiers.

Ces abolitionnistes combattaient les arguments des esclavagistes. Ce discours opposé à la traite et/ou à l'esclavage étaient en l'occurence celui de la jeune fille face au capitaine dans la BD «Les passagers du vent» de François Bourgeon ( "le comptoir de Juda"), ainsi que celui de Montesquieu dans son ouvrage «L'esprit des lois». Sans oublier les arguments observés dans la nouvelle «Ziméo» de Saint Lambert contre la traite et/ou l'esclavage :

Economiques:

 le sucre est un produit de luxe et non de première nécessité. Il n’est donc pas acceptable qu’on maltraite des hommes pour la gourmandise d’autres. la Société des Amis des Noirs ne cherche pas à abolir l'esclavage qui enrichit les colonies mais la traite.

Humains:

-l'esclavage ne peut être considéré comme une tradition défendable.

-le commandant n'a d'ailleurs aucune estime non plus pour ses marins, il les considèrent comme des esprits faibles.

Religieux:

Selon les esclavagistes, Dieu ne considère pas les noirs comme porteurs d’une âme bonne, la Société des Amis des Noirs considère que si "les noirs ne sont pas encore mûrs pour la liberté; il faut les y préparer"

 

Bien que les philosophes défendent l'abolition de l'esclavage, une majorité de personnes reste opposées à celle-ci, comme un grand nombre de nantais. Tel que le député du Commerce de Nantes, Jean-Baptiste Mosneron, extrait d'une de ces lettres, le 17 janvier 1790: «En abolissant la traite des noirs, on perdrait en peu de temps le commerce des Colonies qui alimente 5 à 6 millions de français, occupés, soit sur nos vaisseaux, soit dans nos ports, soit dans nos manufactures. […] Il n'y a point de commerce à établir en Afrique, et sous un ciel où le thermomètre est souvent à 30 degrés, le sucre et le café ne peuvent être cultivés par des mains libres

Bien que la révolution commence en 1789, Les nantais, comme le député Jean-Baptiste Mosneron, s'opposent vivement à l'idée de l'abolition de l'esclavage, ils considèrent le noir comme une «race» destinée à travailler sous le climat tropical des colonies. De plus ce député défend les intérêts économiques du port du Nantes et de ses fournisseurs qui dépendent en partie du commerce triangulaire et de l'activité commerciale en général. Bien que la traite ait été interdite en 1815 par tous les pays européens, les négriers nantais continueront clandestinement leur commerce jusqu'en 1830.

 

 

2- «Les noirs ne sont pas encore mûrs pour la liberté; il faut les y preparer»

 

Dans l'extrait du «patriote français» le 24 aout aout 1789 soit un mois après la révolution française, cette société cherchait tout d'abord à abolir la traite, c'est à dire le transport des esclaves d'Afrique vers l'Amérique. Cette stratégie permettait de tarir l'alimentation des plantations américaines en esclaves avant d'en finir avec l'esclavage proprement dit dans les colonies.

 

D'après les mots de Brissot, de la société des noirs, extrait du Patriote français 24 août 1789: «Les noirs ne sont pas encore mûrs pour la liberté; il faut les y préparer": telle est la doctrine de cette société». En approfondissant l'analyse de l'extrait du Patriote français de Jean Pierre Brissot on comprend que La société des amis des noirs représente un abolitionisme nuancé ;ils ne sont pas certains que les noirs soient les égaux des blancs.

 

3- Le rétablissement de l'esclavage par Napoléon Bonaparte

 

L'idée d'abolir l'esclavage en France prend de l'ampleur au commencement de la période révolutionnaire vers 1789.Les sentiments d'humanité, la force des révoltes de Saint Domingue et la pression militaire anglaise dans les Antilles incitent la Convention à voter l'abolition de l'esclavage à l'unanimité le 4 février 1794. Mais il n'est pas toujours suivi et appliqué. Ce décret avait pour but de calmer les révoltes dans les colonies des Antilles. Il a été uniquement appliqué pour la Guyane, la Guadeloupe et Saint Domingue.

Cependant, le 20 mai 1802, une loi imposée par Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies où le décret de 1794 a  été appliqué.

4- L'abolition définitive de l'esclavage en 1833 au Royaume-Uni et en 1848 dans les colonies françaises.

Après un combat long et difficile, la traite  puis l'esclavage ont enfin été abolis.L'abolition définitive de l'esclavage a eu lieu en 1833 au Royaume-Uni et en 1848 dans les colonies françaises.

 

  • "L'abolition de l'esclavage en 1848" par Biart( 1849)

Cependant il existe aujourd'hui des  formes d'esclavage moderne dont vous pouvez découvrir certains aspects dans la III ème partie de ce blog rédigée en anglais.

Lien vers l'article suivant sur les Musées de l'histoire de l'esclavage à Nantes et Liverpool

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