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Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

Les armateurs négriers des ports de Nantes et Liverpool

Par LOIC COCHENNEC, publié le vendredi 29 avril 2016 15:41 - Mis à jour le dimanche 1 mai 2016 16:37

Nantes et Liverpool étaient respectivement les premiers ports négriers de France et du Royaume Uni au 18 ème siècle. A Nantes, plus de 400 000 esclaves ont été déportés soit près de la moitié des esclaves déportés par les français. La ville de Liverpool quant à elle, compte au total 4 894 expéditions de traite.

 

Les ports de Nantes et Liverpool, un lieu de travail et d'habitat :

Les armateurs négriers  français comme  anglais étaient souvent très riches mais le succès d'une campagne de traite était aléatoire en raison des nombreux risques ( épidémies, révoltes, naufrages, pirates,...) . Chaque armateur vivait dans un hôtel particulier souvent près du port pour pouvoir associer vie quotidienne et travail. Suivant leurs richesses, ils étaient soit propriétaires de l'hôtel, soit locataires d'un étage ;  les plus grands armateurs construisaient de grands hôtels particuliers pour renforcer leur réputation, mais ils n'utilisaient souvent  que deux étages.

@ "De Nantes aux Antilles , sur la route des esclaves" de l'association " Les anneaux de la Mémoire"

Le rez-de-chaussée était destiné aux entrepôts et bureaux de négociant.

Le premier étage, était le lieu de vie de l'armateur : il y logeait avec sa famille. Le premier étage était toujours le plus beau : il était orné du plus grand et beau balcon de fer forgé et de belles façades en tuffeau.

Les étages suivants étaient loués par d'autres armateurs ou négociants. Les combles étant moins confortables et petites, elles étaient réservées aux bonnes.

Les anglais n'étaient pas  différents des armateurs français. Ils possédaient eux aussi des hôtels particuliers. Les négriers français comme les anglais pouvaient investir dans des plantations de sucre pour avoir un prix d'achat très bas pour leur entreprise. C'est le cas d'un armateur anglais, Sir John Gladstone qui avait une entreprise de céréales avec son frère. Ils possédaient des plantations de sucre en Jamaïque, ils traitaient avec les Etats Unis pour le maïs et avec le Brésil pour le coton. Tous cela a permis à leur entreprise de croitre rapidement. La traite anglaise fut abolie en 1807 , en 1815 pour les autres pays d'Europe mais les armateurs nantais poursuivirent clandestinement  la traite jusqu'en 1830.

@Musée histoire de Nantes

 Une horloge en or représentant un esclave noir qui verse un sac de sucre dans un tonneau. Le palmier représente les îles Antillaises tel que Saint Domingue.

Une famille angevine : les Pays de Lathan :

 

Les Pays de Lathan est une famille angevine, du Baugeois ayant investi dans la culture de plantation à Saint Domingue. La fortune de la famille leur permis d'être anobli mais  leurs plantations leur furent dépossédées à cause des tourments révolutionnaires des années 1780 -1790 et  des révoltes d' esclaves.

La famille possédait 7 plantations dont une aux Varreux dans l'actuelle Haïti qui avait les meilleurs sols. La plantation s'organisait autour de la case principale qui était le bâtiment le plus grand et qui se divisait en une salle , deux chambres à coucher, un office, quatre cabinets et un salon à manger. Il y avait 25 cases pour les esclaves, chacune était divisée en trois. La famille Pays de Lathan avait investi dans des plantations antillaises mais aussi en Anjou, ce qui faisait de leur double cadre de vie, un atout.

 

Le nombre d'esclaves dans la plantation de Varreux :

 

 

"Nègres"

( entre 20 et 30 ans )

"Négrillons"/ "Négrillettes"

( moins de 10 ans )

"Nègres"

( entre 10 et 20 ans )

 

Hommes

 

48

 

19

 

22

 

Femmes

 

47

 

18

 

21

Une vie consacrée au travail et comportant des risques financiers importants

Les armateurs négriers consacraient souvent tout leur temps à leurs commerces donc certains armateurs, comme William Davenport, mouraient seuls sans femme ni enfants. Leurs buts étaient de travailler dur pour accumuler et transmettre assez de richesses pouvant permettre à leurs enfants de conserver un haut rang social. Grâce à la traite, les armateurs et négociants gagnaient beaucoup et pouvaient redorer leur réputation. Cependant, les risques (révoltes, naufrages, piraterie,épidémies...) aussi étaient grands. 

Ils consacraient tout leur temps à leurs commerces. Leurs soirées, ils les passaient souvent en compagnie de d'autres armateurs ou négociants. Leurs loisirs et divertissements n 'étaient pas de danser au bal ou de jouer ou bien de faire de grand festins . Leurs principaux délassements étaient de se rendre au port pour regarder les navires en construction.

@Musée Histoire de Nantes

Porte cigare en ébène représentant un esclave noir tendant un socle pour poser les cigares. Le bois d'ébène étant noir, on appela le trafic clandestin des esclaves après 1815 "le trafic du  bois d' ébène".

 

La traite des esclaves, une source de richesses :

@Musée histoire de Nantes

Ce tableau est un portrait de Pierre Grégoire de Roulhac qui était un seigneur du Limousin. Il fut peint en 1757.

 

Pierre Grégoire de Roulhac était un armateur français qui a fait fortune grâce à la traite négrière. On peut remarquer sur son portrait qu'il porte une perruque, une chemise en coton ,cultivé des plantations américaines ,et une veste en soie fabriquée en Chine. Tout cela témoigne de son statut social aisé. On peut voir devant lui une table en bois laqué. Sur celui ci sont disposés une chocolatiere ( un "égoïste" ), une tasse en porcelaine provenant de Chine et  contenant du chocolat chaud et un sucrier. Le chocolat et le sucre sont des produits issus des plantations tropicales qui coutaient très  chers  et que seuls les personnes riches peuvent s'offrir.

De plus, on remarque que Pierre Grégoire de Roulhac donne un morceau de sucre à un de ses chiens, ce qui montre que pour lui le sucre est un produit qui n'a pas beaucoup de valeur et qu'il peut s'en procurer quand il veut.

L'homme se trouve sûrement dans un appartement d'armateur.

Exemple d'intérieur d'un hôtel particulier richement décoré avec du mobilier du XVIII siècle .

@ "De Nantes aux Antilles , sur la route des esclaves" de l'association " Les anneaux de la Mémoire"

Pour conclure, l'esclavage a permis de développer les villes portuaires sur le plan  économique mais de manière inhumaine. Avec la traite puis l'esclavage dans les plantations où  les esclavagistes faisaient travailler des noirs, une main d'oeuvre pas chère pour eux.

Lien vers les armateurs opposés à la traite à Nantes et Liverpool

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