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Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

Mémoire de la traite , de l'esclavage et de son abolition à Nantes et Liverpool

Par LOIC COCHENNEC, publié le vendredi 29 avril 2016 15:46 - Mis à jour le vendredi 29 avril 2016 23:21

Deux villes, deux histoires communes, des mémoires différentes :

 

Liverpool fut le  port Européen entre le XVIIe et XVIIIe qui compta le plus d’expéditions suivi en France de Nantes qui fut le premier port négrier français au XVIIIe siècle.

D'autres ports  Européens se sont livrés à cette traite tels que Bristol, La Rochelle, Bordeaux, Amsterdam, Lisbonne ou Londres.

Aboli dans les colonies Anglaises en 1833, françaises en 1848, l'esclavage depuis la fin du XXeme siecle est l'objet d'un travail important  d'histoire et de mémoire. Mais comment ces deux grandes villes du commerce triangulaire rendent-elles hommage à cette sombre période ?

 

 

 

Liverpool, port de commerce vers l'Amérique :

La ville joua un rôle important dans l'essor de l'empire Britannique et devint le principal lieu de passages des mouvements migratoires vers l'Amérique, notamment des esclaves au XVIII  et des émigrants en particulier au XIX siècle.

Liverpool est  devenu un port commercial majeur au XVIIIeme siècle alors que Nantes fut le premier port négrier français au XVIIIème siècle.

 

L'histoire de Nantes :

@Musée histoire de Nantes

1807 abolition de la traite par l' Angleterre ; en 1815 est abolie  la traite par les autres pays d' Europe.

De 1815 à 1830, Nantes continue clandestinement la traite des esclaves car une grande partie de son économie est basée dessus. Nantes « ferme les yeux » et continue clandestinement ses activités autour du commerce triangulaire ; armateurs, banquiers, commerçants, tous y trouvent leur compte. En 1848, grâce au combat mené en grande partie par Victor Schoelcher, est votée l'abolition définitive de l'esclavage dans les colonies françaises.

 

Il faut attendre les années 1990 pour que les nantais entament une démarche pour regarder leur passé en face.

Nantes et Liverpool rendent hommage à leur histoire :

En 1992 une association a été créée : « les anneaux de la mémoire » à Nantes. Elle a pour objectif de mieux faire connaître l'histoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs conséquences.

Reconstitution d'un entrepont d'un navire négrier

Exposition " Les anneaux de la mémoire". Nantes. 1992

Le National Museum Liverpool inaugurera lui, le musée national de l'esclavage tandis que Nantes ne consacrait  qu'une exposition temporaire en 1992 ,« les anneaux de la mémoire », qui eut cependant un grand succès avec 400 000 visiteurs.

Le musée de Liverpool est le premier dédié à la traite transatlantique ; il est inauguré le 23 aout 2007 dans le cadre des festivités organisées pour le bicentenaire de l'abolition de la traite par le RU. Liverpool montre son engagement et son désir d'assumer une partie des plus sombres de son histoire. C'est un musée très connu dans le monde entier crée pour répondre aux questions sur l’esclavage des Africains et ses conséquences. Il fait partie de l'enceinte du musée maritime de Merseyside sur Albert Dock ; il est d'ores et déjà classé site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Les galeries du musée sont consacrées à l'histoire et aux conséquences du commerce des esclaves. Le musée s'intéresse également à des questions majeures telles que la liberté, l'identité, les droits de l'homme et les discriminations raciales.

Il a été construit à quelques mètres des quais, là d'où partaient les bateaux négriers.

Anneaux de Buren

En 2007, Nantes réagit enfin. Daniel Buren et Patrick Bouchaine ont créé les anneaux de Buren. Ils se situent sur l'île de Nantes, au quai des Antilles. Ces 18 anneaux d'acier sont situés à égale distance des uns les autres et s'éclairent la nuit grâce à des leds rouges, verts et bleus. Ces anneaux ont été créés pour rappeler l 'esclavage ; en effet, ils font référence aux anneaux qui enserraient et emprisonnaient les esclaves.

Les nantais ont également inauguré le Mémorial de l'esclavage le 25 mars 2012 , pour se rappeler de la traite négrière, de l'esclavage et du combat pour son abolition.

Ce mémorial est situé entre le pont Anne de Bretagne et la passerelle Victor Shoelcher. Il a été conçu par Wodiczko et Bonder. Construit au plus près de l'eau, d'où partait les navires.Tout le long de la promenade du mémorial on peut voir 2000 plaques de verres, 1710 représentent le noms des navires et les dates des expéditions. Les 290 autres plaques symbolisent les ports d'esclaves et les ports de ventes.

 

 

Nantes a attendu 1992 et surtout 2012 pour manifester son désir d'assumer son histoire douloureuse. Nantes a crée un Mémorial pour que les gens puissent venir se recueillir et non rester muet sur le sujet. Un mémorial n'est pas un musée où il y a des expositions mais bien un endroit pour se recueillir, se rappeler. Des textes fondamentaux y sont exposés comme celui de Martin Luther King, Nelson Mandela, Olympe de Gouges et un ancien esclave "Toussain Louverture"

Ce mémorial est conçu de manière à renvoyer les visiteurs dans les "conditions" de traite: une galerie étroite au niveau de la mer, un ponton en bois rappelant la coque des bateaux négriers et comme dit ci dessus de longues plaques de verre partant du sous-sol jusqu'au ciel représentant les cris des esclaves qui s'échappent de la cale. Sur celles-ci gravées des textes rendant hommage aux vies perdus durant cette période et au combat pour abolir l'esclavage puis lutter contre le racisme dans le monde

 

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