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Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

"Sang négrier", une nouvelle de L. Gaude (2009)

Par LOIC COCHENNEC, publié le vendredi 29 avril 2016 15:58 - Mis à jour le dimanche 1 mai 2016 17:54

Laurent GAUDE, SANG NEGRIER   (in Voyages en terres inconnues, 2009)

 

Sang négrier est une nouvelle fantastique dénonçant l'esclavage à travers le récit du capitaine d'un bateau négrier qui tombe peu à peu dans la folie. Cet homme est confronté à la fuite de cinq esclaves à l'entrée du port de Saint-Malo, une chasse à l'homme est organisée par l'équipage et les habitants de la ville. Deux des cinq esclaves ont été tués, le narrateur est responsable de la mort du troisième.

Laurent GAUDE, qui est un écrivain du 20eme siècle, a choisi de traiter ce thème pour montrer à ses lecteurs que, malgré les nombreuses années qui nous séparent de cette période de la traite négrière, ce sombre épisode est toujours ancré dans notre mémoire collective.

 

Extrait pages 25 -26, ligne 40 à 58 :

"Le troisième, je le ramenai vivant moi-même. Je le trouvai dans la cave d'un tonnelier, terrorisé et tremblant de faim, je le traînai par les cheveux jusqu'à la place de la cathédrale, je le montrai à la foule et je le forçai à s'agenouiller et je lui tranchai la gorge. Nous avons aimé ce spectacle. Chacun de nous a ressenti au plus profond de lui que c'était ce qu'il fallait faire cette nuit: tenir la bête à ses pieds et l'immoler. Aujourd'hui que j'y repense, je mesure combien nous étions loin de nous-mêmes. J'aurais dû tout faire pour garder ce nègre vivant j'avais fait le plus difficile je n'avais plus qu'à le ramener au navire et à le plonger à fond de cale avec ses congénères. J'en aurais tiré un bon prix. Mais non. Cette nuit-là, il fallait du sang. A moins qu'au fond, ce ne soit le contraire. A moins, oui, que nous n'ayons jamais été aussi proches de nous-mêmes que cette nuit-là, acceptant pour un temps les grondements de notre être comme seul souverain.

La décapitation du nègre souleva une vague de folie. Tout le monde savait qu'il n'en restait plus qu'un et chacun voulait être celui qui l'attraperait".

 

Analyse :

Ce passage du roman démontre parfaitement la violence envers les esclaves. La soif de tuerie cette nuit là les a tous transformés en monstres: «je le traînai par les cheveux jusqu'à la place de la cathédrale, je le montrai à la foule et je lui tranchai la gorge» Ces actes démontrent que les esclaves n'étaient pas mieux traités que des animaux… Tués comme des bêtes dans un abattoir. Ces pauvres hommes n'étaient que pour les négriers des sacs de pièces avec lesquels ils pourraient vivre longtemps dans les luxe. « J'en aurais tiré un bon prix »,confie le narrateur. Leur envie de tuer leur a fait perdre la raison et le sens commun : «  Mais non. Cette nuit là, il fallait du sang » «  A moins, oui, que nous n'ayons jamais été aussi proches de nous mêmes que cette nuit là » Le narrateur nous fait clairement comprendre que les valeurs humaines qui incitaient les hommes à avoir une bonne conduite ont totalement été mises à l'écart ! Ce n'est maintenant plus que le côté animal de l'homme qui se dégage de ces marins qui laissent leurs instincts de prédateurs prendre le dessus.

Deslandes Anouck Goupil Emma

Risch Clémentine Laigneau Roxane

Guimon Florian

 

 

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