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Espace pédagogique d'établissement

Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

La traversée de Ziméo

Par Laura GILLET, publié le vendredi 29 avril 2016 15:53 - Mis à jour le vendredi 29 avril 2016 23:38

 

La traversée de Ziméo

            

    Ziméo est un conte philosophique écrit par Saint- Lambert en 1769.

C'est un conte dans lequel il y a plusieurs narrateurs et c'est un récit enchâssé. Le premier narrateur est un Anglais, Georges Filmer qui va en Jamaïque où il rend visite à son ami Paul Wilmouth qui possède une plantation et qui a des esclaves, il nous donne ses impressions sur les conditions de vie des esclaves qui varient selon le degré d'humanité des maîtres. Trois mois après son arrivée, l'île est mise à feu et à sang par une troupe d'esclaves révoltés (appelés esclaves marrons) dont Ziméo alias John est le chef. Lorsqu'il arrive dans la plantation de Paul Wilmouth, il raconte son histoire et la manière dont il a été enlevé au Bénin par des marins portugais.

                                       

    Le cours extrait ci-dessous raconte la terrible traversée de Ziméo : « extrait page 81, de l'édition Flammarion et de la collection étonnants-classiques. »

«Bientôt nos tyrans réservèrent pour eux le peu qui restait de vivres, et ordonnèrent qu'une partie des noirs serait la pâture de l'autre.

Je ne puis vous dire si cette loi si digne des hommes de votre race, me fit plus d'horreur que la manière dont elle fut reçue. Je lisais sur tous les visages une joie avide, une terreur sombre, une espérance barbare ; je les voyais, ces malheureux compagnons d'un même esclavage, s'observer avec une attention vorace et des yeux de tigres.

 

Les premières victimes furent choisies dans le nombre de ceux que la faim avait le plus accablés : c'était deux jeunes filles du village d'Onébo. J'entends encore les cris de ces infortunées ; je vois encore les larmes couler sur les visages de leurs compagnes affamées qui les dévoraient.

Les faibles provisions que j'avais dérobées aux regards de nos tyrans, avaient soutenu les forces d'Ellaroé et les miennes, nous étions sûrs de n'être point choisis pour être immolés ; j'avais encore des dattes, et nous jetions à la mer sans qu'on s'en aperçût, les portions horribles qu'on nous présentait.»

  

   Dans cet extrait, St Lambert fait appel à la sensibilité du lecteur. Il suscite l'indignation et l'horreur puisqu'il parle de cannibalisme. L'homme blanc est présenté comme un «tyran» qui réduit les esclaves à se dévorer entre eux en les privant de nourriture. Les esclaves sont considérés comme des animaux («une partie des noirs serait la pâture de l'autre») et perdent leur humanité parce qu'on les traite avec inhumanité: ils fixent leurs compagnons d'esclavage avec «une attention vorace et des yeux de tigres». Ce sont deux jeunes filles affaiblies par le manque de nourriture qui se font dévorer par leurs compagnes qui se sentent elles-même coupables de ce qu'elles font: «je vois encore les larmes couler sur les visages de leurs compagnes». L'auteur utilise ces deux jeunes filles pour faire culpabiliser le lecteur et éveiller sa pitié: les esclaves «cannibales» sont des victimes.

 

Ce roman a été choisi pour sensibiliser le lecteur sur l'horrible histoire de l'esclavage.

 

 

 

 

 

 

Emma Jemet, Mathilde Jackowski, Corentin Gillot, Benjamin Grapth, Laura Gillet.