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Espace pédagogique d'établissement

Travaux interdisciplinaires sur "la traite, l'esclavage et leurs abolitions" (2016)

Voltaire," le Nègre de Surinam"

Par Théo MARCHAIS, publié le dimanche 1 mai 2016 17:57 - Mis à jour le dimanche 1 mai 2016 18:01

 

 

VOLTAIRE, Candide 1759, extrait du chapitre 19 : la rencontre avec le nègre de Surinam

 "En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite. « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ? -- J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. -- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ? -- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible".

 

                Candide est une œuvre éponyme (le personnage principal donne son nom à l'œuvre) écrite par le philosophe des lumières Voltaire. Cette œuvre à pour but de dénoncer certains agissements par le biais d'un personnage neutre, naïf, étranger à la France et surtout optimiste.

            Dans le passage du nègre de Surinam, Candide tombe nez à nez avec un esclave amputé de la jambe gauche  et de la main droite, presque totalement dévêtu. Au cours de sa conversation avec "le nègre", Candide découvre qu'il est face à un esclave auquel on a coupé la jambe en guise de punition et dont on a amputé la main suite à un accident, là Voltaire cherche à apitoyer le lecteur.

C 'est lorsque "le nègre" dit "c'est a ce prix la que vous avez du sucre en Europe" que Voltaire en vient réellement à exprimer son opinion sur la question de l'esclavage: il y est fortement opposé. Beaucoup d'autres termes servent à apitoyer le lecteur comme "c'est l'usage" ou "j'attends mon maitre" (lui-même se nommant Vanderdendur ce qui peut être interprété comme vendeur à la dent dure.

-"ma mère me vendit dix écus" :

-"tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs"

-"Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous"

            A travers ces phrases, Voltaire montre, avec ironie, par des comparaisons ou même par des phrases choc que l'esclavage est un fléau qu'il faut arrêter.

            Voltaire termine son texte par une allusion à la religion: il tente de montrer l'hypocrisie de celle-ci et de montrer l'incohérence et l'inhumanité des propos des négriers